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    Technologies de l'information - Montréal pourrait devenir la capitale mondiale du numérique

    26 octobre 2013 |Claude Lafleur | Actualités économiques
    Le Grand Montréal se distingue par la qualité et la quantité de ses projets de développement du numérique.
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le Grand Montréal se distingue par la qualité et la quantité de ses projets de développement du numérique.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Montréal est reconnu comme une capitale mondiale en aéronautique, en sciences de la santé et en multimédia. C’est aussi l’un des pôles en technologies de l’information et des communications (TIC). Sur l’échiquier mondial, la ville est même considérée comme la capitale de l’innovation en ce domaine.

     

    Les technologies de l’information constituent l’un des fers de lance de l’économie montréalaise, puisque les TIC font travailler directement 92 377 personnes, soit plus de 8 % des emplois du Grand Montréal, comme le rapporte le plus récent profil de l’industrie dressé par TechnoMontréal. Depuis 10 ans, ce secteur aurait même connu une croissance deux fois plus rapide que l’ensemble de l’économie montréalaise.

     

    Le prestigieux Intelligent Community Forum vient d’ailleurs de reconnaître Montréal parmi les 21 métropoles intelligentes de l’année: le Grand Montréal se distingue par la qualité et la quantité de ses projets de développement du numérique et par la place prépondérante qu’occupe la culture au sein de la cité.

     

    TechnoMontréal mobilise

     

    « Nous sommes de grands innovateurs au Québec, déclare Alain Lavoie, président du conseil d’administration de TechnoMontréal. Quand on se promène à l’international, on se rend compte que les programmeurs québécois ont une excellente réputation. Et ce n’est pas être chauvin que de dire ça : nous avons une excellente réputation à travers la planète ! »

     

    De surcroît, Montréal jouit d’avantages concurrentiels qui pourraient lui permettre de devenir la capitale mondiale du numérique, estime TechnoMontréal. En effet, le plus récent portrait de ce secteur industriel démontre, chiffres à l’appui, que la ville se classe au premier rang nord-américain quant aux coûts d’exploitation et aux coûts d’imposition des entreprises en R-D, et au deuxième rang au niveau de l’imposition des entreprises.

     

    Par conséquent, il s’agit d’un secteur vibrant d’activités, puisque le Grand Montréal compte pas moins de 5000 entreprises en TIC.

     

    Conscient d’un tel potentiel, un petit groupe d’entrepreneurs, dont faisait partie Alain Lavoie, a créé en 2007 TechnoMontréal, qui se veut une grappe industrielle en TIC plutôt qu’une association. « Une grappe industrielle, indique le président du conseil d’administration, c’est un écosystème qui rassemble autant l’industrie, les universités, les centres de recherche, les cégeps ainsi que les gouvernements. Notre écosystème vise à faire grandir les technologies de l’information et des communications. On cherche donc à mobiliser tout le monde autour de grands enjeux, de grandes idées. »

     

    Difficile passage de petite à moyenne

     

    Des 5000 entreprises spécialisées en TIC, il y en aurait 3000 qui comptent moins de cinq employés, estime Alain Lavoie. « Il y en a peut-être de 1000 à 1500 qui comptent entre 6 et 50 employés et une centaine seulement ont 100 employés ou plus. »

     

    TechnoMontréal estime que 90 % des entreprises du secteur sont des PME, généralement de très petite taille. « Ce sont souvent des consultants qui travaillent parfois à deux ou à trois seulement et qui ne veulent pas grandir, illustre Alain Lavoie. C’est leur modèle d’affaires et c’est bien. »

     

    Il avoue du coup qu’il y a peut-être là un « problème » malgré la vivacité du secteur. En effet, de très nombreuses PME ont un chiffre d’affaires de moins de deux millions de dollars par année « et beaucoup ne sont pas capables de franchir ce cap ».

     

    « Pourquoi ? Parce que toute entreprise de 20 employés ou moins est de type familial », dit-il. C’est-à-dire qu’il n’y a souvent qu’un patron et quelques employés. Or, pour passer à la taille suivante, il faut se doter d’une structure de gestion et de cadres intermédiaires. « Il faut que le patron sache déléguer, ce qui n’est pas évident !, lance M. Lavoie. Et c’est l’un des éléments qui font que les entreprises ne grandissent pas. »

     

    Un autre obstacle est la commercialisation des produits des petites PME. « Au Québec, on est très bon pour développer des produits et on dispose, pour ce faire, de beaucoup d’aide financière de la part des gouvernements, avance Alain Lavoie, et c’est très bien. Toutefois, on manque d’aide pour la commercialisation et pour l’exportation de ce que nous faisons si bien. Je dirais que, là-dedans, on n’est pas vraiment bon en ce moment. »

     

    Plan de M@tch

     

    Alain Lavoie cite en exemple sa propre PME. « Mon associé et moi sommes en affaires depuis 18 ans, dit-il. Nous avons développé une belle technologie et nous n’avons que trois concurrents à travers le monde ! » C’est ainsi qu’Irosoft commercialise des logiciels qui aident les avocats et les législateurs à rédiger de meilleurs lois et règlements. « Nous sommes dans le domaine de la documentation juridique, précise M. Lavoie, et nous vendons notre système partout sur la planète. »

     

    Cependant, comme il l’avoue lui-même, « la vente, ce n’est pas notre force, puisque nous n’avons pas été formés pour ça ! Mon associé et moi sommes des informaticiens et nous n’avons pas été formés pour vendre nos produits. »

     

    « Comme “vendeurs”, nous attendions que le téléphone sonne, poursuit-il. C’étaient en fait nos clients qui nous dirigeaient vers d’autres clients… Nous n’étions pas proactifs au niveau de la commercialisation. »

     

    Comme tout entrepreneur, M. Lavoie avoue être naturellement porté à investir dans le développement de produits plutôt que dans le marketing. Ce n’est d’ailleurs que depuis trois ans qu’Irosoft s’est dotée d’une équipe de ventes.

     

    À partir de sa propre expérience, il constate que les PME ont besoin d’être accompagnées pour grandir. À cette fin, TechnoMontréal vient de mettre sur pied un programme de mentorat baptisé Plan de M@tch. Conçu « par l’industrie pour l’industrie », celui-ci doit permettre à des PME à fort potentiel de croissance de relever leurs défis en bénéficiant du soutien de dirigeants de l’industrie des TIC. « Nous cherchons à faire passer les entreprises qui ont un chiffre d’affaires de 1 à 2 millions pour les emmener à 10, 15 ou 20 millions, précise Alain Lavoir. Plan de M@tch s’adresse à des entreprises comme la mienne ; à partir d’un bon diagnostic, des mentors bénévoles guideront chaque entreprise dans son développement. De la sorte, elles réaliseront leur plein potentiel. »

     


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