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    Il était une fois des usines…

    31 juillet 2013 |Jacques Houle - Saint-Hyacinthe | Actualités économiques
    La pétrolière Shell a fermé sa raffinerie de Montréal-Est en 2010. Quelque 500 personnes ont perdu leur emploi.
    Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes La pétrolière Shell a fermé sa raffinerie de Montréal-Est en 2010. Quelque 500 personnes ont perdu leur emploi.

    Il était une fois des usines qui, au Québec, étaient le moteur d’une croissance économique forte et une source privilégiée de création d’emplois. De surcroît, dans des centaines de municipalités, particulièrement en région, la scierie et l’usine à papier ou de textile étaient non seulement les seules sources d’emplois permanents bien rémunérés, mais encore, les poumons de l’économie locale.

     

    Il faut se rappeler, également, que c’est en grande partie la richesse créée par l’industrie manufacturière qui a financé la mise sur pied de l’État-providence.

     

    Hélas, notre secteur industriel s’est peu à peu fragilisé. D’abord, les secteurs manufacturiers traditionnels comme la chaussure, le meuble, la confection de vêtements et le textile ont été frappés de plein fouet par la concurrence impitoyable des pays émergents à bas salaire. Puis, au tournant des années 2000, le rythme de la désindustrialisation s’est accéléré avec son lot supplémentaire de manufactures fermées et de postes détruits. La liste des entreprises où la direction a mis la clé dans la porte est presque sans fin : General Motors, Ingersoll Rand, Domtar, AbitibiBowater, Shell, Electrolux, Mabe, etc.

     

    Saignée des emplois

     

    Dans la foulée de cette déconstruction de notre tissu productif, on constate, sans surprise, une saignée des emplois manufacturiers. En 2000, par exemple, une personne active sur cinq prenait encore le chemin de l’usine ; aujourd’hui, un travailleur sur dix seulement peut y trouver son gagne-pain. Le pouvoir d’achat des travailleurs baisse, les ménages s’endettent, et les régions se vident de leur monde…

     

    Cette hécatombe industrielle serait-elle passée inaperçue ? Pas vraiment : en fait, chaque fois que des voix s’élevaient pour déplorer le déclin manufacturier du Québec, de nombreux experts répondaient que la désindustrialisation était universelle, qu’elle était, en quelque sorte, un passage obligé vers la société post-industrielle. Or, nous voulons rappeler ici, à l’encontre de cette croyance, que la production industrielle mondiale n’a pas chuté, mais au contraire, qu’elle a plus que doublé de 1950 à 1999. Mais ce sont les pays émergents qui ont su tirer parti de cette nouvelle manne industrielle. La Chine en profita pour se hisser au deuxième rang de l’économie mondiale. En revanche, le Québec, qui s’est délesté d’une partie importante de son patrimoine industriel, a connu une croissance médiocre.

     

    Seuil critique

     

    Les conséquences négatives de son affaiblissement industriel sont multiples : les exportations vers les États-Unis ont baissé de 36,7 % et l’excédent commercial de 10 milliards par an s’est transformé en un déficit annuel de 30 milliards par année en un peu plus d’une décennie.

     

    Et il y a quelques jours, l’Institut de la statistique du Québec nous informait que le PIB du Québec s’était contracté en avril, en raison essentiellement d’une baisse de 1,7 % dans le secteur de la fabrication. Cette dernière baisse est la huitième à survenir au cours des 12 derniers mois.

     

    De toute évidence, le déclin manufacturier québécois a atteint un seuil critique. Certes, Montréal n’est pas Detroit et le Québec n’est pas la Grèce ! Mais il faut agir : il y va de l’emploi et de l’avenir des régions.













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