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Pour compenser les revenus perdus à la suite de la crise de la vache folle - La hausse du prix du lait de transformation ne suffit pas aux producteurs

16 décembre 2003  Actualités économiques
La décision de la Commission canadienne du lait (CCL) de hausser d'environ 3,5 % le prix de soutien du beurre et du lait en poudre a déçu les producteurs agricoles, dont les revenus ont été considérablement affectés par la découverte d'une vache atteinte d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) au printemps en Alberta.

La CCL n'a aucun pouvoir réel sur le prix du lait à la ferme, mais ses indications servent généralement de référence au moment de la négociation de conventions de mise en marché entre les producteurs et les transformateurs, dans les provinces.

Cette fois-ci, l'organisme fédéral estime que la hausse annoncée devrait se traduire pour les producteurs par une augmentation d'environ 2,20 $ du prix d'un hectolitre (100 litres) de lait. Le prix moyen passerait donc de quelque 62 $ l'hectolitre à 64,20 $. Cela est nettement insuffisant pour le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, Jean Grégoire, qui s'est dit «consterné».

«Dans le contexte actuel, on ne peut pas être bien contents. Ce sont des miettes. Avec les problèmes que les producteurs ont cette année, on se serait attendu à un peu plus que ça», a-t-il dit hier.

M. Grégoire, qui est aussi président des Producteurs laitiers du Canada, reproche à la CCL de ne pas avoir pris les grands moyens pour venir en aide à l'industrie à un moment crucial. «Les producteurs ont des coûts externes indépendants de leur volonté et la CCL leur offre exactement le même pourcentage d'augmentation qu'aux transformateurs. Les producteurs méritent plus de considération, surtout que le marché du détail est robuste», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Selon M. Grégoire, les transformateurs et les distributeurs auraient sans doute pu absorber une hausse supérieure à celle annoncée par la CCL. Il rappelle notamment qu'au cours des deux dernières années, le prix du lait à l'épicerie a augmenté deux fois plus rapidement que le prix à la ferme.

Augmentation exagérée

Mais pour les restaurateurs, l'augmentation est exagérée et risque de coûter très cher aux consommateurs. Selon la Canadian Restaurant and Foodservices Association, qui regroupe 17 000 établissements, la hausse de 3,5 % coûtera quelque 79 millions de plus par an aux acheteurs en gros ou au détail. Outré, l'organisme a l'intention de demander au ministre fédéral de l'Agriculture de se pencher sur la question. «La décision d'aujourd'hui [hier] n'est ni raisonnable ni crédible et les consommateurs canadiens méritent mieux», a déclaré la vice-présidente Stephanie Jones.

À la CCL, la porte-parole Chantal Paul a expliqué que les commissaires prenaient plusieurs facteurs en considération au moment de fixer les prix de soutien. «Ils écoutent ce qui leur est dit, ils font une étude sur les coûts de production et tiennent compte de certains indicateurs économiques», a-t-elle souligné.

La hausse de cette année a pour objectif principal de permettre à un plus grand nombre de producteurs laitiers de couvrir leurs coûts de production et de se payer un salaire.

En janvier 2002, la CCL s'est en effet engagée à porter la proportion de fermes dans cette situation à 50 % d'ici 2006, alors qu'elle est inférieure à 40 % actuellement. «Les commissaires ne trouvaient pas cela raisonnable de faire le rattrapage tout d'un coup», a dit Mme Paul. Sauf que si l'on en croit Jean Grégoire, «à ce rythme, on peut avoir de sérieux doutes quant à l'atteinte de l'objectif dans deux ans».
 
 
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