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    Des acériculteurs durement touchés par le verglas

    Même si le verglas d'avant Noël a fait craindre le pire aux producteurs, les petits auront quand même l'occasion de se sucrer le bec le printemps prochain dans les érablières du Québec.
    Photo: Olivier Zuida Le Devoir Même si le verglas d'avant Noël a fait craindre le pire aux producteurs, les petits auront quand même l'occasion de se sucrer le bec le printemps prochain dans les érablières du Québec.
    Après avoir connu une année record en 2013, bon nombre de producteurs de sirop d’érable des Cantons-de-l’Est redoutent celle qui est à leur porte, alors qu’ils ont vu une partie de leur érablière détruite par le récent verglas qui a frappé de plein fouet leur région.

    Plusieurs acériculteurs ont confié à La Presse canadienne avoir vu des dizaines, sinon plusieurs centaines, d’érables être abîmés par les intempéries de la fin décembre.

    Selon eux, il n’y a aucun doute, l’impact se fera sentir sur la quantité de sirop d’érable produit cette année.

    Depuis une semaine, plusieurs producteurs des Cantons-de-l’Est arpentent leur érablière pour constater les dommages.

    C’est le cas de Samuel Beauvais, membre d’une famille d’acériculteurs du secteur de Magog. Il soutient que des érables matures ont été déracinés et que de jeunes arbres sont prisonniers de la glace.

    Il rapporte que lui et les autres producteurs de sirop d’érable sont engagés dans une course contre la montre pour remettre en place les tuyaux permettant de récupérer la précieuse eau d’érable avant le début de la saison des sucres.

    Plusieurs années

    Le verglas qui s’est abattu sur une large portion des Cantons-de-l’Est, tout juste avant Noël, aura sans aucun doute des conséquences à court terme, mais aussi pendant plusieurs années, disent plusieurs acériculteurs.

    « C’est la catastrophe. Environ 25 % de mes arbres sont touchés. On a perdu énormément de jeunes érables, donc la relève n’est tout simplement plus là. Ce n’est vraiment pas beau à voir », a confié avec découragement Sébastien Fortin, acériculteur de Cookshire.

    Même désespoir dans la voix de Lucas Bolduc, qui possède aussi une érablière dans la municipalité.

    « Nous avons perdu notre avenir. Tous mes jeunes érables sont pris dans la glace et vont probablement mourir. Pour les arbres plus vieux, j’en ai au moins 300 ou 400 qui sont morts. Et pour ceux qui restent, je ne pourrai probablement par tous les entailler, si je veux qu’ils survivent. Notre production sera coupée à long terme », s’est-il attristé.

    Trop gros pour une petite entreprise
    Dans les circonstances, il compte s’informer sur les programmes en place pour aider les producteurs agricoles qui subissent les aléas de Dame Nature. « Ce qui est arrivé est très grave pour une petite entreprise comme la nôtre. Pour l’instant, je ne peux pas vérifier si des programmes d’aide existent, car je suis trop occupé à sauver les meubles. Mais on va vérifier dès qu’on pourra », a ajouté M. Bolduc.

    Même si plusieurs secteurs des Cantons-de-l’Est ont été frappés par le verglas de la fin décembre, toutes les érablières n’ont pas été touchées de la même façon. En fait, plusieurs acériculteurs rapportent même n’avoir aucun dommage.

    Plus important producteur

    Le Québec est le plus important producteur de sirop d’érable de la planète. De 10 à 15 % de la production provient du labeur d’acériculteurs de l’Estrie, rapporte l’Union des producteurs agricoles du Québec.

    François Bourassa, président de l’UPA dans cette région, estime que les conséquences du verglas de 2013 sont à mille lieues de celles de 1998.

    « Ça ne se compare pas. On s’en tire à bon compte, car le verglas ne s’est pas étiré et les températures douces sont revenues. Mais on a frôlé la catastrophe », a affirmé celui qui est aussi propriétaire d’une érablière à Valcourt.

    Il soutient qu’un seul producteur de sirop d’érable, situé dans la municipalité de Newport, l’a rejoint pour se plaindre de la situation.

    « La financière agricole, qui permet à des producteurs d’assurer leur production de sirop, a aussi reçu des appels », a-t-il cependant ajouté.

    M. Bourassa fait savoir que depuis 1998, les technologies pour récolter l’eau d’érable ont grandement évolué, ce qui contribue à protéger davantage qu’auparavant l’industrie.

    « La tuyauterie dans les érablières est de bien meilleure qualité. Le plastique est plus extensible. Les nouvelles tubulures sont plus performantes. C’est un avancement qui permet de limiter les dégâts », a-t-il expliqué.

    Si la diminution du nombre d’érables en mesure de produire de l’eau sucrée peut influencer à la baisse la production annuelle de sirop, un autre facteur essentiel entre en ligne de compte.

    M. Bourassa a expliqué que les conditions météorologiques de la fin de l’hiver vont influencer directement la quantité et la qualité de la récolte au printemps.

    De l’autre côté de la frontière américaine, de nombreux producteurs de sirop d’érable font aussi état de dégâts dans leur érablière. Plusieurs ont sollicité l’aide du département de l’Agriculture pour obtenir des compensations, ont rapporté des médias du Vermont.


    Par Étienne Fortin-Gauthier












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