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    BlackBerry quittera la Bourse ou y restera?

    Ce qui motive une entreprise à sortir du marché public

    Les dirigeants de BlackBerry favoriseraient une sortie de la Bourse.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Spencer Platt Les dirigeants de BlackBerry favoriseraient une sortie de la Bourse.
    La rumeur fait s’envoler le titre de BlackBerry

    Toronto – Les actions de BlackBerry étaient en forte hausse, vendredi, à la suite de la publication d’informations voulant que son chef de la direction et son conseil d’administration soient de plus en plus favorables à l’idée de se retirer de la Bourse.

    Le titre du fabricant canadien de téléphones intelligents, qui avait auparavant pour nom Research in Motion, affichait un gain de 54 ¢, ou 5,68 %, à 10,05 $, à la Bourse de Toronto, tandis qu’il valait 9,76 $US, en progression de 53 ¢US, sur le marché Nasdaq.

    L’agence de presse Reuters a rapporté jeudi que plusieurs sources, qui n’ont pas été identifiées, affirmaient qu’une privatisation était envisagée, bien qu’une entente à ce sujet ne soit pas imminente.

    Le chef de la direction de BlackBerry, Thorsten Heins, et son conseil d’administration cherchent à relancer les affaires de l’entreprise, qui fait face à la vive concurrence d’Apple et son iPhone de même que de Samsung et ses appareils Android, entre autres.

    Des pressions sont exercées sur le conseil et le dirigeant de BlackBerry afin qu’ils apportent des changements à la stratégie de la société.

    La Presse canadienne

    Si la Bourse « n’aime pas » une entreprise, celle-ci n’y trouve plus la liquidité dont elle a besoin.

     

    Autrefois rarissimes et plutôt considérées comme une punition des marchés financiers ou un signe de mauvaise santé, les sorties de cotation se sont multipliées depuis l’éclatement de la crise financière, après avoir connu un premier pic à la faveur de l’explosion de la bulle Internet en 2001.

     

    Dernier en date, c’est l’ancienne étoile canadienne des téléphones intelligents, BlackBerry, qui pourrait tourner le dos à la Bourse. Soucieux de retrouver un peu de sérénité pour envisager son avenir sans ressentir la pression des marchés, le fabricant de terminaux téléphoniques devra toutefois convaincre des investisseurs, fonds ou autres, pour le sortir de la cote après s’y être effondré : l’action de l’ex-RIM a perdu plus de 19 % depuis le début de l’année -la capitalisation boursière représente 4,8 milliards alors qu’elle culminait à 84 milliards en 2008.

     

    Le groupe canadien a eu récemment des discussions avec le fonds de capital investissement Silver Lake Partners, selon Reuters. Cela fait plus de deux ans que des fonds de capital investissement rôdent autour de BlackBerry mais ils n’ont pour l’instant trouvé aucun moyen de monter une transaction.

     

    Être coté peut coûter cher

     

    Nombreuses et diverses sont les entreprises à entrer en Bourse pour procéder à une augmentation de capital. Et inversement, nombreuses et diverses sont celles à sortir de la cote, à passer de « publiques à privées » pour différentes raisons, et à chercher des solutions pour trouver de l’argent frais.

     

    Si une entreprise cotée bénéficie d’une capitalisation et d’une notoriété suffisantes, il n’est pas forcément intéressant pour elle de rester cotée. La cotation implique en effet plusieurs contraintes : publication des comptes, respect des règles de la plateforme de trading, vulnérabilité aux soubresauts du marché, impact de la réputation sur le cours de l’action, pression des actionnaires sur la stratégie de l’entreprise…

     

    Ce sont ensuite les frais liés à l’introduction en Bourse (initial public offering, ou IPO), puis les frais de courtage qui peuvent décourager les administrateurs d’une entreprise. Etre coté sur Euronext ou au Shanghai Stock Exchange n’est bien entendu pas gratuit, et le prix du courtage, encaissé par la plateforme de trading, a tendance à augmenter depuis le début de la crise financière, du fait d’une forte diminution du volume des valeurs échangées. Cette inflation des coûts peut aussi dissuader les entreprises d’être cotées sur plusieurs marchés, ce qui n’est pas rare pour une multinationale.

     

    Certaines règles liées à l’actionnariat peuvent également entraîner, mécaniquement, une sortie de cotation : si un actionnaire devient majoritaire en acquérant plus de 33 % des titres, il peut lancer une offre publique d’achat (OPA) sur le reste des titres, convaincre les actionnaires de vendre en leur proposant un juteux premium par rapport au cours de l’action, et faire sortir l’entreprise de la Bourse.

     

    De même, si un actionnaire détient 95 % ou plus du capital, il a obligation de lancer une offre d’achat sur les 5 % restants aux mains du public. Il s’agit alors d’un retrait « forcé » de la cote.

     

    Si la Bourse « n’aime pas » une entreprise, celle-ci n’y trouve plus la liquidité dont elle a besoin, et il n’est plus intéressant de rester coté, en raison des coûts. Ce fut le cas de nombreuses start-up après l’éclatement de la bulle Internet en 2001. Entrées trop vite sur les marchés, ces jeunes pousses n’avaient pas fait leurs preuves et avaient été délaissées par les investisseurs.

     

    Plus flamboyantes, certaines sorties de cotation reflètent le décalage entre ce que vaut l’entreprise en Bourse et ce que ses dirigeants imaginent qu’elle vaut. Ces derniers peuvent alors menacer publiquement de sortir de la cote pour voir si cela fait remonter le cours. La stratégie est courante, mais elle paie rarement.

     

    Enfin, les différences de vue entre actionnaires et dirigeants peuvent trouver une ultime solution dans une sortie de cote, qui permet de concentrer le pouvoir décisionnaire et une gouvernance plus unanime de l’entreprise.

     

    La sortie de cotation est l’aboutissement d’un processus qui prend généralement plusieurs mois. Le plus souvent, c’est parce qu’une entreprise a besoin de liquidités, et que la Bourse ne peut plus lui en fournir, qu’elle envisage un rachat, par elle-même ou d’autres investisseurs, de ses parts et une sortie de la cote. Et dans la majorité des cas, il faut convaincre des fonds de capital-investissement de mettre la main au portefeuille.

     

    Parfait exemple de ce type de transaction, le fabricant d’instruments de musique américain Steinway a conclu début juillet son rachat par le fonds Kohlberg and Company pour 438 millions $US, qui devrait se solder prochainement par une sortie de Bourse. Ironiquement, une fois que le projet est dévoilé, le titre en profite : l’action Steinway a ainsi bondi de 15 % le jour de l’annonce, les acheteurs pouvant être attirés par une annonce de rachat.

     

    Dans la grande majorité des cas, la sortie de Bourse est financée par de la dette : le rachat du capital se fait grâce à la participation d’un investisseur financier (généralement un fonds de capital-investissement) qui met sur pied un montage de type LBO [à effet de levier].

     

    Même si elle se révèle au final efficace sur les comptes et la gouvernance d’une entreprise, une sortie de cote est pourtant rarement bien perçue par les acteurs économiques. D’une part car elle revient souvent à « exproprier » les petits actionnaires, d’autre part parce qu’il s’agit d’une procédure exigeante, qui demande un investissement important en temps et en argent. Enfin, en sortant de la Bourse, une entreprise se prive d’un levier pour éventuellement racheter un concurrent.

     
     
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