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    Écotech - Québec a le potentiel d’être un leader en technologies propres

    25 avril 2013 |Claude Lafleur | Actualités économiques
    Les entreprises qui émettent des particules dans l’air filtrent leurs fumées grâce à des filtres et à des procédés relevant de technologies écologiques.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les entreprises qui émettent des particules dans l’air filtrent leurs fumées grâce à des filtres et à des procédés relevant de technologies écologiques.
    Le Québec est considéré sur la scène internationale comme un leader en aéronautique, en biotechnologie et en multimédia. Et voilà que nous cherchons à le devenir en technologies propres. Denis Leclerc, d’Écotech, en témoigne.

    « Il y a quatre ans, le ministre du Développement économique d’alors, Raymond Bachand, a annoncé la création d’une grappe en technologies propres, raconte Denis Leclerc, président et chef de la direction d’Écotech Québec. J’étais alors vice-président, développement durable et environnement, chez AbitbiBowater. »


    Si le Québec possédait alors un énorme potentiel en technologies propres, celui qui était alors responsable du développement durable pour une grande entreprise l’ignorait. « Je n’avais vraiment pas conscience, sinon même connaissance, de l’offre de services et des innovations disponibles ici qui pouvaient contribuer à l’essor de mon entreprise », dit-il, étonné.


    C’est alors qu’on l’a recruté pour mettre sur pied Écotech Québec. « C’est là que j’ai compris qu’on avait un énorme potentiel - méconnu - en technologies propres, dit-il. C’était très important, sinon même urgent, de créer une synergie afin que les technologies propres deviennent un secteur stratégique de l’économie du Québec. »


    Ainsi, depuis quatre ans, Écotech Québec réunit l’ensemble des intervenants économiques - grandes entreprises, PME novatrices, syndicats, investisseurs et centres de recherche - pour créer de toutes pièces un secteur de technologies de pointe. « Il s’agit d’un domaine hautement stratégique, affirme Denis Leclerc, puisque les technologies propres touchent à tous les secteurs de l’économie. Il y a là d’énormes potentiels d’utilisation des technologies propres partout au Québec. »

     

    Technologies vertes, technologies propres


    Le président d’Écotech Québec distingue les technologies propres des technologies vertes (ou écologiques). « Ces dernières permettent de réduire l‘impact de nos activités sur l’environnement, ce qui est une excellence chose, dit-il, alors que les technologies propres permettent en plus de conférer un avantage concurrentiel à leur utilisateur. »


    Il donne pour exemple le cas d’une entreprise dont les activités émettent des particules dans l’air. Pour respecter les normes écologiques, celle-ci doit bien sûr filtrer les fumées qu’elle rejette afin de réduire au minimum la quantité de particules ; les filtres et les procédés qu’elle utilise alors sont des technologies écologiques. Toutefois, si on imagine une technologie qui ferait en sorte de capter et de récupérer une partie de ces particules pour les réutiliser comme source d’énergie, on réduirait alors non seulement les émissions, mais on économiserait de l’énergie. « Voilà ce qu’est une technologie propre!», lance M. Leclerc.


    C’est ainsi qu’Écotech organise des rencontres entre entreprises qui ont des « défis écologiques » à relever et des PME novatrices qui préconisent diverses avenues de solution. « Récemment, nous avons fait se rencontrer quatre entreprises qui devaient respecter une norme difficile à atteindre pour le traitement des eaux usées avec des PME novatrices qui proposent différentes solutions, indique Denis Leclerc. Et je peux vous dire que les quatre entreprises ont été emballées, parce qu’on leur a fait voir d’autres façons d’aborder le problème ! Elles pourraient non seulement respecter une norme écologique, mais en tirer bénéfice. »


    « Pour nous, à Écotech Québec, il s’agit de rapprocher les deux grandes solitudes que sont les utilisateurs potentiels et les PME novatrices », dit-il avec satisfaction.


    Les villes, terreau de l’innovation


    Un autre volet très important des activités d’Écotech consiste à sensibiliser les dirigeants politiques et publics à l’importance d’appuyer les PME dans la commercialisation de leurs innovations. Ainsi, indique M. Leclerc, les villes sont le terreau idéal pour faire la démonstration de technologies propres. « Par exemple, si seulement on pouvait utiliser une toute petite partie de leurs immeubles pour faire la démonstration d’innovations liées à l’efficacité énergétique - sans leur demander de les acheter - voilà qui aiderait formidablement nos PME, lance M. Leclerc. Les villes joueraient alors le rôle de lieu d’accueil qui viendrait confirmer les avantages de l’innovation. Or, pour l’innovateur, ça, c’est hyperimportant, puisqu’il s’agit de vitrines technologiques qu’il peut montrer à des acheteurs potentiels, pour leur faire voir la façon dont ça fonctionne et les résultats obtenus. »


    « Les villes représentent un milieu extrêmement dynamique et il faut trouver le moyen de leur permettre de contribuer à l’innovation, puisque l’innovation, c’est ce qui fait progresser toute collectivité », insiste le chef de la direction d’Écotech Québec.


    À la vitesse grand V


    En outre, comme nos innovateurs sont obligés d’exporter - le marché québécois étant trop petit - ils doivent par conséquent se diriger vers le reste du monde. À cette fin, Écotech tisse une foule de liens avec des grappes de technologies propres un peu partout à travers la planète. « Nous avons ainsi tissé des liens privilégiés avec des grappes au Danemark, en Suède, en France, en Autriche, en Allemagne et en Espagne », raconte M. Leclerc.


    Par ailleurs, son organisme est l’instigateur d’une entente particulière entre le Québec et l’État de São Paulo, au Brésil, pour accélérer les échanges de technologies propres. « L’État de São Paulo compte 42 millions de personnes - plus que tout le Canada ! - et c’est donc extrêmement intéressant comme entente », dit-il.


    Au terme de ses quatre années d’existence, le bilan d’Écotech ne « correspond absolument pas » aux attentes qu’avait au départ son président. « En fait, on a fait tout ce que j’espérais qu’on ferait… mais beaucoup plus rapidement !, dit-il fièrement. C’est-à-dire que le développement de la grappe s’est déroulé à la vitesse grand V, et cela, je dois le dire, c’est grâce à tous ceux et celles qui s’engagent dans le domaine. C’est aussi grâce à nos partenaires, ce qui ouvre des perspectives importantes pour nos entreprises novatrices et notre compétitivité industrielle. »

    Les entreprises qui émettent des particules dans l’air filtrent leurs fumées grâce à des filtres et à des procédés relevant de technologies écologiques. <div>
	Écotech est l’instigateur d’une entente entre le Québec et l’État de São Paulo, au Brésil. </div>












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