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Le moteur de recherche se lance en Bourse - Les ambitions de Google pourraient relancer les «point com»

Reuters   27 octobre 2003  Actualités économiques
Prisé des surdoués d’Internet comme des profanes, Google est le deuxième moteur de recherche le plus utilisé au monde, derrière Yahoo!, et réalise 200 millions de recherches par jour en 88 langues parmi 3,3 milliards de pages indexées.
Photo : Agence Reuters
Prisé des surdoués d’Internet comme des profanes, Google est le deuxième moteur de recherche le plus utilisé au monde, derrière Yahoo!, et réalise 200 millions de recherches par jour en 88 langues parmi 3,3 milliards de pages indexées.
Le moteur de recherche sur Internet Google sélectionne actuellement la banque d'affaires à laquelle il confiera son projet d'introduction en Bourse, déclare-t-on de sources proches du dossier.

L'offre publique, qui pourrait avoir lieu au cours du premier semestre 2004, serait de nature à ranimer le marché des introductions en Bourse de valeurs technologiques, dans le coma depuis l'éclatement de la bulle spéculative qui s'était formée fin 1999 et début 2000 autour des valeurs Internet.

D'après l'une des sources, Google viserait une capitalisation boursière de 16 milliards $US, ce qui ne la placerait pas très loin de géants Internet tels que Yahoo! et Amazon.com. D'après une autre, citée par le Financial Times, Google pourrait générer une capitalisation boursière de 25 milliards $US, ce qui situerait sa valeur au-delà de celle du géant du commerce en ligne Amazon (22 milliards environ), talonnant une fois de plus Yahoo! (26 milliards).

De sources bancaires, on exclut toutefois un retour à l'euphorie de la fin des années 1990, époque où d'obscures sociétés «point com» aux noms ronflants et à l'enthousiasme inébranlable atteignaient des valorisations boursières pharaoniques avant parfois d'avoir pu extérioriser leur premier dollar de bénéfice.

«On ne va pas se remettre à vendre tout et n'importe quoi sur le Net», commente Ben Tompkins, directeur général de la banque d'investissement Broadview International. «Mais il y a toute une armée d'entreprises Internet bien gérées qui se sont développées avec une croissance vraiment bonne du chiffre d'affaires et de bonnes marges», ajoute-t-il.

D'après lui, les banques d'affaires n'accepteront d'introduire en Bourse des valeurs Internet que si trois conditions sont réunies: un chiffre d'affaires annuel de 100 millions $US, une marge d'exploitation de 30 % à 35 % et la réalisation d'un bénéfice sur au moins trois trimestres consécutifs.

Google, non coté et donc non tenu de publier ses résultats, engrangerait des bénéfices annuels de 150 millions pour un chiffre d'affaires de 500 millions, selon le Financial Times.

Quelques secteurs d'activités spécifiques à Internet ont survécu à l'hécatombe de l'an 2000: ce sont notamment les sites Web spécialisés dans la recherche de ristournes, les sites de rendez-vous, les réservations de voyages et les listes de recherche établissant un lien entre certaines publicités payantes et les mots-clés utilisés par les internautes dans leurs recherches. Ce dernier secteur assurerait la majeure partie du chiffre d'affaires de Google. Plusieurs dizaines de sociétés concurrentes s'affrontent sur ces segments, mais seuls les leaders du marché survivront, estiment les banquiers.

Quelques technologiques ont déjà réussi leur introduction en Bourse cette année, notamment le fournisseur de services Internet aux entreprises iPass, en juillet, et le fournisseur écossais de composants électroniques Wolfson Microelectronics, en octobre.

L'ascension fulgurante d'une étoile du Web

Le moteur de recherche américain Google, qui pourrait faire son entrée en Bourse au mois de mars, s'est hissé en cinq ans au panthéon d'Internet et son nom étrange appartient désormais au vocabulaire quotidien de centaines de millions d'utilisateurs à travers la planète.

Lancé en 1998, Google a été fondé par Larry Page et Sergey Brin, 30 ans tous les deux aujourd'hui, qui se sont rencontrés alors qu'ils étaient étudiants en informatique à la prestigieuse université de Stanford, en Californie. Leur coup de génie a été de mettre au point une technique de recherche par algorithmes permettant en un clin d'oeil de sélectionner les pages Web les plus pertinentes sur tous les thèmes possibles et imaginables, à une époque où seuls les initiés parvenaient à ne pas se noyer dans l'océan des informations disponibles sur la Toile.

Aujourd'hui, Google est le deuxième moteur de recherche le plus utilisé au monde, derrière Yahoo!, et réalise 200 millions de recherches par jour en 88 langues parmi 3,3 milliards de pages indexées. Il permet de trouver en un clin d'oeil des recettes de cuisine, des biographies, des actualités ou encore les traitements existants pour une maladie rare.

Prisé des surdoués d'Internet comme des profanes, Google est si populaire qu'il est entré dans le langage courant sous la forme du verbe to google. On google un thème, un restaurant, un film, un fiancé potentiel voire... soi-même, pour tester sa célébrité virtuelle.

À l'inverse de ses concurrents comme Yahoo!, qui offrent toute une palette de services Internet (accès à Internet, messagerie électronique, offres d'emplois, magasin en ligne, agence de voyage...), Google reste un pur moteur de recherche et se contente de proposer des textes, des photos et de l'actualité.

La société dont le siège social est situé à Mountain View, en Californie, vit de ses revenus publicitaires et de la vente de sa technologie aux plus grosses entreprises américaines et mondiales dont Time Warner et même son concurrent Yahoo!, qui n'a pas encore réussi à développer une technologie aussi performante.

Google doit son nom ludique et un peu barbare à une formule mathématique, 1 suivi de 100 zéros (le googol). Un chiffre supérieur au nombre de particules dans l'univers et qui témoigne de l'ambition de cette étoile du Web.
 
 
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