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L’est de Montréal à redéfinir

La raffinerie Shell fermée, convient-il de renommer la pétrochimie?

L'est de Montréal a assis son développement sur la pétrochimie. Quand Shell a fermé sa raffinerie de pétrole, les gens de cette partie de l'île ont commencé à se demander de quoi pourrait être fait l'avenir.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir L'est de Montréal a assis son développement sur la pétrochimie. Quand Shell a fermé sa raffinerie de pétrole, les gens de cette partie de l'île ont commencé à se demander de quoi pourrait être fait l'avenir.

L’industrie pétrochimique de l’est de Montréal, qui a subi des coups durs depuis les années 80 et dépend aujourd’hui des sous-produits d’une seule raffinerie, songe notamment à changer de nom pour favoriser son acceptabilité sociale.


Invité à dire si le plan de revitalisation de l’est de Montréal - dévoilé hier après deux ans de travaux présidés par la députée Nicole Léger - pourrait aboutir à un virage terminologique, le principal représentant de l’industrie a répondu sans détour que ça fait justement partie des intentions parce que les mots ont tendance à rebuter les gens.


« Absolument, on a des idées », a dit hier le président de l’Association industrielle de l’est de Montréal, André Brunelle, sans s’avancer dans les détails. Il est également président de Chimie ParaChem (détenue à 51 % par la pétrolière Suncor et à 49 % par Investissement-Québec), un maillon essentiel des quatre compagnies qui forment la chaîne de fabrication de polyester à Montréal, la seule au Canada.


« Même au cégep Maisonneuve, l’Institut de chimie et de pétrochimie, on a changé son nom et il s’appelle maintenant l’Institut des procédés industriels. Justement parce que ça rebute. La terminologie est bonne, mais les gens aimeraient mieux avoir autre chose, a ajouté M. Brunelle. Il reste que ce sont des produits qu’on utilise au quotidien. »


L’industrie pétrochimique du Québec compte environ 26 000 travailleurs, dont les trois quarts sont répartis dans quelques dizaines d’entreprises à Montréal, selon la Société de développement économique Rivière-des-Prairies, Pointe-aux-Trembles, Montréal-Est. La production de polyester dans l’est de l’île, par exemple, représente environ 1 % du total de la production mondiale.


Les dernières décennies n’ont pas été reposantes pour cette industrie qui a vu quatre raffineries fermer leurs portes coup sur coup de 1982 à 1986. Dans un document préparé en 2002 pour le Sommet de Montréal du nouveau maire Gérald Tremblay, on peut lire que « la synergie entre le raffinage et la pétrochimie a ainsi été réduite ». L’industrie doit alors s’approvisionner à l’extérieur du Québec, ce qui provoque des fermetures : DuPont, BASF, Shell Chimie, etc.)


Transport, tourisme, industrie


Le plan 2013-2015 présenté hier par la députée de Pointe-aux-Trembles, accompagnée du ministre Jean-François Lisée, responsable de la métropole, porte sur un certain nombre d’enjeux-clés, comme le transport des personnes et marchandises, la qualité de vie, le développement touristique (par exemple, le Parc olympique), la relance industrielle, l’attraction d’entreprises par des incitatifs financiers, etc. La définition de ce que constitue « l’est de Montréal » place le début de ce territoire au boulevard Pie-IX. « Nous nous relevons de ces fermetures d’usine, de ces pertes d’emploi et du travail en silo », a dit Mme Léger.


Le Comité de développement de l’est de Montréal (CDEM), qui compte 60 membres au total, s’est réuni 10 fois depuis sa création en avril 2011 dans la foulée de la fermeture de la raffinerie Shell, laquelle a incité les élus et le milieu des affaires à s’interroger sur l’avenir de cette partie de l’île. L’arrêt des activités chez Shell, dont le site n’est plus qu’un terminal de stockage de carburant qui arrive par bateau sur le fleuve, découlait de l’intention de la compagnie de réduire de 15 % sa capacité mondiale de raffinage.


La seule raffinerie toujours en activité est celle de Suncor, à quelques centaines de mètres. Elle s’abreuve présentement de pétrole brut qui arrive d’un pipeline originaire de Portland, dans le Maine, mais la direction de Suncor aimerait voir la réalisation du projet d’Enbridge visant à inverser le flot d’écoulement du pipeline qui coule actuellement de Montréal jusqu’à Sarnia, en Ontario. Cette inversion lui permettrait de raffiner du brut de l’Ouest canadien, qui coûte de 18 à 20 $ de moins par baril que celui qui est importé depuis la mer du Nord ou l’Afrique.


Suncor affirme que ce brut plus abordable est essentiel à sa compétitivité, se gardant toutefois de dire qu’un échec de l’inversion mènerait à sa fermeture. Pour M. Brunelle, les xylènes que Suncor refile à Chimie ParaChem sont moins chers que s’il devait s’approvisionner ailleurs dans le monde.

 
 
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