Un bas de laine à repriser?
Deux lectures des rendements de la Caisse de dépôt et placements du Québec, deux conslusions diamétralement opposées. Il y a celle de l'agence américaine Standard & Poor's, qui a accompagné son analyse de l'émission de la cote de solvabilité la plus élevée. Il y a celle de la porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, qui a complété son analyse par un appel au reprisage de notre bas de laine.
Monique Jérôme-Forget fait circuler un document coiffé du titre «Faut-il repriser notre bas de laine?». De toute évidence non satisfaite des réponses reçues des dirigeants de la Caisse de dépôt lors de leur passage en Commission parlementaire en avril dernier, la députée de Marguerite-Bourgeoys poursuit sa dénonciation des rendements de la Caisse, chétifs à ses yeux. Une conclusion fondée sur une base de comparaison pourtant discutable. Une conclusion qui ne fait qu'alimenter une confusion malsaine pouvant nuire aux efforts de la Caisse dans sa quête de contrats de gestion.
Le regard critique que pose Mme Jérôme-Forget sur la performance de la Caisse est sain. Il en va, d'aillleurs, de son rôle à l'opposition. Mais regard critique ne devrait pas être synonyme de regard déformé, ou déformant la réalité. Dans son document, la députée retient deux repères. Elle compare la performance de la Caisse à celle de l'ontarienne Teachers, et elle retient l'approche par quartile. Dans les deux cas, l'institution québécoise est perdante.
La Caisse affiche des rendements inférieurs à ceux de Teachers pour chacune des années de la période 1992-2001. Sur cet intervalle de dix ans, le rendement annualisé de la Caisse de dépôt se chiffre à 9,3 %, contre 11,6 % pour son homologue ontarienne. «Si la Caisse avait fait aussi bien que Teachers depuis les dix dernières années, c'est plus de 10 milliards de plus qu'on trouverait maintenant au fond du bas de laine des Québécois», a chiffré Mme Jérôme-Forget.
Dans l'échelle des quartiles, les rendements annualisés de la Caisse se situent systématiquement sous ceux du troisième quartile au cours de cette période. On compare, ici, l'institution québécoise à 24 caisses de retraite nord-américaines gérant un actif de plus d'un milliard de dollars.
Rien de bien éloquent, donc. Mais il y a un hic.
Le problème avec ce genre de comparaison réside dans le fait que l'on confronte des portefeuilles qui n'affichent pas la même composition, la même répartition, géographique et par classe d'actif. De plus, l'approche par quartile est rarement retenue, les gestionnaires de portefeuille étant essentiellement évalués en fonction d'un indice de référence représentatif de la classe d'actif. Et, au demeurant, comparés entre eux par classe d'actif.
Dans sa relation avec le déposant, la Caisse travaille à partir d'une répartition d'actif retenu par ce dernier. On lui demande, alors, de battre, de surperformer l'indice de référence. À ce chapitre, l'institution québécoise est reconnue pour sa capacité à faire mieux que l'étalon-mesure. En fait, l'an dernier, elle a été une des rares gestionnaires à faire mieux que le baromètre dans chacune des sept grandes classes d'actif où elle se concentre.
Lorsqu'on sait que les trois quarts des gestionnaires de portefeuille parviennent difficilement à faire mieux que leur «benchmark». Que cette difficulté à surpasser l'indice s'en trouve accrue dans les segments obligations et actions américaines, la Caisse n'est pas sans apporter une certaine valeur ajoutée. Du moins, et sans offrir le rendement le plus élevé dans tout, son intervention n'est sûrement pas aussi médiocre que ce qui transpire des tableaux de Mme Jérôme-Forget.
Curieusement il y a un mois, la Caisse de dépôt se voyait décerner la plus haute cote de crédit. Un triple A de l'agence américaine d'évaluation Standard & Poor's. Une note que seuls les gouvernements du Canada et de l'Alberta, et les entreprises Compagnie Pétrolière Impériale, Toyota Credit Financial et Standard Life ont pu obtenir au Canada.
Dans son rapport des plus élogieux, rédigé au terme d'une analyse minutieuse, l'analyste de l'agence de notation, Maria Rabiasz, mettait en exergue l'historique de la Caisse en matière de croissance de l'actif. Et l'analyste de souligner, à grand trait, que «la cote reflète la grande expérience d'une équipe de dirigeants respectés». Et «une structure organisationnelle efficace disposant d'une vision et pratiquant une approche prudente dans la gestion d'actif, par la préservation du capital sous gestion combinée à l'obtention d'un rendement optimal.» Même la Caisse n'a jamais parlé d'elle avec autant d'enthousiasme!
Il y a fort à parier que dans sa quête de mandats internationaux, le triple A de Standard & Poor's constituera, pour la Caisse, une carte de visite beaucoup plus reconnue que le document de Mme Jérôme-Forget.
Monique Jérôme-Forget fait circuler un document coiffé du titre «Faut-il repriser notre bas de laine?». De toute évidence non satisfaite des réponses reçues des dirigeants de la Caisse de dépôt lors de leur passage en Commission parlementaire en avril dernier, la députée de Marguerite-Bourgeoys poursuit sa dénonciation des rendements de la Caisse, chétifs à ses yeux. Une conclusion fondée sur une base de comparaison pourtant discutable. Une conclusion qui ne fait qu'alimenter une confusion malsaine pouvant nuire aux efforts de la Caisse dans sa quête de contrats de gestion.
Le regard critique que pose Mme Jérôme-Forget sur la performance de la Caisse est sain. Il en va, d'aillleurs, de son rôle à l'opposition. Mais regard critique ne devrait pas être synonyme de regard déformé, ou déformant la réalité. Dans son document, la députée retient deux repères. Elle compare la performance de la Caisse à celle de l'ontarienne Teachers, et elle retient l'approche par quartile. Dans les deux cas, l'institution québécoise est perdante.
La Caisse affiche des rendements inférieurs à ceux de Teachers pour chacune des années de la période 1992-2001. Sur cet intervalle de dix ans, le rendement annualisé de la Caisse de dépôt se chiffre à 9,3 %, contre 11,6 % pour son homologue ontarienne. «Si la Caisse avait fait aussi bien que Teachers depuis les dix dernières années, c'est plus de 10 milliards de plus qu'on trouverait maintenant au fond du bas de laine des Québécois», a chiffré Mme Jérôme-Forget.
Dans l'échelle des quartiles, les rendements annualisés de la Caisse se situent systématiquement sous ceux du troisième quartile au cours de cette période. On compare, ici, l'institution québécoise à 24 caisses de retraite nord-américaines gérant un actif de plus d'un milliard de dollars.
Rien de bien éloquent, donc. Mais il y a un hic.
Le problème avec ce genre de comparaison réside dans le fait que l'on confronte des portefeuilles qui n'affichent pas la même composition, la même répartition, géographique et par classe d'actif. De plus, l'approche par quartile est rarement retenue, les gestionnaires de portefeuille étant essentiellement évalués en fonction d'un indice de référence représentatif de la classe d'actif. Et, au demeurant, comparés entre eux par classe d'actif.
Dans sa relation avec le déposant, la Caisse travaille à partir d'une répartition d'actif retenu par ce dernier. On lui demande, alors, de battre, de surperformer l'indice de référence. À ce chapitre, l'institution québécoise est reconnue pour sa capacité à faire mieux que l'étalon-mesure. En fait, l'an dernier, elle a été une des rares gestionnaires à faire mieux que le baromètre dans chacune des sept grandes classes d'actif où elle se concentre.
Lorsqu'on sait que les trois quarts des gestionnaires de portefeuille parviennent difficilement à faire mieux que leur «benchmark». Que cette difficulté à surpasser l'indice s'en trouve accrue dans les segments obligations et actions américaines, la Caisse n'est pas sans apporter une certaine valeur ajoutée. Du moins, et sans offrir le rendement le plus élevé dans tout, son intervention n'est sûrement pas aussi médiocre que ce qui transpire des tableaux de Mme Jérôme-Forget.
Curieusement il y a un mois, la Caisse de dépôt se voyait décerner la plus haute cote de crédit. Un triple A de l'agence américaine d'évaluation Standard & Poor's. Une note que seuls les gouvernements du Canada et de l'Alberta, et les entreprises Compagnie Pétrolière Impériale, Toyota Credit Financial et Standard Life ont pu obtenir au Canada.
Dans son rapport des plus élogieux, rédigé au terme d'une analyse minutieuse, l'analyste de l'agence de notation, Maria Rabiasz, mettait en exergue l'historique de la Caisse en matière de croissance de l'actif. Et l'analyste de souligner, à grand trait, que «la cote reflète la grande expérience d'une équipe de dirigeants respectés». Et «une structure organisationnelle efficace disposant d'une vision et pratiquant une approche prudente dans la gestion d'actif, par la préservation du capital sous gestion combinée à l'obtention d'un rendement optimal.» Même la Caisse n'a jamais parlé d'elle avec autant d'enthousiasme!
Il y a fort à parier que dans sa quête de mandats internationaux, le triple A de Standard & Poor's constituera, pour la Caisse, une carte de visite beaucoup plus reconnue que le document de Mme Jérôme-Forget.
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