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    Les forestières touchent du bois

    L’industrie traverse des années difficiles, mais pourrait être sauvée par le marché des composites

    Le professeur Ahmed Koubaa affirme qu’une tonne de plastique coûte entre 1000 et 2000 $, tandis que la même quantité de fibres de bois peut être payée 400 $, souvent moins.
    Photo: Archives Le Devoir Le professeur Ahmed Koubaa affirme qu’une tonne de plastique coûte entre 1000 et 2000 $, tandis que la même quantité de fibres de bois peut être payée 400 $, souvent moins.







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    Mise à mal au cours des dernières années, l’industrie forestière québécoise pourrait bien avoir trouvé sa planche de salut… dans le plastique. Les composites unissant des fibres de bois et des polymères représentent un marché prometteur et potentiellement profitable pour les entreprises forestières, qui attendent pour l’instant que la science leur offre davantage de garanties.

     

    « Il y a des gains substantiels à faire dans tous les marchés du plastique. Si on est capables de mettre de la fibre de bois dans un produit, on réduit son coût, d’où son potentiel très important », souligne Ahmed Koubaa, professeur à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la valorisation, la caractérisation et la transformation du bois. Il a supervisé plusieurs étudiants aux cycles supérieurs qui se sont intéressés aux composites bois-plastique et dont les travaux ont été présentés mardi à Montréal dans le cadre du congrès de l’Acfas.

     

    Il affirme qu’une tonne de plastique coûte entre 1000 et 2000 $, tandis que la même quantité de fibres de bois peut être payée 400 $, souvent moins. Puisque la proportion de fibres de bois comprise dans un composite avoisine généralement les 50 %, cette avenue fait miroiter d’importantes économies d’argent pour plusieurs industries, y compris celles de l’automobile et de l’aéronautique.

     

    Pour les compagnies forestières, il s’agit d’une filière « prometteuse pour l’avenir » puisqu’elle permet de rentabiliser les copeaux et les sciures issus de la transformation du bois d’oeuvre, mais également l’écorce et les résidus générés lors du recyclage du papier.

     

    « Avant, pour un volume de sciage donné, il y avait un certain volume de copeaux qui était utilisé pour les pâtes et papiers. Maintenant, comme la demande de papier journal a diminué, une bonne partie de ces copeaux n’est pas utilisée, donc on l’envoie vers la production d’énergie [la biomasse] ou d’autres applications qui sont moins lucratives que le papier, explique M. Koubaa. Les compagnies forestières cherchent donc des preneurs ou des applications pour ces copeaux. »

     

    Pas de doute dans l’esprit du chercheur, le composite bois-plastique est une niche potentiellement payante, à condition qu’il y ait preneur. Et c’est justement ce qui fait défaut pour le moment, glisse-t-il, faute d’une mise en marché adéquate.

     

    Recherche et développement

     

    L’économiste forestier de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, Vincent Miville, considère que cette utilisation de la fibre de bois est une « avenue d’avenir dans laquelle il faut se recycler ». Il constate que les applications possibles des composites sont « exponentielles », mais que le marché n’est pas encore assez solidement établi pour s’y lancer.

     

    Voilà pourquoi le gouvernement fédéral a injecté 100 millions dans un programme mis sur pied en 2010 pour favoriser la « commercialisation de technologies et de processus novateurs ». Ce programme a été prolongé de quatre ans en février dernier grâce à un montant supplémentaire de quelque 90 millions.

     

    Au Québec, la papetière Kruger, installée à Trois-Rivières, a par exemple bénéficié d’une aide de 15 millions pour développer l’usage de filaments de cellulose, des dérivés de la fibre de bois. L’exemple de CelluForce, à Windsor, qui a du mal à commercialiser sa nanocellulose cristalline, invite toutefois à la prudence.

     

    Dans sa Stratégie 2012-2017 pour transformer l’industrie québécoise des produits forestiers, le gouvernement québécois a quant à lui signalé que « l’avenir à moyen et long terme se situe […] dans le développement des produits permettant de tirer parti des propriétés chimiques de la matière ligneuse [issue du bois] », étant donné que « la demande pour les produits incorporant de la matière ligneuse sous diverses formes est en croissance ».

     

    M. Miville abonde en ce sens, mais il estime que cet usage de la fibre de bois demeurera complémentaire pour encore de nombreuses années. « Je ne suis pas prêt à parier que le bois d’oeuvre va laisser sa place de sitôt. »

    Le professeur Ahmed Koubaa affirme qu’une tonne de plastique coûte entre 1000 et 2000 $, tandis que la même quantité de fibres de bois peut être payée 400 $, souvent moins. Le professeur Ahmed Koubaa affirme qu’une tonne de plastique coûte entre 1000 et 2000 $, tandis que la même quantité de fibres de bois peut être payée 400 $, souvent moins.












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