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    Institut du Nouveau Monde - Un parti pris pour le partage

    Les Québécois sont partisans d’une société plus égalitaire et ils comptent sur l’État pour réaliser leur vœu

    L’enquête menée par l’INM démontre que la solidarité et le partage sont des valeurs auxquelles les Québécois sont profondément attachés.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’enquête menée par l’INM démontre que la solidarité et le partage sont des valeurs auxquelles les Québécois sont profondément attachés.
    Plus des trois quarts des Québécois voteraient pour un gouvernement plus actif dans la lutte contre les inégalités, rapporte l’Institut du Nouveau Monde au terme d’une tournée de consultation populaire de plus de trois mois.

    Selon les quelque 3000 répondants à cette enquête inhabituelle, l’action gouvernementale devrait prendre, en priorité, la forme d’un meilleur accès aux services publics, tels que l’éducation, les soins de santé et les politiques familiales, ainsi que d’une augmentation de l’impôt des plus riches.

    Un vote contre les inégalités

    En tournée de la fin avril à la mi-août au cours d’une soixantaine d’événements dans une trentaine de villes, la « Caravane citoyenne sur les inégalités sociales » de l’INM prenait la forme d’un petit kiosque itinérant se promenant des places publiques aux centres commerciaux et animés par des professionnels.

    L’un des exercices proposés aux passants consistait à cocher un bulletin de vote sur lequel apparaissaient le nom et un résumé du programme de cinq candidats fictifs représentant un éventail des opinions sur la lutte contre les inégalités, allant du laisser-faire à la recherche de l’égalité économique d’abord et avant tout. Les deux candidats à recevoir le plus de votes de la part de quelque 2400 participants ont été les plus interventionnistes : Jacqueline Généreux du Parti de l’Égalité (42 %), faisant passer la création de richesse en second derrière sa redistribution et la recherche d’égalité économique, et Jonathan Lavoie-Juste du Parti Moins d’inégalité (34 %), qualifiant les inégalités de problème majeur qui commanderait des impôts plus justes et des programmes sociaux universels. Les candidats fictifs du Parti du Compromis (17 %), du Parti de la Charité (5 %) et du Parti Chacun pour soi (1 %) sont arrivés loin derrière.

    Un autre exercice proposé aux participants consistait à prioriser des politiques publiques reconnues pour réduire les inégalités sociales. Des six options soumises, « favoriser l’accès à l’éducation » (28 %) a été celle qui a obtenu le plus d’appui de 1933 participants. Arrivent ensuite : « favoriser l’accès aux soins de santé et aux politiques familiales » (23 %), « augmenter l’impôt des plus riches » (20 %), « augmenter les prestations d’aide sociale et le salaire minimum » (14 %), « autres » (8 %) et « miser sur la philanthropie et la charité » (7 %).

    Voix alternative, mais concordante

    D’abord et avant tout conçue comme un outil alternatif de mesure de l’opinion publique, cette tournée de consultations visait notamment à combler les lacunes méthodologiques de plus en plus grandes des habituelles enquêtes d’opinion réalisées par les maisons de sondage, a expliqué cette semaine au Devoir le responsable du projet à l’INM, Nicolas Zorn. Bien que le portrait de ses participants colle mal à celui de l’ensemble de la population québécoise (« trop de Montréalais, trop de jeunes, trop d’universitaires et trop de femmes »), ses résultats devraient être considérés comme rigoureux et fiables, dit-il, ne serait-ce que parce qu’ils ne changent pas même après une pondération des voix et parce qu’ils ressemblent à ceux obtenus par les plus récents sondages canadiens sur la question.

    Ce que les résultats montrent, poursuit Nicolas Zorn, c’est que peu importe le genre, l’âge, le niveau de scolarité, l’endroit au Québec d’où l’on vient, « il existe un véritable consensus en faveur d’une réduction significative des inégalités sociales » et que le mieux placé, pour ce faire, est encore l’État.

    Débats publics, livre et grand rendez-vous

    La « Caravane citoyenne » de l’INM n’était que l’une des initiatives liées à une démarche beaucoup plus ambitieuse autour de la question des inégalités sociales qui a déjà mené l’Institut à mettre en ligne une « encyclopédie » sur la question dans son site Internet. Un jeu de simulation devrait y être aussi offert bientôt. On prévoit également la publication d’un ouvrage collectif, l’organisation d’assemblées délibératives dans chaque région et la tenue d’une conférence internationale à la fin du printemps. On doit conclure la démarche par un grand Rendez-vous national censé déboucher sur un rapport synthèse puis sur une tournée des médias et des décideurs économiques et politiques.

    « L’accroissement des inégalités est l’un des deux enjeux les plus importants de notre époque, l’autre étant les changements climatiques », déclare Nicolas Zorn, qui a été l’auteur, ces dernières années, de plusieurs études fouillées sur la question. « Sur le plan économique, si les pays riches ont toujours aussi peu de croissance cinq ans après la crise, c’est parce que les revenus de la classe moyenne stagnent depuis 30 ans. C’est beaucoup de productivité de perdue. C’est beaucoup de coûts de santé. Mais ce qu’on perd surtout, c’est beaucoup de chances de se réaliser personnellement à cause de la place où l’on naît, des écarts grandissants entre les conditions socioéconomiques et de la difficulté de plus en plus grande de les surmonter. »












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