Les producteurs de porcs subissent un tir nourri
L'UPA concède l'à-propos d'une commission du BAPE
Clément Pouliot a été réélu la semaine dernière président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec pour une sixième année consécutive. Quand on sait la vague d'opposition qui déferle sur la production porcine, M. Pouliot est le premier à reconnaître qu'il faut être en excellente santé physique et mentale pour occuper cette fonction par les temps qui courent.
De toutes parts ou presque, les producteurs de porcs sont attaqués. Les comités de citoyens, les groupes environnementaux, les éditorialistes et même parfois des confrères producteurs dans d'autres domaines que le porc qui sont éclaboussés par les campagnes anti-porc leur adressent des reprochent pour les odeurs, les épandages, le lisier dans les cours d'eau, la pollution industrielle, etc. Ces producteurs agricoles qui, dans le passé, affichaient leur fierté d'être considérés comme des citoyens respectables se sentent aujourd'hui humiliés et discrédités par des attaques qu'on avait l'habitude de réserver aux multinationales.
Les états d'âme ne sont toutefois pas la marque de commerce du monde agricole. En 1998, des producteurs avaient montré qu'il n'y avait pratiquement rien à leur épreuve en envoyant leurs porcs sur l'autoroute 20, coupant ainsi la circulation sur la principale voie de communication entre Québec et Montréal, afin d'obtenir une aide financière accrue de la part du gouvernement pour survivre à un effondrement substantiel des prix de vente sur le marché américain.
Mais avant cela en 1996, la Fédération des producteurs de porc et 25 organisations liées au secteur porcin s'entendaient sur la réalisation d'un plan agroenvironnemental, afin de connaître l'état des pratiques de production ayant un impact sur l'environnement, déterminer les priorités d'action pour maximiser les retombées environnementales et suivre l'évolution des améliorations.
Il y avait déjà à cette époque un courant d'opposition à la production porcine qui prenait de l'ampleur, ce qui pouvait s'expliquer par une augmentation importante de cette production. Entre 1989 et 1999 les ventes de porcs ont fait un bond de 34,4 %. En 2000, la fédération divulguait un plan agroenvironnemental «pour l'atteinte d'objectifs concrets et réalistes d'ici 2004». L'année suivante, le ministère de l'Agriculture et la fédération signaient une entente sur l'écoconditionnalité, c'est-à-dire l'assujettissement du versement des indemnités au respect des normes environnementales.
Parallèlement, le débat se poursuivait sur ce que ces normes devaient être, mais d'une manière générale, c'était toujours trop peu trop tard de la part des producteurs par rapport à une opinion publique de plus en plus large et nerveuse, malgré le moratoire décrété par le gouvernement dans 212 municipalités. À l'Union des producteurs agricoles (UPA), on craignait un resserrement probable des mesures à l'approche des élections générales.
Peu importe ses motifs réels, le gouvernement a décidé la semaine dernière d'imposer un temps d'arrêt de 18 à 24 mois sur l'implantation de nouvelles porcheries, une décision qui n'est toutefois pas rétroactive, en ce sens que les permis accordés avant cette annonce ne sont pas invalidés. Des citoyens demandent que l'interdiction s'applique aussi dans ces cas. D'autres, voyant les inondations dans le sud du Québec se disent que ce serait catastrophique si, par malheur, il y avait eu, dans la région, des porcheries. Il n'y a rien à faire, les porcheries demeurent dans le feu de l'actualité.
À l'UPA et chez les producteurs en général, on en est maintenant pleinement conscient. La vague est trop forte pour y résister, comme le reconnaît Laurent Pellerin: «Les vives tensions qu'occasionne le développement de la production porcine sont bien réelles et suscitent des interrogations dans nos rangs depuis plusieurs mois. Devant tout cela, l'UPA concède l'à-propos d'une commission du BAPE sur la production porcine. Cette commission, espérons-le, sera à même de mener une analyse approfondie, de faire appel à des spécialistes crédibles, de pondérer les points de vue et de déboucher sur des recommandations susceptibles de favoriser le développement durable des entreprises agricoles et de concilier, à terme, les préoccupations agricoles, sociales et environnementales».
À la fédération, on a cherché depuis un certain temps à établir de meilleurs rapports entre les producteurs et leurs voisins. L'an passé, on avait imaginé à «l'épandage sympathique», c'est-à-dire à prévenir les gens de la région immédiate par carte postale, appel téléphonique ou visite à domicile, du moment où il y aurait épandage. Cette année, la fédération a imaginé une campagne d'affichage pour identifier les fermes porcines engagées dans la démarche environnementale. Pour avoir droit à une affiche, le producteur doit se conformer à un certain nombre de mesures pour réduire les rejets en azote et en phosphore, diminuer les odeurs et augmenter la capacité d'entreposage de lisier.
Cette année, précise M. Pouliot on a pour objectif de rejoindre ainsi de 20 à 25 % des 3000 producteurs de porcs. C'est une étape dans l'évolution vers l'agriculture verte et «pour montrer qu'on n'est pas si méchant que ça», ajoute-t-il. Les producteurs ont décidé d'investir un million dans un plan de redressement. «À partir du moment où ils mettent eux-mêmes de l'argent, ils prennent vraiment ça au sérieux», dit M. Pouliot, qui avoue travailler pour des résultats à moyen et à long terme.
Dans l'immédiat, il s'agit de trouver des gens pour participer à la commission sur le développement durable qui sera mise en place pendant cette période d'arrêt de près de deux ans. Les travaux de cette commission devraient commencer à l'automne.
De toutes parts ou presque, les producteurs de porcs sont attaqués. Les comités de citoyens, les groupes environnementaux, les éditorialistes et même parfois des confrères producteurs dans d'autres domaines que le porc qui sont éclaboussés par les campagnes anti-porc leur adressent des reprochent pour les odeurs, les épandages, le lisier dans les cours d'eau, la pollution industrielle, etc. Ces producteurs agricoles qui, dans le passé, affichaient leur fierté d'être considérés comme des citoyens respectables se sentent aujourd'hui humiliés et discrédités par des attaques qu'on avait l'habitude de réserver aux multinationales.
Les états d'âme ne sont toutefois pas la marque de commerce du monde agricole. En 1998, des producteurs avaient montré qu'il n'y avait pratiquement rien à leur épreuve en envoyant leurs porcs sur l'autoroute 20, coupant ainsi la circulation sur la principale voie de communication entre Québec et Montréal, afin d'obtenir une aide financière accrue de la part du gouvernement pour survivre à un effondrement substantiel des prix de vente sur le marché américain.
Mais avant cela en 1996, la Fédération des producteurs de porc et 25 organisations liées au secteur porcin s'entendaient sur la réalisation d'un plan agroenvironnemental, afin de connaître l'état des pratiques de production ayant un impact sur l'environnement, déterminer les priorités d'action pour maximiser les retombées environnementales et suivre l'évolution des améliorations.
Il y avait déjà à cette époque un courant d'opposition à la production porcine qui prenait de l'ampleur, ce qui pouvait s'expliquer par une augmentation importante de cette production. Entre 1989 et 1999 les ventes de porcs ont fait un bond de 34,4 %. En 2000, la fédération divulguait un plan agroenvironnemental «pour l'atteinte d'objectifs concrets et réalistes d'ici 2004». L'année suivante, le ministère de l'Agriculture et la fédération signaient une entente sur l'écoconditionnalité, c'est-à-dire l'assujettissement du versement des indemnités au respect des normes environnementales.
Parallèlement, le débat se poursuivait sur ce que ces normes devaient être, mais d'une manière générale, c'était toujours trop peu trop tard de la part des producteurs par rapport à une opinion publique de plus en plus large et nerveuse, malgré le moratoire décrété par le gouvernement dans 212 municipalités. À l'Union des producteurs agricoles (UPA), on craignait un resserrement probable des mesures à l'approche des élections générales.
Peu importe ses motifs réels, le gouvernement a décidé la semaine dernière d'imposer un temps d'arrêt de 18 à 24 mois sur l'implantation de nouvelles porcheries, une décision qui n'est toutefois pas rétroactive, en ce sens que les permis accordés avant cette annonce ne sont pas invalidés. Des citoyens demandent que l'interdiction s'applique aussi dans ces cas. D'autres, voyant les inondations dans le sud du Québec se disent que ce serait catastrophique si, par malheur, il y avait eu, dans la région, des porcheries. Il n'y a rien à faire, les porcheries demeurent dans le feu de l'actualité.
À l'UPA et chez les producteurs en général, on en est maintenant pleinement conscient. La vague est trop forte pour y résister, comme le reconnaît Laurent Pellerin: «Les vives tensions qu'occasionne le développement de la production porcine sont bien réelles et suscitent des interrogations dans nos rangs depuis plusieurs mois. Devant tout cela, l'UPA concède l'à-propos d'une commission du BAPE sur la production porcine. Cette commission, espérons-le, sera à même de mener une analyse approfondie, de faire appel à des spécialistes crédibles, de pondérer les points de vue et de déboucher sur des recommandations susceptibles de favoriser le développement durable des entreprises agricoles et de concilier, à terme, les préoccupations agricoles, sociales et environnementales».
À la fédération, on a cherché depuis un certain temps à établir de meilleurs rapports entre les producteurs et leurs voisins. L'an passé, on avait imaginé à «l'épandage sympathique», c'est-à-dire à prévenir les gens de la région immédiate par carte postale, appel téléphonique ou visite à domicile, du moment où il y aurait épandage. Cette année, la fédération a imaginé une campagne d'affichage pour identifier les fermes porcines engagées dans la démarche environnementale. Pour avoir droit à une affiche, le producteur doit se conformer à un certain nombre de mesures pour réduire les rejets en azote et en phosphore, diminuer les odeurs et augmenter la capacité d'entreposage de lisier.
Cette année, précise M. Pouliot on a pour objectif de rejoindre ainsi de 20 à 25 % des 3000 producteurs de porcs. C'est une étape dans l'évolution vers l'agriculture verte et «pour montrer qu'on n'est pas si méchant que ça», ajoute-t-il. Les producteurs ont décidé d'investir un million dans un plan de redressement. «À partir du moment où ils mettent eux-mêmes de l'argent, ils prennent vraiment ça au sérieux», dit M. Pouliot, qui avoue travailler pour des résultats à moyen et à long terme.
Dans l'immédiat, il s'agit de trouver des gens pour participer à la commission sur le développement durable qui sera mise en place pendant cette période d'arrêt de près de deux ans. Les travaux de cette commission devraient commencer à l'automne.
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