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    Rapport de l’IGOPP

    L’action des actionnaires activistes est déstabilisante

    Le président exécutif du conseil d'administration de l'IGOPP, Yvan Allaire
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le président exécutif du conseil d'administration de l'IGOPP, Yvan Allaire

    Les attaques des actionnaires activistes se sont plutôt multipliées au fil des ans. Yvan Allaire déplore leur effet déstabilisant de courte vue et invite notamment les grands investisseurs institutionnels à jouer d’influence pour endiguer ces assauts spéculatifs.

     

    Dans un document d’une quinzaine de pages rédigé à la fin de décembre, le président exécutif du conseil de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP) revient sur les pour et les contre de la contribution de ces fonds alternatifs campant dans un rôle d’actionnaire activiste. Leurs attaques menées contre les entreprises inscrites en Bourse se sont multipliées au fil des ans. De 27 en 2000, leur nombre atteignait 320 en 2014. Puisant généralement leur source de capitaux à même les avoirs confiés par des gestionnaires institutionnels, les fonds alternatifs spécialisés dans ce type d’interventions opportunistes cumulent un actif sous gestion de quelque 200 milliards $US. « C’est une industrie à forte croissance », résume Yvan Allaire, qui s’exprime à titre personnel.

     

    En appui à ces attaques, il est évoqué que les fonds de couverture ou fonds vautours s’adonnant à de telles activités imposent aux conseils d’administration visés une discipline dans l’utilisation des capitaux et une approche valorisant l’avoir des actionnaires. Ils apportent un regard stratégique extérieur. Ils opposent une démarche démocratique à un conseil d’administration très souvent autocratique. Et ils contribuent au bien-être de l’ensemble des actionnaires de l’entreprise tout en contribuant à éliminer les imperfections de marché.

     

    Dans la liste des contre, entre leurs mains, les entreprises deviennent de simples denrées ou des éléments d’actif sans âme ni vie, sans égard aux autres parties prenantes. Ils n’ont pour seul objectif que l’enrichissement des actionnaires, imposant un diktat de court terme aux entreprises. Ce sont des investisseurs de passage, détenant leurs actions pour une période inférieure à 15 mois selon la moyenne, inférieure à neuf mois dans près de la moitié des 1164 cas étudiés.

     

    En imposant aux entreprises ciblées des politiques de très court terme, l’effet net de leurs attaques devient toxique pour la santé économique d’un pays. Et leur activité peut consister à voler Pierre pour donner à Paul, se résumant en un transfert de richesse vers les actionnaires au détriment des employés et des créanciers de l’entreprise, souligne Yvan Allaire, qui parle de dommages collatéraux.

     

    Dans la foulée, le président du conseil de l’IGOPP invite les gestionnaires institutionnels à jouer de leur influence pour imposer une culture de long terme. De grands acteurs tels BlackRock, Vanguard, l’Office d’investissement du Régime de pension du Canada et la Caisse de dépôt et placement du Québec ont déjà posé un geste en ce sens qu’il souhaite voir se généraliser. Il soutient également que des souscripteurs de titres de dette d’entreprise pourraient également exiger des clauses de protection impliquant le remboursement ou le versement d’une pénalité si un actionnaire activiste parvient à obtenir un siège au C.A.

     

    Aussi, l’IGOPP revient sur l’importance d’encourager l’émergence d’une vision à plus long terme en restreignant le droit de vote. Il est ainsi proposé qu’une période minimale de détention d’une année soit imposée aux actionnaires avant qu’ils puissent exercer leur droit de vote. En guise d’illustration, il fait référence à ce touriste en visite dans un pays un jour d’élection qui n’obtient pas le droit de vote du seul fait qu’il est présent dans le pays ce jour-là.

     

    Tout en insistant sur le fait qu’« une entreprise n’est pas qu’un actif monnayable mais bien une organisation sociale ayant une finalité économique »,Yvan Allaire retient que les conseils d’administration ont, certes, une obligation de fiduciaire envers les actionnaires « mais qu’ils ont également une responsabilité morale envers les autres parties prenantes ». Et que pour une entreprise à actionnariat diffus, cette obligation de fiduciaire peut devenir une façade dont bénéficient les actionnaires et dont profitent les fonds activistes.













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