Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous

    HEC - Énergie: une chaire de recherche financée par le secteur privé

    Le professeur à HEC Montréal Pierre-Olivier Pineau, en 2010.
    Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Le professeur à HEC Montréal Pierre-Olivier Pineau, en 2010.

    Le professeur à HEC Montréal Pierre-Olivier Pineau était las de se casser le nez à la porte des organismes subventionnaires publics. Réflexion faite, il s’est tourné vers le financement privé afin de renforcer la capacité de la recherche dans le secteur de l’énergie. Eurêka, il a annoncé lundi la mise sur pied de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie grâce à une aide financière d’« entreprises partenaires » frôlant le million de dollars sur cinq ans.

     

    Des acteurs de premier plan du secteur énergétique, Valero, Enbridge, Gaz Métro, Pétrolia et Boralex, ont accepté de libeller chaque année pendant cinq ans un chèque de 20 000 $ à la Fondation HEC Montréal afin de permettre à la nouvelle chaire de lancer son programme de recherche. BMO Groupe financier, la firme de services-conseils PwC, ainsi que les bureaux d’avocat McCarthy Tétrault et Golder Associés sortiront aussi leur chéquier. Sans exception, chaque entreprise déboursera 100 000 $ sur cinq ans.

     

    « Je suis prêt à assumer un risque d’apparence de conflits d’intérêts », lance à l’autre bout du fil le spécialiste en politique énergétique Pierre-Olivier Pineau. « Cela dit, évidemment, on veut et il faut que la recherche soit indépendante d’intérêts particuliers du secteur privé et d’intérêts particuliers. » Les neuf bailleurs de fonds ne contrôleront d’aucune façon le programme de recherche de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie, assure M. Pineau, certain d’avoir pris les précautions nécessaires pour permettre au groupe de recherche de jouir d’une « indépendance formelle ».

     

    Il s’était tout d’abord fixé l’objectif de trouver de 8 à 10 donateurs. « On ne voulait pas que ce soit une chaire de recherche qui soit associée à une organisation ou une entreprise en particulier », dit-il.

     

    D’autre part, « sur papier », dans les ententes conclues entre HEC Montréal et chacun des donateurs, il est prévu que « ces entreprises-là n’ont pas de droit de regard sur [ses] résultats de recherche », indique le professeur. « Il peut y avoir une demande spéciale, comme chaque lobby peut en faire, mais la latitude m’est entièrement donnée pour refuser », ajoute-t-il.

     

    Dans un secteur où les positions sont « trop souvent polarisées », Enbridge, Gaz Métro, Boralex et les autres cherchaient des voix différentes de celles des autres entreprises, des groupes environnementaux et des groupes de consommateurs, estime M. Pineau. « Mes contributions au débat public correspondaient à ce type de discours qu’elles voulaient soutenir. »

     

    L’aide financière d’autres organisations, publiques et privées, — notamment celle du ministère des Ressources naturelles — a été sollicitée, mais en vain. « Dans un monde idéal », la chaire de recherche carburerait au financement public, souligne-t-il.

     

    M. Pineau dit avoir entrepris, de concert avec la Fondation HEC Montréal, la recherche de financement privé« un peu par lassitude d’un financement public ». Le jeune professeur avait beau soumettre une quinzaine de demandes auprès des organismes subventionnaires — CRSH, CRSNG, FQRSC… — au fil des 15 dernières années, à tout coup,il essuyait une fin de non-recevoir en raison de « l’aspect pluridisciplinaire de [sa] recherche ». Il voit d’un mauvais oeil le peu d’importance accordée aux questions de recherche de gestion et d’économie de l’énergie au Québec et au Canada. Le milieu dispose néanmoins de recherche technique, alimentée par les écoles de génie. « Il y a beaucoup d’argent qui va dans le développement technologique. Ce n’est pas une mauvaise chose, mais, au-delà de la technologie, il faut gérer la production et la consommation d’énergie, affirme-t-il.On a d’énormes gains à réaliser, qui nous rendraient à la fois plus riches et plus verts. Mais ça, il faut le documenter. »

     

    Le Canada figure au cinquième rang des producteurs d’énergie du globe, mais « n’a aucun poids dans les décisions énergétiques mondiales », fait remarquer M. Pineau. « Le Canada est complètement inconséquent. »

     

    Épaulé par deux à cinq étudiants à la maîtrise ou au doctorat rémunérés, le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie se penchera notamment sur l’intégration des marchés de l’énergie, l’harmonisation de la réglementation entre différents États et provinces, la mise en place du marché du carbone et la gestion de la décroissance de la consommation de pétrole.













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.