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    Marché du carbone: aucune urgence dans les autres provinces

    Alors que la Colombie-Britannique attend que d’autres se joignent au marché, l’Ontario étudie ses options

    Raffinerie de pétrole montréalaise
    Photo: Jacques Grenier Le Devoir Raffinerie de pétrole montréalaise

    Ceux qui espèrent l’adhésion des autres provinces à un système de crédits de carbone comme celui mis sur pied par le Québec à l’égard des entreprises polluantes ne devraient pas se faire d’illusions.

     

    Invités par Le Devoir à préciser leurs intentions, les ministères de l’Environnement de la Colombie-Britannique et de l’Ontario ont récemment fourni des réponses suggérant qu’une participation à ce type de régime n’est pas imminente.

     

    « La Colombie-Britannique n’établira pas de système de plafonnement et d’échange selon le même échéancier que le Québec et la Californie », a écrit au Devoir un agent d’information du ministère de l’Environnement. La province a opté pour une taxe carbone en 2008. « La Colombie-Britannique ne se joindra à un marché du carbone que s’il est de taille suffisante et compte assez de partenaires pour avoir du sens. »

     

    Le marché du carbone — un système de plafonnement et d’échange de droits de polluer — s’inscrit dans la stratégie québécoise visant à réduire la pollution atmosphérique en introduisant une notion de coût. Le gouvernement établit des limites d’émissions annuelles de gaz à effet de serre mais permet aux entreprises de vendre leurs droits si elles ne dépassent pas leur propre plafond.

     

    Une entreprise qui excède sa limite, à l’opposé, doit acheter des droits.

     

    Ces droits sont vendus lors d’enchères organisées par le ministère québécois de l’Environnement, mais administrées par la Western Climate Initiative, un organisme sans but lucratif.

     

    Selon des données publiées en avril dernier, le Québec a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de près de 7 % de 1990 à 2012 alors que celles du Canada dans son ensemble ont augmenté de 18 %.

     

    Le système de plafonnement et d’échange est en vigueur depuis l’année 2013 et vise un certain nombre d’établissements, comme les raffineries, les papetières et les alumineries.

     

    Élargissement imminent

     

    Au 1er janvier 2015, le système s’étendra aux distributeurs de carburants, une décision dont le coût sera vraisemblablement refilé aux consommateurs et entreprises de transport lorsqu’ils font le plein. Un spécialiste de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, a déjà estimé que le prix de l’essence à la pompe pourrait augmenter de 2,8 ¢ le litre.

     

    La mise en place du système, et la liaison du marché québécois avec celui de la Californie il y a quelques mois, a été faite avec la collaboration de la Western Climate Initiative. Au cours des dernières années, ce regroupement a aussi bénéficié de l’appui de la Colombie-Britannique et de l’Ontario.

     

    L’Association québécoise des indépendants du pétrole (AQUIP) s’est inscrite au Registre des lobbyistes du Québec en juin pour demander au gouvernement de reporter l’inclusion des distributeurs jusqu’à ce que d’autres juridictions, comme l’Ontario, y adhèrent.

     

    « L’Ontario, la Colombie-Britannique et le Manitoba évaluent leurs façons de réduire les émissions de gaz à effet de serre »,a cependant indiqué le ministère ontarien de l’Environnement il y a quelques semaines. Contacté hier pour de plus amples informations, le ministère a dit qu’il n’y avait rien à ajouter. « L’Ontario tient à ce que la méthode pour réduire les gaz à effet de serre protège l’environnement et soit utile à l’économie. »

     

    Lors de la publication de son rapport annuel il y a deux semaines, le Commission à l’environnement de l’Ontario a affirmé que la province n’est plus un chef de file dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

     

    Le groupe Environmental Defence croit que le gouvernement ontarien, aujourd’hui majoritaire, est sérieux. « C’est vrai qu’il y a une évaluation en cours, non seulement sur la notion de coût à la pollution mais sur l’environnement en général », a dit Keith Brooks, directeur du programme d’économie propre. « Nous militons pour qu’un système de plafonnement et d’échange fasse partie du plan. »

     

    La Colombie-Britannique a plutôt opté pour une taxe carbone. Son implantation a été effectuée en 2008 et a eu comme contrepartie une réduction de certaines autres taxes. En 2013-2014, les revenus de la taxe carbone devaient atteindre 1,2 milliard, selon le plus récent budget de la province.













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