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Bâtirente - La CSN offre des programmes de retraite socialement responsables

«Les critères de responsabilité sociale sont sur le même pied que les critères financiers»

« Nous ne sommes pas des redresseurs de tort ni des don Quichotte de la finance », dit Daniel Simard, directeur général de Bâtirente.
Photo : Michel Giroux « Nous ne sommes pas des redresseurs de tort ni des don Quichotte de la finance », dit Daniel Simard, directeur général de Bâtirente.
Il est aujourd’hui possible pour un travailleur de souscrire à un régime de retraite tout en sachant que ses cotisations seront investies d’une façon socialement responsable. C’est ce que permet Bâtirente aux travailleurs syndiqués de la CSN.

« Évidemment, nous avons toujours eu l’obligation de faire fructifier l’argent de nos membres, explique Daniel Simard, directeur général de Bâtirente, mais nous voulions aussi que cette activité financière ne se fasse pas au détriment des valeurs sociales et collectives de nos membres. »


Rappelons que Bâtirente a vu le jour en 1987, lorsque la CSN a souhaité offrir à ses membres syndiqués qui ne bénéficiaient pas d’un régime de retraite fourni par l’employeur la possibilité de mettre en place un régime de retraite pour eux. « La très grande majorité des régimes de retraite offerts par Bâtirente ont été mis en place à la suite de la signature d’une convention collective. » Aujourd’hui, quelque 400 organisations comptant plus de 26 000 membres sont inscrites à l’un des huit régimes de retraite offerts par Bâtirente. Les cotisations des membres sont investies grâce à 11 fonds de placement qui tiennent compte des besoins et de la tolérance au risque de chaque membre. L’actif en gestion s’élève à 1,4 milliard de dollars.

 

Analyse en deux temps


Depuis le virage de la responsabilité sociale, amorcé en 2008, les investissements des divers fonds de Bâtirente tiennent maintenant compte des principes d’investissement responsable (PRI) ainsi que des valeurs liées à l’environnement, au social et à la gouvernance (ESG). Les gestionnaires de portefeuille doivent maintenant inclure ces critères dans l’évaluation des entreprises qui feront partie de leur portefeuille. « Ce sont des critères importants, souligne Daniel Simard, mais ce ne sont pas les seuls. Les critères de responsabilité sociale sont sur le même pied que les critères financiers. »


Il n’y a donc pas de politique d’exclusion uniquement basée sur les critères de responsabilité sociale ; une entreprise dont le profil financier est excellent mais qui s’illustre moins bien sur le plan de la responsabilité sociale pourrait faire partie d’un portefeuille de Bâtirente. C’est que Bâtirente a plutôt choisi la voie de l’accompagnement.


« Une fois que le gestionnaire de portefeuille a fait ses choix, poursuit Daniel Simard, nous procédons à une seconde analyse du portefeuille afin de repérer les entreprises qui ont des enjeux quant à la responsabilité sociale. Ensuite, nous approchons ces entreprises et proposons de les accompagner afin qu’elles puissent mitiger les risques et saisir les occasions lui permettant de corriger le tir. »


Un exemple concret


L’approche varie selon les entreprises et leur secteur d’activité. « Les questions que nous posons sont différentes selon les entreprises, explique François Meloche, gestionnaire des risques extrafinanciers pour Bâtirente. Par exemple, pour un détaillant, les questions pourraient porter sur la chaîne d’approvisionnement, tandis que, pour une minière, elles pourraient porter sur ses relations avec la collectivité locale. » Mais, peu importe le champ d’intervention, le principe sous-tendant l’approche de Bâtirente est de faire en sorte que l’entreprise accompagnée fasse siennes les valeurs de la responsabilité sociale.


François Meloche donne pour exemple la chaîne d’alimentation Métro, dont Bâtirente est actionnaire. « Nous avons commencé par attirer son attention sur le fait que son offre de produits biologiques et équitables ne répondait pas aux attentes des consommateurs et que ses concurrents étaient en avance sur elle. Cela a produit une première prise de conscience. Métro a donc rectifié son offre et a poursuivi dans ce sens, notamment avec les produits de la pêche. Aujourd’hui, Métro a mis en place un plan d’action en développement durable qui va au-delà des produits qu’elle offre et qui comprend la chaîne d’approvisionnement, la gestion de l’énergie et du transport ainsi que la gestion des employés. La responsabilité sociale est devenue une valeur aujourd’hui pour Métro. »


Et Daniel Simard de rajouter : « Nous ne sommes pas des redresseurs de tort ni des don Quichotte de la finance. Mais nous avons la ferme résolution de démontrer aux entreprises qu’elles peuvent agir différemment et y trouver un avantage. »


Un avenir prometteur


Des concepts comme le développement durable et la responsabilité sociale, notamment la notion d’investissement socialement responsable, ont un brillant avenir devant eux, selon Daniel Simard. « Il y a un véritable élan en ce qui concerne les principes de l’investissement socialement responsable et le nombre des adhérents aux PRI augmente de façon exponentielle. Aujourd’hui, on compte près de 1300 établissements financiers dans le monde qui sont signataires des PRI et les actifs en gestion sont de 30 000 milliards de dollars. »


Toutefois, malgré cet engouement, il admet qu’il reste beaucoup à faire. « Il faudrait évidemment augmenter le nombre des adhérents aux PRI et, pour le faire, nous devons mieux faire connaître l’investissement responsable. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un champ nouveau et qu’il n’y a pas de livre de recettes. Nous sommes constamment en apprentissage, que ce soit dans la construction des portefeuilles ou dans les relations que l’investisseur entretient avec les entreprises. Les établissements financiers qui adhèrent aux PRI doivent travailler ensemble afin de partager cet apprentissage et de ne pas répéter les erreurs des autres. »


Et l’élément susceptible d’attirer de nouveaux adhérents aux PRI est l’efficacité de ces derniers. « Une étude de l’Université Harvard, qui comparait des cohortes d’entreprises de taille similaire oeuvrant dans les mêmes secteurs d’activité, a démontré que les entreprises qui avaient pris le virage du développement durable affichaient à long terme un meilleur rendement financier. C’est la preuve que l’investissement socialement responsable et le développement durable sont rentables pour l’investisseur comme pour l’entreprise. »


« Aujourd’hui, on compte près de 1300 établissements financiers dans le monde qui sont signataires des PRI et les actifs en gestion sont de 30 000 milliards de dollars »

 
 
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