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    De l’énergie à revendre

    Les besoins en pétrole iront s’accroissant, mais la soif d’or noir sera étanchée par l’exploitation de nouvelles ressources, souvent non conventionnelles, prévoit l’Agence internationale de l’énergie

    13 novembre 2013 |Agence France-Presse (photo) - Agence France-Presse | Actualités économiques
    Photo: Agence France-Presse (photo) Karen Bleier
    Londres – Les nouvelles ressources permettront de compenser le déclin des champs pétroliers existants pour répondre à la hausse de la demande d’or noir d’ici à 2035, tout en accroissant la compétitivité des pays producteurs, a prédit mardi l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

    Tirée par les pays émergents comme la Chine et l’Inde, notamment dans le secteur pétrochimique et les transports, la consommation mondiale de brut devrait atteindre 101 millions de barils par jour (mbj) en 2035, indique l’AIE dans son World Energy Outlook, sa grande étude prospective annuelle. Soit 14 mbj supplémentaires en un quart de siècle et 1,3 million de barils de plus que les 99,7 mbj anticipés l’an dernier.

    Parallèlement, la production des champs en activité chutera de plus de 40 mbj à cette échéance, et la part de pétrole conventionnel dans la consommation d’or noir reculera à 65 mbj, contre environ 70 actuellement.

    Pas de crise énergétique en vue, rassure toutefois l’AIE : les réserves estimées ont été revues en hausse grâce à la découverte de nouveaux puits de pétrole et au développement des hydrocarbures non conventionnels. « L’augmentation du pétrole non conventionnel (dont le pétrole de réservoirs compacts) et des liquides de gaz naturel permet de combler le fossé grandissant » entre la demande mondiale et la production de pétrole conventionnel, assure le bras énergétique de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

    Nouvelle donne mondiale

    Ces nouvelles ressources dites non conventionnelles feront des États-Unis le premier producteur pétrolier mondial en 2015 (avec environ 11 mbj) et mèneront le pays vers l’indépendance énergétique à l’horizon 2035, tout en lui conférant un avantage compétitif grâce à des prix bas. C’est surtout vrai pour le gaz. « Après la révolution du gaz de schiste, nous observons aujourd’hui une disparité majeure entre les États-Unis et le reste du monde : au Japon, les prix du gaz sont jusqu’à cinq fois plus élevés qu’aux États-Unis et trois fois plus élevés en Europe », « une énorme différence » qui pose « un problème structurel pour ces pays », a souligné Fatih Birol, chef économiste de l’AIE, devant la presse à Londres.

    Même si l’écart de prix devrait se réduire, « les États-Unis verront leur part dans les exportations de biens à forte teneur énergétique augmenter légèrement ». La part combinée de l’UE et du Japon devrait reculer d’un tiers dans les secteurs très énergivores, comme la chimie, l’acier, le verre et le papier. Dans le même temps, la production montera en puissance au Brésil grâce à la découverte de gisements offshore qui feront de ce pays un poids lourd du secteur.

    Mais on ne se trouvera pas pour autant à l’orée d’une nouvelle ère d’abondance, prévient l’AIE. Les nouveaux investissements se justifient surtout par les cours du brut. L’Agence table sur une progression du prix du baril autour de 128 $US en 2035 (en dollars constants), contre une centaine de dollars cette année, alors qu’elle tablait l’an dernier sur 125 $US.

    Le rôle croissant du Brésil et le pétrole non conventionnel en Amérique du Nord chamboulent, au moins temporairement, la géographie de la production. Le poids de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) ira en déclinant sur les dix prochaines années.

    « Cependant, nous ne croyons pas que cette tendance (d’augmentation de la production de pétrole non conventionnel) continuera après les années 2020. Elle atteindra un plateau puis déclinera à cause de la taille limitée des ressources », a prévenu Fatih Birol. Les États-Unis ne resteraient donc premier producteur mondial qu’une dizaine d’années. « Après ça, nous aurons besoin d’une augmentation substantielle de la production de pétrole du Moyen-Orient » qui est « crucial pour répondre à l’augmentation de la demande », a-t-il ajouté.

    La géographie de la demande sera également bouleversée par l’essor des émergents. La Chine sera le plus important consommateur devant les États-Unis en 2030 tandis que la consommation au Moyen-Orient dépassera celle de l’UE à la même date, estime l’AIE. Dès 2020, l’Inde sera « le principal moteur » de la croissance de la demande.

    Face à cette nouvelle donne, les capacités de raffinage seront redéployées en Asie et au Moyen-Orient. « D’ici à 2035, nous estimons que près de 10 mbj de la capacité mondiale de raffinage est en danger. Les raffineries de l’OCDE, et de l’Europe en particulier, sont parmi les plus vulnérables ».












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