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    Marché du carbone

    Partenaire du Québec, la Californie tend la main au Mexique

    Une entente de collaboration évoque un système de fixation du prix pour les émissions de gaz à effet de serre

    L’accord de collaboration entre la Calfornie et le Mexique, 11e pollueur au monde, évoque plusieurs aspects de la lutte contre les changements climatiques.
    Photo: Susan Montoya Bryan, File Associated Press L’accord de collaboration entre la Calfornie et le Mexique, 11e pollueur au monde, évoque plusieurs aspects de la lutte contre les changements climatiques.

    Partenaire du Québec dans la création d’un marché du carbone, la Californie vient de signer une entente avec le Mexique afin d’explorer des façons de coller un prix à la pollution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

     

    L’accord de collaboration entre l’État américain et le Mexique, 11e pollueur au monde, évoque plusieurs aspects de la lutte contre les changements climatiques, dont la qualité de l’air, la promotion de véhicules propres et les incendies de forêt. (Le gouvernement mexicain souhaite déjà réduire ses émissions de 30 % d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 2012.)

     

    Parmi les solutions envisagées pour inciter les entreprises à réduire leurs émissions, l’entente de six pages, signée lundi par le gouverneur de la Californie et deux hauts fonctionnaires environnementaux du Mexique, mentionne le « développement et la mise en oeuvre de systèmes de fixation des prix du carbone et autres instruments du marché visant à combattre les changements climatiques ». Il s’agit là d’une référence à une taxe carbone et au marché des droits d’émission.

     

    « On est très loin d’une réalisation quelconque », a dit Pierre-Olivier Pineau, spécialiste des questions énergétiques à HEC Montréal, qui a personnellement participé à une des enchères pour en comprendre le fonctionnement. « Ce n’est pas un signal négatif, mais en même temps, on ne peut pas baser de l’espoir là-dessus. »

     

    Le Québec est la seule province canadienne à avoir mis sur pied un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission, aussi appelé marché du carbone. La Colombie-Britannique a opté pour une taxe carbone. L’Ontario étudie présentement ses options.

     

    Le Québec et la Californie organisent chacun des enchères de droits d’émission, mais ils ont récemment unifié leurs marchés et convenu d’organiser une vente commune cette année.

     

    Il a été impossible hier d’obtenir la réaction du cabinet du ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel. M. Pineau serait plus enthousiaste si le voisin immédiat du Québec annonçait sa participation au marché du carbone. « Je crois encore que le Québec pourrait aller chercher l’Ontario en liant son adhésion [au marché] à des contrats d’hydroélectricité. S’il y avait des négociations sérieuses là-dessus, c’est ce qui serait le plus réaliste. »

     

    Le Québec et la Californie voudraient bien « un troisième partenaire important » et « le Mexique serait idéal »,mais « c’est loin de se faire ». « D’autant qu’il y a toute une mécanique et une réglementation, ce qui demande une confiance dans les institutions. » Il a fait valoir que la Californie a signé l’an dernier une entente avec l’Oregon, la Colombie-Britannique et l’État de Washington. Seul ce dernier se dirige vers le marché.

      

    Fonctionnement du système

     

    Le système de plafonnement et d’échange autorise les entreprises visées — dont des papetières, des raffineries et des alumineries — à polluer jusqu’à un certain seuil. Au-delà de ces limites annuelles, elles doivent acheter des droits. Si elles arrivent à réduire leur niveau de pollution, elles peuvent vendre leurs droits, d’où l’incitatif financier à diminuer leurs émissions.

     

    Le système est en marche depuis 2013, mais au 1er janvier 2015, il prendra de l’expansion. C’est alors que sera inclus le secteur de la distribution de carburants, ce qui englobe l’univers de la consommation d’essence. M. Pineau a déjà estimé que la facture sera simplement refilée aux consommateurs au coût de 2,8 ¢ le litre.

     

    Jusqu’ici, toutes les enchères organisées par Québec se sont terminées au prix plancher. En mai dernier, les unités ont été vendues à 11,39 $. (Chaque unité représente une tonne de carbone.)













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