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    Le Québec produit de l’énergie en pure perte

    Non seulement les véhicules sont trop gros et trop polluants, mais la chaleur qu’ils dégagent n’est pas récupérée

    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

    Si le Québec souhaite améliorer son bilan énergétique, il doit d’abord et avant tout s’attaquer aux transports. Ce secteur est à la fois le plus polluant, mais aussi le plus « inefficace » de l’ensemble du système énergétique québécois.

     

    « Le secteur des transports, toutes catégories confondues, est beaucoup plus inefficace que le secteur industriel et mériterait donc qu’on lui consacre des efforts prioritaires, comme l’adoption de normes plus strictes sur la consommation de carburant des véhicules », souligne le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, et sa collègue Johanne Whitmore dans l’État de l’énergie au Québec 2015.

     

    Ce document dévoilé jeudi rassemble les plus récentes données concernant le secteur de l’énergie au Québec, de la production jusqu’à la consommation, et permet d’en évaluer l’efficacité.

     

    On y souligne qu’en 2012, le secteur des transports était responsable de 43 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la province et que 78 % de la consommation totale de pétrole au Québec lui était attribuable. En comparaison, le secteur industriel produit 18 % des GES.

     

    Énergie perdue

     

    Le document indique que près de 40 % des pertes énergétiques comptabilisées au Québec sont attribuables au transport de passagers et de marchandises, notamment en raison de la perte de chaleur lors de la combustion de carburant. Au total, « plus de 50 % de l’énergie totale au Québec est gaspillée et n’a aucune valeur ajoutée », ajoute-t-on.

     

    « Cette énergie perdue, c’est toute l’énergie qui n’est pas utilisée pour offrir le service énergétique souhaité par le consommateur », résume M. Pineau. À son avis, il serait économiquement avantageux pour le Québec d’améliorer l’efficacité de son système énergétique en misant sur les surplus.

     

    « On pourrait électrifier certains éléments de notre réseau de transport pour augmenter l’efficacité, mais également rationaliser le secteur du transport, poursuit-il. Il y a une grande partie de l’énergie qui est perdue parce qu’on utilise des véhicules qui sont trop gros, surcalibrés pour nos besoins. »

     

    Les données présentées dans le bilan énergétique montrent qu’entre 1990 et 2011, le nombre de camions légers, incluant les véhicules utilitaires sport, a augmenté de 166 %.

     

    En comparaison, le secteur industriel fait bonne figure. En vingt ans, son efficacité énergétique s’est améliorée de 30 % et sa consommation totale d’énergie n’a augmenté que de 1 %. Le secteur est néanmoins responsable du cinquième de toutes les pertes énergétiques au Québec. Des améliorations sont donc souhaitables, précisent les auteurs du rapport.

     

    Une étude de l’Acadia Center commandée par Ressources naturelles Canada concluait le mois dernier qu’une intervention musclée en matière d’efficacité énergétique aurait des retombées économiques importantes à l’échelle du pays. D’ici 2040, chaque dollar investi dans un nouveau programme pourrait rapporter annuellement cinq fois plus au PIB national, révélait la projection la plus optimiste.

     

    Portrait global

     

    L’État de l’énergie au Québec 2015 regroupe des données déjà publiées par différentes sources officielles, mais souvent méconnues du grand public. On y apprend par exemple que les besoins énergétiques du Québec sont comblés à 42 % par des sources d’énergie renouvelable (hydroélectricité, éolien et biomasse) et à 55 % par des hydrocarbures, principalement le pétrole.

     

    En 2013, près de la moitié du pétrole brut importé par le Québec provenait de l’Afrique, tandis que les approvisionnements du reste du Canada ne représentaient que 5 % du total.













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