Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous

    Inversion du pipeline 9B - Enbridge écoutera Québec, mais se pliera à la volonté d'Ottawa

    Le numéro 1 de l'entreprise a bon espoir d'obtenir l'accord des autorités

    Al Monaco, président et chef de la direction d’Enbridge
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Al Monaco, président et chef de la direction d’Enbridge
    Le président et chef de la direction d’Enbridge, Al Monaco, promet de remplir les conditions préalables à l’inversion du flux de la canalisation 9B fixées par l’Office national de l’énergie (ONE), mais pas nécessairement celles de l’Assemblée nationale du Québec.

    Enbridge n’écarte pas la possibilité de passer outre aux exigences posées éventuellement par le gouvernement du Québec avant l’arrivée de 300 000 barils de pétrole de l’Ouest à Montréal. « Il faudra voir. […] Le projet lui-même est de compétence de l’ONE. Je pense qu’il n’y a aucune question à ce sujet », a-t-il déclaré à la veille de l’étude parlementaire de son projet consistant à inverser le sens d’écoulement du pétrole de la ligne 9B en plus de tirer vers le haut le débit autorisé de 240 000 à 300 000 barils par jour.

    L’état-major de la compagnie albertaine passera au crible le rapport de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles, attendu au plus tard le vendredi 6 décembre, après quoi seulement elle indiquera si elle respectera toutes les exigences pouvant être suggérées par le groupe d’élus québécois.

    Enbridge trouve par exemple curieuse la contre-expertise indépendante commandée par le gouvernement péquiste afin d’établir un diagnostic de l’état de la canalisation enfouie dans le sol entre Montréal et Sarnia. « Nous devons être clairs, la procédure de l’ONE est extrêmement serrée, stricte. [L’organisme] dispose de son propre processus d’examen indépendant […] assurant l’intégrité des installations que nous avons en place », a indiqué M. Monaco en marge d’un déjeuner-causerie organisé par le Cercle canadien.

    L’ONE déterminera au début de l’année 2014 si le projet est dans l’intérêt du Canada et réalisable en toute sécurité, a-t-il soutenu. « C’est sa job. »

    Malgré tout, M. Monaco voit dans la consultation publique menée à l’Assemblée nationale un « exercice très positif ». À ses yeux, les députés membres de la commission feront oeuvre utile en prenant acte pendant les sept prochains jours des interrogations et des impressions de plusieurs Québécois, puis en les relayant à l’équipe de direction d’Enbridge. « Les commentaires que nous obtiendrons dans le cadre de ce processus seront certainement aussi utiles. Cela va nous informer, comme compagnie, s’il y a autres choses qui doivent être faites qui ont été en quelque sorte oubliées. […] L’objectif consiste à s’assurer que nous écoutons les vues du Québec. »

    M. Monaco s’est dit « très confiant » dans le fait de voir le projet d’inversion du flux de la ligne 9B, une canalisation de 38 ans, obtenir le feu vert de l’ONE ainsi que celui du gouvernement du Québec. Refusant de crier victoire, M. Monaco juge néanmoins « bonnes » les « probabilités » de voir le gouvernement péquiste donner son imprimatur au projet controversé.

    Pour le grand patron d’Enbridge — décrit comme l’homme d’affaires « au centre de la révolution énergétique nord-américaine » dans la dernière livraison du magazine Institutional Investor —, un approvisionnement en pétrole de l’Ouest est « de toute urgence » nécessaire pour le Québec.

    «Ils vont rester là»

    L’approvisionnement en pétrole canadien apportera une bouffée d’oxygène aux deux raffineries québécoises, Suncor (Montréal) et Valero (Lévis), de même qu’à l’ensemble de l’industrie pétrochimique, dont la chaîne du polyester, actuellement approvisionnée en pétrole d’outre-mer plus coûteux. « Si les raffineurs ont accès à de la matière première de façon compétitive, ils vont rester là. Ils vont certainement investir et ça, ça va permettre aussi à la chaîne d’avoir une chance d’être profitable », a dit le président de l’Association industrielle de l’Est de Montréal, André Brunelle.

    En plus des retombées économiques, « les citoyens veulent savoir » si la compagnie albertaine peut acheminer en toute sécurité, notamment à l’égard de l’environnement, 300 000 barils de pétrole dans la métropole québécoise, a-t-il admis lundi.

    M. Brunelle a tenté de rassurer les personnes craignant une hausse des émissions de gaz à effet de serre advenant le raffinage de pétrole de l’Ouest jugé plus polluant que celui de l’Europe ou de Nord de l’Afrique dans des installations québécoises. « L’air s’est grandement amélioré dans l’est de Montréal et ça, ça ne changera pas demain matin », a-t-il dit, aux côtés d’une poignée de membres de la coalition en appui au projet d’inversion de la canalisation 9B. Les raffineries ne peuvent modifier la proportion de pétrole léger et lourd qu’elles traitent en claquant des doigts, a-t-il insisté. « Donc, le pétrole, qu’il vienne de l’Ouest ou qu’il vienne de l’Est, il faut que ce soit le même genre. »

    Le numéro un d’Enbridge ne craint pas de voir la commission parlementaire se transformer en tribunal sur le pétrole albertain, y compris celui issu des sables bitumineux. Le bitume issu des sables bitumineux « n’est pas différent » des autres pétroles lourds, a fait valoir M. Monaco, lundi, faisant allusion à de « nombreuses études scientifiques ». « Ç’a été prouvé scientifiquement. »

    D’ailleurs, la « vaste majorité » du pétrole transporté à Montréal grâce au pipeline souterrain sera du pétrole léger. « C’est ce que les raffineries veulent », a répété M. Monaco, évoquant néanmoins la possibilité d’acheminer sans encombre du pétrole lourd de l’Ouest à Montréal par l’entremise de la canalisation 9B, « comme dans le passé ». « Il n’y aurait rien de neuf là-dedans. »

    Les représentants de la compagnie effectueront ce mardi une présentation devant la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles, après quoi ils se prêteront à une période de questions et réponses. L’exercice ne doit pas durer plus d’une heure quarante-cinq minutes.












    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.