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    Ottawa accusé de mener une politique commerciale à courte vue

    L’ancien haut dirigeant de Provigo, de Bombardier et de la Bourse de Montréal, Pierre Lortie, estime que le gouvernement fédéral mène une politique commerciale à courte vue. Le conseiller principal d’affaires au cabinet d’avocats Dentons a appelé jeudi les décideurs politiques, mais également les gens d’affaires, à « élargir [leurs] horizons à l’extérieur de [leurs] marchés traditionnels ».

    M. Lortie a notamment qualifié la politique commerciale à l’égard de l’Asie de « déficiente ».« Le Canada n’a conclu aucun accord de libre-échange avec un pays asiatique, bien que trois de nos cinq principaux marchés d’exportation sont en Asie [la Chine, le Japon et la Corée du Sud] », a-t-il déploré à l’occasion d’une table ronde du World Trade Centre Montréal. « L’isolement relatif […] est lourd de conséquences. »

    La part du marché global des exportations canadiennes s’est effritée au fil des dernières années, passant de 4,5 % en 2000 à 2,7 % en 2010. « La performance du Québec est encore moins reluisante », a spécifié M. Lortie. En effet, la valeur des exportations québécoises a fléchi de 1,6 % en moyenne de 2007 à 2011, tandis que celle du Rest of Canada s’est accrue de 0,4 % en moyenne durant la même période. « Notre position concurrentielle est souvent compromise », a-t-il fait valoir.

    En Asie, la Corée du Sud constitue le troisième marché le plus important pour les produits agricoles canadiens. Mais encore pour longtemps ? L’accord de libre-échange États-Unis -Corée du Sud prévoit l’élimination graduelle, d’ici à 2016, des droits de douane sur les importations de porc congelé et transformé. Le tarif applicable aux importations provenant du Québec demeurera quant à lui à 25 %, a-t-il illustré. « Il ne faut pas être grand clerc pour en saisir les conséquences. »

    M. Lortie a plaidé jeudi l’« urgence » de conclure des accords de libre-échange, non tous azimuts, mais plutôt avec des États « dont le marché compte pour [le Canada, et le Québec] ». Il souhaite voir une « prise de position sans équivoque » des gens d’affaires et des acteurs politiques pour la conclusion d’accords de libre-échange avec des « partenaires substantiels », citant l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud et la Chine. Il les presse également de redoubler d’efforts pour développer d’étroites relations canado-asiatiques. « La Chine n’est pas un marché si difficile que ça à pénétrer. Il faut y aller. Il faut y aller régulièrement. »

    Le gouvernement canadien participera cette semaine à une réunion des principaux négociateurs du Partenariat transpacifique (PTP) à Washington, a indiqué jeudi le ministre du Commerce international, Ed Fast. « Notre gouvernement est résolu à aider nos exportateurs à prendre de l’expansion et à réussir sur les grands marchés dynamiques et à croissance rapide de l’Asie-Pacifique », a déclaré l’élu par voie de communiqué.

    Le conseiller principal d’affaires chez Dentons voit d’un mauvais oeil la décision du gouvernement fédéral de « mettre tous ses oeufs » dans des négociations du PTP. « C’est une erreur, a-t-il dit. Le gros des participants dans cette négociation-là a déjà des accords de libre-échange avec le Canada. Seule l’Indonésie serait intéressante. »

    En fixant les taux de croissance des pays asiatiques dans le PTP, les acteurs politiques perdent de vue la valeur absolue de nos exportations : les États-Unis (plus de 75 %), l’Union européenne (8 %) et l’Asie (environ 9 %), a déploré M. Lortie, appelant le Canada et le Québec à reconnaître l’existence de « trois grandes régions d’un poids économique comparable ».

    M. Lortie suggère en revanche à Ottawa de tenter de décrocher un accord avec l’Association de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).

    S’il est favorable à la participation du Canada aux discussions du PTP, l’ancien délégué du Québec à New York John Parisella n’est pas convaincu qu’un accord « va faire une grande grande différence ultimement ».

    « Comment se fait-il qu’avec toutes ces négociations bilatérales, régionales, où tellement de partenaires commerciaux sont prêts à faire des concessions commerciales, on n’arrive pas […] à le faire à Doha pour tout le monde ? », s’est pour sa part impatienté l’ancien ministre fédéral Pierre Pettigrew. Le conseiller de direction aux affaires internationales chez Deloitte invite les membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à lancer une nouvelle ronde de négociations, à arriver à un accord, puis à y prendre part à leur convenance. « Tu rentres quand tu es prêt ! »
     
     
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