samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Ouverture du Forum-Export 2003 - Exporter à l'heure où la Chine se réveille

Alors que les exportations canadiennes ont augmenté de 104 % entre 1991 et 2001, celles de la Chine ont crû de 270 %.
Photo : Agence Reuters
Alors que les exportations canadiennes ont augmenté de 104 % entre 1991 et 2001, celles de la Chine ont crû de 270 %.
Secoués par une crise qui dure depuis deux ans et qui leur a fait perdre 33 000 emplois dans la province, les membres des Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) doivent «se serrer les coudes face aux nombreux défis» qui les attendent, comme l'affirme Paul-Arthur Huot, p.-d.g. de l'organisme. C'est dans ce contexte plutôt sombre que s'ouvre aujourd'hui le premier Forum-Export 2003 au Palais des congrès de Montréal. Plus de 25 délégations provenant de 12 pays sont attendues jusqu'à demain «pour parler business, échanger sur les pratiques d'exportation et tenter de trouver des solutions de rechange au marché américain».

L'événement tombe à point. Le secteur manufacturier, qui renferme également les plus grands exportateurs, traverse une zone de turbulences qui risque de le secouer encore un bon moment. Entre 1990 et 2000, les exportations québécoises ont bondi de 300 %, passant de 25 milliards de dollars par année à 75 milliards. C'était l'âge d'or. Mais depuis deux ans, les livraisons à l'étranger ont chuté de 8 %, pour se situer à près de 69 milliards en 2002.

«Les problèmes ont commencé avant l'appréciation du dollar canadien, explique Paul-Arthur Huot. C'est sûr que la hausse de 18 % du huard ne nous aide pas, mais il y a d'autres facteurs plus graves qui affectent notre secteur.»

En tête de liste, la puissance chinoise et la montée fulgurante de ses exportations. Alors que les exportations canadiennes ont augmenté de 104 % entre 1991 et 2001, celles de la Chine ont crû de 270 %. «On n'a encore rien vu, soutient le p.-d.g. du MEQ. Ça va nous affecter profondément. Des pans entiers de notre industrie risquent de tomber. La Chine, c'est comparable au Japon il y a 30 ans, mais les progrès ont été réalisés en 10 ans. C'est très rapide et on n'a pas le temps de s'adapter.»

Paul-Arthur Huot souligne que les livraisons chinoises affectent non seulement notre marché intérieur, «avec des prix 50 % plus bas», mais également les pays où les exportateurs québécois tentent de percer, ce qui diminue les possibilités. Aux États-Unis, où plus de 85 % de nos exportations se dirigent, le constat est sans équivoque. Entre 1985 et 2002, les exportations canadiennes y ont progressé de 203 %, alors que pour la même période, les exportations de la Chine y ont explosé de 3141 %!

Autre embûche: le protectionnisme américain bien visible depuis que l'administration Bush a fait son entrée à la Maison-Blanche, avec en définitive des conflits commerciaux qui se multiplient. Sans compter cette hausse du dollar canadien qui commence à peser sur le secteur. L'organisme voudrait d'ailleurs que la Banque du Canada «se réveille» et relâche la pression sur la devise, question de rendre nos entreprises plus attrayantes pour les importateurs américains.

Rester pragmatique

Une lumière apparaît toutefois dans ce sombre tableau: l'économie américaine semble de nouveau sur les rails, ce qui ne peut qu'avantager les manufacturiers et exportateurs du Québec. «C'est une excellente nouvelle, mais il faut rester pragmatique, tempère Paul-Arthur Huot. La relance américaine va certainement contribuer à faire baisser la valeur de notre dollar, ce qui est une bonne chose, mais les autres problèmes ne se régleront pas pour autant.»

D'où l'utilité du Forum-Export qui commence ce matin. «Il faut que nos entreprises apprennent des meilleurs exportateurs, dit-il. Qu'elles se parlent et améliorent leur efficacité.» Les délégations étrangères, notamment la Chine, la France, les Pays-Bas, la Malaysia, le Mexique, etc., viennent recruter des partenaires d'affaires et cherchent à attirer des investissements chez eux. «C'est normal et souhaitable, explique Paul-Arthur Huot. Pour bien connaître un marché et bien l'exploiter, il faut investir là-bas.»

Le Forum-Export servira également à envisager de nouvelles voies à l'exportation, question de sortir de la dépendance américaine. Le Japon pour le secteur agroalimentaire, les Caraïbes pour l'équipement et l'expertise touristique ainsi que l'Europe de l'Ouest font partie de ces voies envisagées. «Il faut des endroits riches et diversifiés, qui offrent un cadre légal qui ressemble au nôtre», souligne Paul-Arthur Huot. Ce dernier concède que sortir de l'axe Canada-États-Unis est un défi depuis des années, puisque le marché américain est «le plus facile».

Il faudra donc trouver des pistes de solutions pour faire redécoller les exportations, peu importe dans quelle direction, puisque ces dernières sont responsables de 40 % du PIB québécois. Les centaines d'intervenants réunis au Palais des congrès auront l'occasion de voir comment arrêter la saignée.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012