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    Haïti - Labrousse, un exemple de développement signé FODES-5

    18 mai 2013 |Marie-Hélène Alarie | Actualités économiques
    L’éducation est l’un des champs d’intervention de la FODES-5, une organisation haïtienne privée philanthropique, laïque et apolitique.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Jaime Razuri L’éducation est l’un des champs d’intervention de la FODES-5, une organisation haïtienne privée philanthropique, laïque et apolitique.

    À Haïti, de petits miracles ont lieu tous les jours, même s’il est parfois difficile de les apercevoir. Les organismes qui oeuvrent dans le développement économique et social y sont pour quelque chose, et parmi eux, FODES-5 est un grand faiseur de miracles.


    Lors de sa création, en 1998, l’organisme FODES-5 (Fondation pour le développement économique et social) s’est donné pour mission d’aider les populations locales à développer des stratégies économiques et des services sociaux de base visant à améliorer leur qualité de vie. Quinze ans plus tard, on peut voir le fruit de plusieurs années d’efforts soutenus de la part d’une communauté unie.


    Alfred Étienne est le coordonnateur général de la FODES-5 et François Merisma, son président du conseil d’administration. Ce dernier est aussi directeur de la programmation. Tous deux ont bien voulu répondre à nos questions pour mieux connaître les actions de la FODES-5. « FODES-5, c’est d’abord une initiative communautaire pour répondre à un besoin », lance d’emblée Alfred Étienne, qui faisait partie de la première génération à quitter la zone pour étudier à l’étranger.


    Aujourd’hui, il revient monter une structure visant à améliorer les conditions de vie des habitants de cette zone. Cette zone dont parle M. Étienne est une région enclavée et assez isolée qui se situe entre Jacmel et Les Cayes et dont le plus important village est Labrousse.

     

    Secteurs d’intervention


    Au départ, on a vite ciblé quatre secteurs d’intervention, là où les besoins étaient les plus criants : l’agriculture, la santé, l’éducation et les ressources naturelles : « Nous avons vite compris que le processus de développement ne peut être vertical, mais qu’il doit être de préférence horizontal. C’est pourquoi nous avons travaillé directement sur le terrain avec les paysans. Pendant les cinq premières années d’existence de la fondation, nous avons mis sur pied l’organisation de base en créant des structures organisationnelles communautaires, démocratiques et décentralisées pour pouvoir répondre aux besoins », explique M. Étienne.


    Aujourd’hui, FODES-5 compte plus de 7000 membres. Ces premières années ont aussi été mises à profit pour cerner les ressources naturelles et humaines présentes dans la zone. Après cette phase consacrée à des études de terrain, « nous avons attiré l’attention de l’ACDI [Agence canadienne de développement international] et du MRI [ministère des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur du gouvernement du Québec] qui ont commencé à financer des projets porteurs de changements dans notre région », ajoute Alfred Étienne.


    Créer des revenus


    Comme on le voit, aux yeux de la FODES-5, l’agriculture apparaît comme l’un des secteurs importants de l’économie locale. « L’agriculture est considérée comme un des éléments de l’ensemble des activités génératrices de revenus, affirme François Merisma. Notre mission est d’amener les gens à réfléchir et à les accompagner afin de créer des conditions favorables à la création de richesse à partir des ressources naturelles et humaines. C’est un processus long et qui demande de l’énergie. »


    Depuis plusieurs années, Haïti subit un grave déclin environnemental, la production agricole a largement baissé dans la région. Depuis 2009, nous travaillons sur cet aspect. C’est long et difficile, mais nous sommes sur la bonne voie. Les façons de faire de la population et les us et coutumes des producteurs agricoles commencent à changer », nous explique François Merisma. On a mis sur pied un système de distribution de la nourriture, et parfois, on arrive même à vendre des surplus sur les marchés locaux.


    Au niveau des services de santé depuis 2007, la FODES-5 a travaillé avec l’ACDI et la CSI (Collaboration santé internationale) pour construire un centre de santé. « Dans la région, on rencontre des maladies comme l’hypertension artérielle, des maladies de la peau et des problèmes d’infestations parasitaires et de malnutrition chez les enfants », raconte M. Merisma.

     

    L’école pour tous


    L’un des secteurs où la fondation est la plus active et très présente sur le terrain est celui de l’éducation. « Ici, en matière d’éducation, notre mission n’est pas seulement de construire des écoles, mais, de manière beaucoup plus globale, de contribuer à assurer la disponibilité d’une éducation de qualité aux enfants de la région. C’est-à-dire fournir aux enfants les compétences nécessaires pour devenir des citoyens engagés et utiles au processus de développement de leur famille, de leur communauté et de leur pays en général », explique M. Merisma.


    Dans la région, depuis 2003, on obtient un ratio de fréquentation des écoles de plus de 90 % parmi les enfants en âge d’aller à l’école. C’est pourquoi aujourd’hui la FODES-5 oriente ses efforts vers l’amélioration des services afin d’offrir une éducation de meilleure qualité.


    En 2010, la FODES-5 a lancé un programme de formation professionnelle pour les jeunes de 15 à 25 ans peu ou pas alphabétisés. « C’est le programme qui me rend le plus fier de participer à l’organisation FODES », nous dit, ému, M. Merisma.


    Cette formation consiste en des stages pratiques de 14 mois où les jeunes apprennent auprès de maîtres-artisans expérimentés. Des animateurs sont quant à eux chargés du volet théorique. On offre aussi un cours d’entrepreneuriat qui est basé sur la citoyenneté et le savoir-faire et où on apprend à gérer une entreprise. François Merisma ajoute qu’« on a pu négocier avec une coopérative pour octroyer les crédits nécessaires pour démarrer leur entreprise ». Ces stages sont offerts dans plusieurs secteurs, dont le travail du fer et du bois, l’agroforesterie, l’apiculture et la mécanique automobile.


    Engagement communautaire


    En 1998, lors de la fondation de FODES-5, le petit village de Labrousse était complètement désolé et laissé à lui-même. Il existait une école, mais avec une toiture de chaume et un sol de terre battue, il n’y avait pas de sanitaires, pas de centre de santé, pas d’eau potable et tout l’environnement était dégradé. « C’est depuis 2003, depuis le financement de l’ACDI pour la construction d’un complexe scolaire que le visage de Labrousse a commencé à changer. Aujourd’hui, c’est toute la région qui profite des activités de FODES-5 », nous dit M. Étienne.


    Tout n’est cependant pas parfait, même si un changement significatif est en branle dans la région. Pour conclure, Alfred Étienne souligne que « même si on est encore loin du compte, on peut être fier des progrès qu’on a réalisés au chapitre de l’éducation. Un secteur où on doit investir encore beaucoup d’énergie est celui des activités génératrices de revenus, où on doit amener les gens à produire suffisamment de revenus pour que les gens puissent combler leurs besoins fondamentaux ».


    L’éducation est l’un des champs d’intervention de la FODES-5, une organisation haïtienne privée philanthropique, laïque et apolitique. Haïti a subi ces dernières années un grave déclin environnemental et la production agricole a largement baissé.












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