La Banque du Canada publie son rapport sur la politique monétaire - David Dodge reste optimiste
Malgré la flambée du dollar, l'économie canadienne devrait se raffermir dès les derniers mois de 2003
Photo : Agence Reuters
Selon David Dodge et la Banque du Canada, le rythme de la croissance devrait atteindre 3 % au deuxième trimestre 2003 et s’élever à 3,25 % en moyenne pour l’ensemble de l’année 2004.
La Banque du Canada a continué hier à se montrer optimiste face à l'avenir en dépit de la rapide appréciation du dollar canadien. N'en révisant pas moins à la baisse ses prévisions de croissance et d'inflation, elle a en effet dit croire, dans son rapport sur la politique monétaire, que le pays saura finalement tirer parti de sa situation économique saine et de la reprise économique mondiale.
Pendant ce temps, le dollar canadien a poursuivi son ascension en gagnant 0,72 ¢ par rapport au dollar américain, clôturant à 76,69 ¢US, un sommet en dix ans pour une devise qui se transigeait encore à 63,39 ¢US au début de l'année.
Dans son deuxième rapport semestriel de l'année, la banque centrale a reconnu que la flambée du dollar canadien et la série de «chocs inhabituels» du SRAS, de la vache folle, de la panne d'électricité en Ontario et des feux de forêt dans l'Ouest avaient eu un effet néfaste sur l'économie. À tel point d'ailleurs qu'elle a jugé bon de faire passer de 2,5 % à 1,5 % ses prévisions de croissance économique faites en avril pour les trois premiers trimestres de l'année 2003.
«L'inflation a aussi baissé plus rapidement et davantage que prévu», a reconnu le gouverneur de la banque, David Dodge, dans une déclaration officielle. D'ici le milieu 2005, elle devrait, croit-il, rester bien en deçà du taux cible de 2 % que s'est fixé l'institution, ne dépassant pas 1,5 % cette année et tombant même à 1 % l'an prochain dans un processus de résorption de capacités excédentaires.
La Banque du Canada ne s'attend toutefois pas moins à un raffermissement de l'économie canadienne dès les trois derniers mois de cette année «grâce surtout, explique-t-elle, à la solidité de la dépense des ménages et à la hausse des investissements des entreprises. Le renforcement de la croissance à l'étranger devrait aussi insuffler un élan aux exportations des biens et services canadiens», a-t-elle ajouté, même si ces derniers seront sans doute «freinés par l'appréciation de notre monnaie», avoue-t-elle.
Le rythme de la croissance devrait ainsi atteindre 3 % au deuxième trimestre 2003 et s'élever à 3,25 % en moyenne pour l'ensemble de l'année 2004.
«Ces perspectives sont entachées de risques importants», reconnaît la Banque du Canada. «Il y a notamment incertitude quant à l'évolution probable des taux de change des grandes monnaies ainsi qu'à son incidence sur l'économie canadienne, dit-elle. On ne sait pas non plus si l'expansion de l'économie des États-Unis se poursuivra au-delà du premier semestre 2004.»
Faut-il baisser les taux d'intérêt?
Cette analyse de la situation n'a pas eu l'heur de plaire hier aux industries frappées de plein fouet par la brusque appréciation du dollar canadien. Elles auraient voulu entendre la Banque du Canada parler d'un plus grand assouplissement de sa politique monétaire à la première occasion venue, soit à sa prochaine réunion, le 2 décembre.
«Ces mouvements de la monnaie n'ont plus aucun rapport avec la réalité économique canadienne», a déploré par voie de communiqué le président-directeur général de l'Association des produits forestiers du Canada, Avrim Lazar, qui faisait hier une sortie commune avec les représentants canadiens du secteur minier, du secteur chimique ainsi que des manufacturiers et exportateurs. «Lorsque le dollar canadien change plus vite que l'économie, des emplois canadiens sont perdus», a-t-il ajouté, rappelant la perte de 60 000 emplois manufacturiers depuis le début de l'année.
«La Banque du Canada se trouve présentement dans une zone grise», constate François Dupuis, chef économiste adjoint au Mouvement Desjardins. «Tout le monde sait que le dollar américain continuera à long terme à se déprécier. C'est une tendance planétaire contre laquelle la Banque du Canada ne peut pas faire grand-chose, à moins de changer de façon radicale sa politique monétaire. Elle n'a pas intérêt à bouger tant qu'on n'aura pas clairement observé des impacts négatifs importants» attribuables au taux de change, croit-il. À moins, bien sûr, précise-t-il, que le dollar n'atteigne un niveau clairement néfaste de 77,50 ¢ à 80 ¢US et qu'il y reste plusieurs semaines.
Actuellement à 2,75 %, le taux directeur de la Banque du Canada a déjà été diminué à deux reprises depuis le mois de juin, d'un quart de point de pourcentage à chaque occasion, pour tenir compte du ralentissement économique au pays. Il demeure toutefois nettement supérieur au taux record de 1 % appliqué depuis la fin juin par la Réserve fédérale américaine.
Le dollar américain a continué à reculer hier par rapport aux autres grandes monnaies. Résultat entre autres des dernières déclarations du secrétaire américain au Trésor, John Snow, selon qui les autorités américaines continuaient de soutenir la politique du dollar fort et que personne n'a cru, l'euro a ainsi gagné près d'un cent et demi par rapport au dollar, passant de 1,166 $US à 1,181 $US, alors que la livre sterling passait de 1,67 $US à 1,69 $US et qu'un dollar américain ne valait plus que 108,96 yens, comparativement à 109,62 yens la veille.
Seule autre grande valeur refuge, l'or s'est lui aussi fortement apprécié hier, gagnant en un seul jour 4,80 $US en passant de 381,70 $US l'once à 386,50 $US.
Pendant ce temps, le dollar canadien a poursuivi son ascension en gagnant 0,72 ¢ par rapport au dollar américain, clôturant à 76,69 ¢US, un sommet en dix ans pour une devise qui se transigeait encore à 63,39 ¢US au début de l'année.
Dans son deuxième rapport semestriel de l'année, la banque centrale a reconnu que la flambée du dollar canadien et la série de «chocs inhabituels» du SRAS, de la vache folle, de la panne d'électricité en Ontario et des feux de forêt dans l'Ouest avaient eu un effet néfaste sur l'économie. À tel point d'ailleurs qu'elle a jugé bon de faire passer de 2,5 % à 1,5 % ses prévisions de croissance économique faites en avril pour les trois premiers trimestres de l'année 2003.
«L'inflation a aussi baissé plus rapidement et davantage que prévu», a reconnu le gouverneur de la banque, David Dodge, dans une déclaration officielle. D'ici le milieu 2005, elle devrait, croit-il, rester bien en deçà du taux cible de 2 % que s'est fixé l'institution, ne dépassant pas 1,5 % cette année et tombant même à 1 % l'an prochain dans un processus de résorption de capacités excédentaires.
La Banque du Canada ne s'attend toutefois pas moins à un raffermissement de l'économie canadienne dès les trois derniers mois de cette année «grâce surtout, explique-t-elle, à la solidité de la dépense des ménages et à la hausse des investissements des entreprises. Le renforcement de la croissance à l'étranger devrait aussi insuffler un élan aux exportations des biens et services canadiens», a-t-elle ajouté, même si ces derniers seront sans doute «freinés par l'appréciation de notre monnaie», avoue-t-elle.
Le rythme de la croissance devrait ainsi atteindre 3 % au deuxième trimestre 2003 et s'élever à 3,25 % en moyenne pour l'ensemble de l'année 2004.
«Ces perspectives sont entachées de risques importants», reconnaît la Banque du Canada. «Il y a notamment incertitude quant à l'évolution probable des taux de change des grandes monnaies ainsi qu'à son incidence sur l'économie canadienne, dit-elle. On ne sait pas non plus si l'expansion de l'économie des États-Unis se poursuivra au-delà du premier semestre 2004.»
Faut-il baisser les taux d'intérêt?
Cette analyse de la situation n'a pas eu l'heur de plaire hier aux industries frappées de plein fouet par la brusque appréciation du dollar canadien. Elles auraient voulu entendre la Banque du Canada parler d'un plus grand assouplissement de sa politique monétaire à la première occasion venue, soit à sa prochaine réunion, le 2 décembre.
«Ces mouvements de la monnaie n'ont plus aucun rapport avec la réalité économique canadienne», a déploré par voie de communiqué le président-directeur général de l'Association des produits forestiers du Canada, Avrim Lazar, qui faisait hier une sortie commune avec les représentants canadiens du secteur minier, du secteur chimique ainsi que des manufacturiers et exportateurs. «Lorsque le dollar canadien change plus vite que l'économie, des emplois canadiens sont perdus», a-t-il ajouté, rappelant la perte de 60 000 emplois manufacturiers depuis le début de l'année.
«La Banque du Canada se trouve présentement dans une zone grise», constate François Dupuis, chef économiste adjoint au Mouvement Desjardins. «Tout le monde sait que le dollar américain continuera à long terme à se déprécier. C'est une tendance planétaire contre laquelle la Banque du Canada ne peut pas faire grand-chose, à moins de changer de façon radicale sa politique monétaire. Elle n'a pas intérêt à bouger tant qu'on n'aura pas clairement observé des impacts négatifs importants» attribuables au taux de change, croit-il. À moins, bien sûr, précise-t-il, que le dollar n'atteigne un niveau clairement néfaste de 77,50 ¢ à 80 ¢US et qu'il y reste plusieurs semaines.
Actuellement à 2,75 %, le taux directeur de la Banque du Canada a déjà été diminué à deux reprises depuis le mois de juin, d'un quart de point de pourcentage à chaque occasion, pour tenir compte du ralentissement économique au pays. Il demeure toutefois nettement supérieur au taux record de 1 % appliqué depuis la fin juin par la Réserve fédérale américaine.
Le dollar américain a continué à reculer hier par rapport aux autres grandes monnaies. Résultat entre autres des dernières déclarations du secrétaire américain au Trésor, John Snow, selon qui les autorités américaines continuaient de soutenir la politique du dollar fort et que personne n'a cru, l'euro a ainsi gagné près d'un cent et demi par rapport au dollar, passant de 1,166 $US à 1,181 $US, alors que la livre sterling passait de 1,67 $US à 1,69 $US et qu'un dollar américain ne valait plus que 108,96 yens, comparativement à 109,62 yens la veille.
Seule autre grande valeur refuge, l'or s'est lui aussi fortement apprécié hier, gagnant en un seul jour 4,80 $US en passant de 381,70 $US l'once à 386,50 $US.
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