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Fonds d'investissement: Prudence avec les secteurs chauds

Je cultive une certaine prudence à l'égard des secteurs chauds. À la fin de septembre, les secteurs des métaux précieux et des actions japonaises montraient la plus grande vigueur. En effet, au cours des 90 derniers jours, le secteur des métaux précieux a connu une hausse de plus de 32 %, alors que la moyenne des actions japonaises a bondi de plus de 20 %. Feu de paille ou tendance qui se poursuivra au cours de la prochaine année? Voyons les faits.

Les métaux précieux

Il y a deux ou trois mois, de nombreux analystes étaient convaincus que le prix de l'or ne pourrait pas continuer à grimper dans un contexte de marché haussier. Pourtant, les gains surprenants de la valeur du métal jaune, et ce, malgré la hausse des différents indices boursiers, ont confondu bien des sceptiques...

Les contrats à terme sur or pour livraison au mois de décembre se négocient maintenant aux environs de 380 $ l'once sur le marché New York Mercantile Exchange. Il s'agit du plus haut niveau atteint depuis 1996. Et, les rumeurs grandissantes appuient de plus en plus la probabilité que le prix du métal jaune puisse s'élever à 400 $US l'once dans un avenir rapproché. Mais, nous ne sommes pas contraints à l'optimisme.

Bien sûr, les fonds aurifères profitent pleinement de ce contexte: la hausse sur trois mois de la catégorie des fonds de métaux précieux équivaut à près de six fois celle de la catégorie des fonds d'actions canadiennes pour la même période. Devant ces résultats impressionnants, il ne faut pas être étonné de voir croître la popularité de ces fonds hautement volatils. L'appréciation moyenne de l'actif des fonds de ce secteur est de 49 % sur une période d'un an.

La bonne tenue de l'or au cours de la hausse du billet vert peut être associée, en partie, aux messages clairs de la Réserve fédérale concernant son intention de conserver une politique monétaire expansionniste et dynamique le temps qu'il faudra. De plus, les importants déficits gouvernementaux américains prévus devraient affaiblir la valeur de la devise américaine dans le futur: encore une autre bonne nouvelle pour l'or.

Il s'agit donc d'un environnement qui incite à l'optimisme. Tellement qu'on assiste à une diminution d'opérations de couverture: la vente de la production future se fait moins souvent à un prix fixé à l'avance. Les entreprises sont davantage confiantes quant à la direction future du prix de l'or, et elles désirent en profiter pleinement.

Au niveau de l'offre, les données du deuxième trimestre 2003 indiquent que la production a augmenté de 2,1 %. Pour l'année 2002, la production d'or avait reculé de 1,4 %.

Un élément important à suivre quant à l'offre d'or sera le renouvellement prochain de l'Accord de Washington qui concerne les ventes et les prêts d'or des banques centrales européennes. À ce chapitre, il n'existe aucune garantie selon laquelle les ventes des banques centrales se limiteront à la limite de 400 tonnes par année qui a cours présentement.

Le marché japonais

Rappelons que le marché japonais constitue une véritable déception depuis près de dix ans. Et les deux dernières années ont été particulièrement difficiles. L'indice japonais Nikkei a reculé de 21,1 % en 2002 et de 23,5 % en 2001.

Depuis peu, les bonnes nouvelles économiques sont à la base de la remontée du marché boursier nippon. Ainsi, on constate que le Japon affiche une croissance supérieure à celle des États-Unis. Pour le trimestre d'avril à juin, le PIB japonais a augmenté à un rythme annualisé de 3,9 % comparativement à 3,1 % pour les États-Unis; le surplus du compte courant du pays s'est accru de 34,6 % par rapport à 2002. L'investissement étranger au Japon est positif, et ce, depuis près de 18 semaines consécutives.

Robert Rowland, gestionnaire du fonds Fidelity Japon, affiche pour sa part un optimisme certain par rapport au Japon. Il indique que les bénéfices d'exploitation des entreprises pour cette année et l'année dernière touchent presque un sommet. Il souligne également que les taux d'intérêt très bas constituent un véritable facteur accommodant pour l'économie, mais selon notre gestionnaire, la déflation demeure toujours problématique

La prudence qui s'impose

Ces secteurs, malgré leur vigueur actuelle, ont procuré à l'investisseur un rendement de seulement -2,3 % annualisé sur 15 ans dans le cas du Japon et de 7,4 % pour le secteur des métaux. Pour le niveau de risque que ces catégories comportent, le rapport risque/rendement est beaucoup trop élevé. Mais, bien sûr, moins élevé que l'achat de produits de loterie...

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