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Perspectives - Fête des chômeurs

En ce 2 mai, lendemain de la fête des Travailleurs, le chômage retient toute l’attention. Or toutes ces politiques destructrices d’emplois et toutes ces attaques répétées affaiblissant sans cesse la syndicalisation et la protection des travailleurs ne soulèvent plus les foules. Avec, ici et là, un chômage touchant le quart de la population active, plus de la moitié des jeunes de 16 à 24 ans, la mobilisation a fait place à la résignation.

Lorsque les appels à la retenue reçoivent comme réponse venant des chantres de l’austérité que le salaire minimum est la cause de tous les ennuis, on obtient une meilleure idée du fossé d’incompréhension qui entoure les maux économiques et la médication à prescrire.


Encore mercredi, la Réserve fédérale américaine est venue rappeler à tous qu’une banque centrale ne peut tout faire seule. Que, faute d’une marge de manoeuvre permettant d’appliquer une politique fiscale stimulante, les gouvernements devraient au moins faire preuve de retenue dans l’application des coupes budgétaires. La Fed a beau maintenir un assouplissement monétaire plutôt dynamique depuis près de six ans maintenant, et accompagner le tout de mesures d’achat d’actif particulièrement exceptionnelles, la croissance n’est pas suffisamment forte pour résorber le chômage de manière sensible aux États-Unis. Elle conclut désormais que les coupes budgétaires massives imposées par Washington nuisent à la reprise. Son diagnostic est sans équivoque : « la politique budgétaire freine la croissance économique ».


Ce constat vaut pour le Canada, les compressions y étant appliquées forçant nombre d’analystes, dont la Banque du Canada, à revoir à la baisse leurs prévisions de croissance pour cette année.


Mercredi 1er mai. Il appert que l’Europe sociale s’est peu mobilisée contre les politiques d’austérité. Malgré l’ampleur de la crise, la résignation est palpable. Après tout, tout est devenu « business as usual » sur le continent de l’austérité. La Grèce est engagée dans sa sixième année de récession. En mars dernier, le chômage dans la zone euro affichait un 23e mois de hausse d’affilée. Le taux de chômage butine de record en record, atteignant 12,1 % dans la zone euro, 10,9 % dans l’Union européenne, touchant des pointes à 27,2 % en Grèce, à 26,7 % en Espagne, à 17,2 % au Portugal. Alors que le monde compte 30 millions de chômeurs de plus depuis la crise, la zone en abrite désormais 19,2 millions, et n’en est qu’à ses débuts d’une récession amorcée en 2012, appelée à s’étendre loin en 2013.


On a beau jongler avec les chiffres, les aligner puis les réaligner… L’Union européenne comptait en 2011 deux pays seulement comptabilisant un PIB négatif. En 2012, 14 des 27 ont dû naviguer dans la décroissance. Ils devraient être encore 9 pays à comptabiliser un PIB négatif cette année. Sur les 27, 15 vont devoir conjuguer avec un taux de chômage supérieur à celui des États-Unis.


Pour sa part, le salaire réel moyen est en baisse en Europe depuis 2008. Dans un sens plus large, l’Organisation internationale du travail a mesuré une augmentation marquée des inégalités dans l’intervalle, avec un écart allant en s’agrandissant entre la part des revenus occupée par le travail et celle accaparée par le capital. Et cette abondance de liquidités permettant aux entreprises d’accroître leur dividende versé aux actionnaires n’est pas sans être alimentée par un accroissement de la productivité du travail dans les économies développées deux fois supérieur à la progression du salaire moyen depuis la crise.


Plus sombre encore, le Fonds monétaire international a déjà rappelé que le chômage chez les jeunes, à 13 % dans les économies avancées en 2007, dépasse désormais les 20 %. Il frôle les 24 % dans la zone euro, avec des pointes à 58 % en Grèce, à 57 % en Espagne, à 38 % au Portugal, à 37 % en Italie. Ces jeunes chômeurs de moins de 25 ans sont ainsi engagés dans un cercle vicieux de pauvreté intergénérationnelle, de perte de qualification, voire d’exclusion sociale.


Toujours plus sombre encore, l’OIT souligne que le monde abrite un nombre record de 200 millions de chômeurs. Parmi les chanceux disposant d’un travail ici et là sur la planète, 900 millions doivent vivre sous le seuil de la pauvreté tel que mesuré par la Banque mondiale. Et il y aura toujours des tragédies comme cet effondrement de l’immeuble au Bangladesh qui a fait plus de 400 morts selon le dernier bilan pour nous rappeler que les piètres conditions de travail composent le quotidien de plusieurs.


Bonne fête des Travailleurs !

 
 
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