Le Conseil de l’OACI a «ordonné» de renouveler le bail à Montréal
Le Conseil a en effet enjoint au numéro un, Raymond Benjamin, de « signer l’accord […] au nom de l’OACI », peut-on lire dans le sommaire décisionnel de l’instance. L’instance, formée d’une trentaine de membres, s’est rangée derrière le texte d’un nouvel accord 2016-2036 « négocié et conclu » entre le secrétaire général et le gouvernement du Canada.
Ottawa s’était engagé à « continuer de financer les mesures de sécurité internes [de l’OACI], malgré l’absence de toute obligation de le faire », spécifie également le sommaire décisionnel.
« Il y a une résolution du Conseil ! C’est un fondement de droit et d’administration publique. C’est une résolution du Conseil et c’est exécutoire. C’est aussi simple que cela. Le secrétaire général a l’ordre de signer », a indiqué l’avocat André Sirois, qui a longtemps oeuvré au sein des Nations unies.
Le porte-parole de l’OACI, Anthony Philbin, a quant à lui « insisté » auprès du Devoir « sur le fait que cet accord [avec le Canada] et ses dispositions ne sont d’aucune façon liés aux procédures et au vote éventuel par nos États membres dans la foulée de l’offre du Qatar ».
Le Qatar, qui compte ravir le siège de l’OACI au Canada, a promis de construire un édifice ultramoderne pour accueillir l’organisation onusienne, en plus de payer la totalité de ses dépenses d’exploitation et d’exempter ses employés de taxes et d’impôts.
L’émirat du Moyen-Orient devra présenter un document de travail cet automne, à l’occasion de la 38e Assemblée, où « il sera examiné et voté » par les États membres, a-t-il précisé.
Le Qatar ne lâche pas prise, selon nos informations. D’ailleurs, l’ambassadeur d’Arabie saoudite à l’OACI a organisé cette semaine un « grand banquet » pour mousser la candidature de Doha.
Le ministre fédéral des Affaires étrangères, John Baird, le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, ainsi que le maire de Montréal, Michael Applebaum, feront le point vendredi sur leur riposte à la proposition qatarie. Ils s’exprimeront dans un impromptu de presse à l’hôtel de ville de Montréal après avoir rencontré le numéro un de l’organisation onusienne, M. Benjamin. Le trio d’élus doit aussi prendre part à un « événement privé » ce jeudi soir avec des membres de délégations à l’OACI.
Plusieurs s’étonnent du silence de l’association du personnel de l’OACI. Aucune consigne ne lui a été donnée, jure, la main sur le coeur, le porte-parole du secrétaire général. M. Philbin a toutefois indiqué que tous les employés devaient se plier au Code de conduite de l’organisation. Pour sa part, le représentant des employés, Gaston Jordan, n’a pas rappelé Le Devoir.
Par ailleurs, l’Association canadienne pour les Nations unies du Grand Montréal (ACNU-Grand Montréal) fera prochainement une sortie médiatique, a indiqué la présidente du regroupement, Louise Lamarre Proulx.








