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L'arrivée de Paul Martin suscite des espoirs chez Pétro-Canada

Paul Brenneman estime que le futur premier ministre sera attentif aux préoccupations du secteur énergétique

25 novembre 2003  Actualités économiques
Le chef de la direction de Pétro-Canada fonde beaucoup d'espoirs sur l'arrivée au pouvoir de Paul Martin, qu'il croit plus attentif aux préoccupations de l'industrie énergétique que son prédécesseur.

Paul Brenneman, qui tient les rennes de la pétrolière de Calgary depuis 2000, a confié hier qu'il avait déjà discuté avec le futur premier ministre fédéral et que leurs échanges avaient été constructifs. Le débat aurait notamment porté sur les modalités d'application du protocole de Kyoto sur les gaz à effet de serre.

La ratification de ce traité international, il y a un an, a été vivement dénoncée par les compagnies pétrolières et les représentants d'autres industries polluantes. Longtemps hésitant, Paul Martin avait finalement voté pour l'adoption du protocole, tout en laissant entendre qu'il était favorable à la méthode douce pour sa mise en oeuvre.

Le nouveau chef du Parti libéral «s'est clairement engagé à l'égard de l'environnement et de l'action contre le changement climatique, mais il comprend aussi combien il est essentiel d'encourager l'innovation dans le secteur privé ici au Canada pour s'attaquer à ces défis colossaux», a insisté hier M. Brenneman lors d'un déjeuner-causerie devant le Cercle canadien de Montréal. «Je ne connais pas ses intentions, mais je sais que ses propos rejoignent les nôtres», a-t-il ajouté en marge de son allocution. «J'espère que son gouvernement sera plus souple en ce qui concerne les moyens.»

D'après l'homme d'affaires, l'approche «prescriptive» de l'équipe Chrétien n'aura pas les effets recherchés parce qu'elle décourage l'investissement dans des projets prometteurs mais coûteux. «Si je dois atteindre un objectif inflexible pour Kyoto, il semble que la seule chose à faire soit d'acheter des droits d'émission sur le marché international», a-t-il expliqué.

L'intérêt des entreprises

À son avis, pour régler le problème de la pollution atmosphérique de manière durable, il vaudrait mieux laisser faire les entreprises qui ont tout intérêt à améliorer leurs processus pour diminuer leurs frais d'exploitation. «L'industrie elle-même trouverait les solutions aux gaz à effet de serre si on lui donnait le temps. Nous l'avons déjà démontré. Notre histoire le prouve», a-t-il souligné en faisant référence notamment à la diminution de la quantité de vapeur nécessaire à l'extraction des sables pétrolifères de l'Alberta.

M. Brenneman a refusé de spéculer sur le temps nécessaire à la mise au point de technologies «propres». Il s'est par ailleurs abstenu de demander un soutien public à la recherche, qui pourrait notamment prendre la forme de crédits d'impôt. «Tout ce que je dis c'est qu'il faut reconnaître le rôle de la technologie dans la réduction des gaz à effets de serre. Il faudra s'asseoir pour décider des modalités de fonctionnement», a-t-il conclu.
 
 
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