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L’Union paysanne définira sa propre politique agricole

L’Union paysanne croit qu’il faut d’abord s’attaquer à l’augmentation de la production.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir L’Union paysanne croit qu’il faut d’abord s’attaquer à l’augmentation de la production.

L’Union paysanne est décidée. Elle élaborera sa propre politique agricole, qualifiant la démarche entreprise par le gouvernement du Québec de « mensonge complet ».


« On va même la déposer avant le ministre ! » a lancé le président de l’Union paysanne, Benoit Girouard, à l’occasion d’une entrevue téléphonique avec Le Devoir.


La proposition de l’organisation de quelque 1200 membres saura obtenir l’assentiment du milieu, est persuadé M. Girouard, visiblement à couteaux tirés avec le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, François Gendron.


« Instrumentalisé » par l’Union des producteurs agricoles (UPA), le vice-premier ministre du Québec « est en train d’induire autant la classe agricole ou la classe agroalimentaire que la population en erreur » en proposant une « fausse souveraineté alimentaire » dans son projet de politique agricole québécoise, dénonce vigoureusement l’Union paysanne.


L’association a boycotté les rencontres entre les représentants du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et ceux du secteur, jugeant qu’elles consistaient « d’abord et avant tout [à] vanter le ministre sur place ».


« Ce qui nous déplaît le plus, c’est de voir le ministre actuel nous parler de souveraineté alimentaire et, dans la même conversation, parler de plus d’exportations », explique M. Girouard, au lendemain de l’assemblée générale annuelle de l’Union paysanne. Le producteur de lapins et d’apiculture presse le gouvernement d’avoir recours au concept d’« autosuffisance alimentaire » plutôt qu’à celui de « souveraineté alimentaire ».


L’Union paysanne s’affairera à convaincre les principales formations politiques d’opposition - le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec - de s’opposer au projet de loi du gouvernement minoritaire visant à donner un nouveau souffle au secteur agroalimentaire. « Allez-vous vraiment voter sur une politique de sou-ve-rai-ne-té alimentaire ? » les interrogera M. Girouard. « Le mot leur plaît énormément ! » ironise-t-il. « On en a ras le pompon de voir des politiciens reprendre nos trucs et ensuite les amener n’importe où, ou ne prendre que les bouts qui leur faisaient plaisir pour ne pas déplaire à d’autres organisations. »


Benoit Girouard s’explique mal comment l’équipe de la première ministre, Pauline Marois, pourrait favoriser une hausse des exportations tout en défendant un projet de souveraineté alimentaire. Sur le chemin de la souveraineté alimentaire, le « premier défi » consisterait à accroître la production plutôt que la transformation, selon l’Union paysanne. « Les marchés publics peinent à avoir des producteurs maraîchers. Certains ont même fermé, faute de producteurs », fait-il remarquer.


« On ne semble pas savoir que le Québec est le pays qui transforme le plus ses produits locaux. Alors, s’ils en veulent plus, il va falloir produire plus, mais on n’a pas plus de producteurs. Et dans la loi, actuellement, il n’y a rien pour cela », poursuit M. Girouard.


D’ailleurs, il invite le gouvernement à lire ou à relire le rapport de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois.


À ses yeux, les Québécois doivent cesser de « jouer aux hypocrites » en désirant le « meilleur des deux mondes », c’est-à-dire à la fois protéger le marché québécois des importations de produits étrangers et, en contrepartie, « être tout à fait capables d’exporter vers où il y a des ouvertures ».


« On s’entend. On est bien contents d’envoyer notre sirop d’érable ailleurs et je suis bien content de mettre de l’huile d’olive dans ma poêle le matin. L’Union paysanne n’a jamais été contre les exportations, précise M. Girouard. On en a contre tout ce qui est subventionné et qui va à l’exportation. »


Aux yeux de l’Union paysanne, le gouvernement abdique ses responsabilités en gardant les yeux fermés sur ce problème. « Il ne veut pas du tout s’y attaquer. »

 
 
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