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Même si Ernst and Young recommande de rejeter l'offre - Cerberus fait la cour aux créanciers et au patron d'Air Canada

Le groupe new-yorkais Cerberus Capital Management courtise à la fois les créanciers et la haute direction d'Air Canada avec une offre ambitieuse qui vise à déloger le partenaire déjà choisi par la société aérienne, montrent des documents déposés en Cour. Une offre que le cabinet Ernst and Young recommande cependant de rejeter.

Cerberus offre aux créanciers d'Air Canada d'acquérir des droits de souscription de 850 millions lorsque le transporteur émergera de la protection de la loi sur les faillites. Il s'agit presque du double des 450 millions offerts par l'homme d'affaires de Hong Kong Victor Li et déjà approuvés par Air Canada.

Ernst & Young, le contrôleur nommé par la Cour pour superviser la restructuration sous tutelle judiciaire du transporteur, a recommandé que la Cour supérieure de l'Ontario se penche rapidement sur l'offre de Li car les termes de l'accord font en sorte qu'Air Canada ne peut même pas discuter avec Cerberus de sa contre-offre.

Dans sa mise à jour rendue publique hier, Ernst and Young estime cependant que le tribunal devrait retenir l'investissement de l'homme d'affaires chinois Victor Li, bien qu'il pourrait être moins alléchant que celui tendu par une entreprise de Wall Street. Le cabinet pense que l'offre américaine présente des incertitudes. Le cabinet précise que l'offre de Cerberus renferme des risques additionnels en matière de contrôle étranger. Il rappelle que Trinity appartient à des intérêts canadiens et qu'un tel partenaire peut apporter de plus grandes synergies à Air Canada.

La proposition non sollicitée de Cerberus se scinde en fait en deux offres, selon les détails déposés en cour par Ernst & Young. La première partie promet un investissement de 650 millions dans Air Canada en échange de 27 % de ses actions. Cerberus propose également d'offrir aux créanciers d'investir jusqu'à 550 millions pour acheter des droits de souscription donnant droit à des actions.

Mais Cerberus propose aussi un scénario alternatif, soit d'acquérir seulement 11,9 % des nouvelles actions d'Air Canada pour 250 millions et offrir pour 850 millions de droits de souscription aux créanciers. Cette deuxième offre semble à la fois plus alléchante pour Air Canada et ses créanciers et moins profitable pour Cerberus.

Primes alléchantes

Les deux principaux dirigeants d'Air Canada, Robert Milton et Calin Rovinescu, se sont aussi vu promettre d'alléchantes primes en cas de succès de l'offre de Cerberus, une firme de financiers new-yorkais spécialisée dans le rachat et le redressement de sociétés en difficulté. Ces primes sont similaires à celles consenties dans la proposition l'homme d'affaires sino-canadien.

Li, fils de l'homme le plus riche d'Asie, a également offert à Milton et Rovinescu chacun 1 % des parts dans la nouvelle compagnie, ce qui pourrait les enrichir d'un minimum de 21 millions chacun. Ces primes ont fait rager les syndicats des employés d'Air Canada, qui ont accepté plus tôt cette année des concessions de 1,1 milliard pour sauver la compagnie.

L'offre de Cerberus est tombée deux semaines après qu'Air Canada eut rejeté une première proposition de sa part. La compagnie avait préféré l'offre de Li qui proposait un investissement de 650 millions en échange de 31 % des capitaux propres et de 49 % des droits de vote. Cette proposition, liée à l'entente conclue avec le créancier Deutsche Bank, apporterait au transporteur 1,1 milliard en investissement sous forme de capital-actions.
 
 
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