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    Sondage

    Les Canadiens s’indignent devant l’inégalité

    Et pourtant, le partage de la richesse est encore plus déséquilibré qu’ils l’imaginent

    Dans un monde idéal, les Canadiens souhaiteraient que le groupe le plus riche ne possède que 30 % de la richesse du pays et que le plus pauvre en conserve un peu plus de 10 %.
    Photo: Michaël Monnier Le Devoir Dans un monde idéal, les Canadiens souhaiteraient que le groupe le plus riche ne possède que 30 % de la richesse du pays et que le plus pauvre en conserve un peu plus de 10 %.

    Les Canadiens sous-estiment largement la concentration de la richesse entre les mains des plus fortunés, révèle un nouveau sondage commandé par l’Institut Broadbent. À gauche comme à droite, la population canadienne reconnaît malgré tout l’écart entre les riches et les pauvres et somme le gouvernement d’agir.

     

    Le coup de sonde, dont les résultats ont été dévoilés mardi matin, permet de confronter les perceptions à la réalité. Quatre Canadiens sur cinq croient que l’écart entre les revenus des plus fortunés et le reste de la population s’est accentué au cours de la dernière décennie et une proportion encore plus élevée (86 %) considère qu’il s’agit d’un « problème ».

     

    Le sondage réalisé auprès de 3000 Canadiens représentatifs de la population indique en revanche que les répondants évaluent mal la répartition de la richesse au pays. Ceux-ci croient que le cinquième de la population le plus riche détient plus de la moitié de la richesse (55,5 %) et que le cinquième le plus pauvre n’en possède que 6 %.

     

    Dans les faits, les plus fortunés détiennent plus des deux tiers de la richesse (67,4 %) et les plus pauvres « ne possèdent rien du tout », indiquent les documents rendus publics par le groupe de réflexion de gauche.

     

    Dans un monde idéal, les Canadiens souhaiteraient que le groupe le plus riche ne possède que 30 % de la richesse du pays et que le plus pauvre en conserve 11,5 %.

     

    Fait à noter, le Québec est la province où les répondants ont le plus sous-estimé la part de la richesse détenue par les plus fortunés (52,3 %) et surestimé celle des plus pauvres (6,3 %). Lorsqu’on demande aux Québécois d’imaginer leur répartition idéale, ils sont toutefois moins généreux que la moyenne canadienne à l’endroit des plus pauvres, ne leur réservant que 10,8 % de la tarte entière.

     

    Loin de l’idéal

     

    « L’inégalité de richesse au Canada est beaucoup plus importante que les perceptions qu’en ont les Canadiens, et la situation réelle est fort éloignée de ce qu’ils considèrent comme la situation idéale, résume le directeur générade l’Institut Broadbent, Rick Smith. Cela est vrai quelles que soient leurs allégeances politiques, et vaut aussi pour ceux qui ont voté pour le Parti conservateur. »

     

    À la différence de certains sondages évaluant exclusivement l’inégalité des revenus, l’Institut Broadbent s’est aussi intéressé à la « richesse » des Canadiens, c’est-à-dire la valeur nette. Celle-ci désigne le montant à la disposition d’un individu après la vente de tous ses avoirs et le remboursement de la totalité de ses dettes. C’est ce qui explique que, dans les faits, les 20 % les plus pauvres ne possèdent « rien ».

     

    Les données sur la richesse réelle des Canadiens proviennent de l’Enquête sur la sécurité financière de Statistique Canada. En y regardant de plus près, on constate que la valeur nette médiane du quintile le plus riche a augmenté de 81 % entre 1999 et 2012, comparativement à une diminution de 15 % pour le quintile le plus pauvre.

     

    Faire payer les riches

     

    Dans le sondage mené en ligne par Greenberg Quinlan Rosner Canada lors du mois de septembre, l’Institut Broadbent a également voulu connaître les mesures privilégiées par les Canadiens pour réduire l’écart entre les riches et le reste de la population. Près de 85 % des répondants appuient modérément ou fortement le fait de relier les primes des cadres d’entreprise au rendement de leur compagnie et 80 % des personnes sondées seraient pour une augmentation de l’impôt fédéral sur le revenu des plus riches. Parmi les choix proposés, l’imposition des gains en capital et des options d’achat d’actions au même taux que les salaires est accueillie plus froidement.

     

    Chose certaine, la majorité de la population (73 %) estime que le gouvernement fédéral peut agir pour réduire l’écart de richesse entre les riches et les pauvres.

     

    Les dirigeants de l’Institut Broadbent espèrent que la question des inégalités retiendra l’attention de tous les partis politiques lors des élections fédérales de 2015. « Les résultats du sondage montrent qu’il n’y a qu’un risque limité à discuter de ce problème et à mettre en avant des solutions progressistes », soulignent-ils dans le document présentant les résultats du sondage.

     

    Dans une analyse publiée le mois dernier, la Banque TD a également invité le gouvernement à agir sans tarder pour contrer la montée des inégalités. Les auteurs de la note économique ont notamment souligné que « la fiscalité canadienne n’est pas aussi progressive que ce que plusieurs croient ». Le Canada se classe neuvième parmi les pays de l’OCDE en ce qui concerne l’inégalité des revenus, mais chute en 19e position lorsqu’on inclut les impôts et les transferts gouvernementaux.













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