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    Marois tente de rallier le milieu des gens d’affaires

    Québec garde le cap sur l’équilibre des finances publiques

    La première ministre, Pauline Marois, ne change rien à la cible qu’elle s’est fixée pour atteindre le déficit zéro. Derrière elle, Pierre Karl Péladeau à qui elle a confié la présidence de la société d’État Hydro-Québec.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La première ministre, Pauline Marois, ne change rien à la cible qu’elle s’est fixée pour atteindre le déficit zéro. Derrière elle, Pierre Karl Péladeau à qui elle a confié la présidence de la société d’État Hydro-Québec.

    La première ministre du Québec, Pauline Marois, se sent « un peu seule » dans la course au déficit zéro.


    « On a entendu plusieurs groupes faire connaître leur déception, et je ne les blâme pas. C’est normal. Là où je suis un peu déçue, c’est d’entendre si peu de voix nous appuyer », a-t-elle déclaré, lundi, devant un parterre de gens d’affaires.


    Le gouvernement du Québec maintient le cap sur l’équilibre budgétaire au terme de l’exercice en cours malgré les turbulences.


    Dans sa dernière mise à jour budgétaire, le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, avait révisé à la baisse de 565 millions de dollars les recettes du gouvernement en 2013-2014.


    « Je vous le redis aujourd’hui : le gouvernement va équilibrer les finances », a assuré Mme Marois, en marge de l’assemblée générale annuelle des membres du Conseil du patronat du Québec (CPQ). « Pendant la dernière campagne, on a entendu des gens répéter tous les jours que le Parti québécois était l’otage des groupes de pression et que je n’aurais pas le courage de contrôler les dépenses. Or, c’est exactement ce que je fais », a lancé la chef du gouvernement, tentant de rallier une nouvelle fois le milieu des affaires.


    L’équipe de la première ministre a reçu lundi les félicitations du CPQ. « Il faut [la] féliciter pour l’effort qu’[elle] fait dans le cadre de la gestion de ses dépenses », a affirmé le président du groupe de pression, Yves-Thomas Dorval.


    Le gouvernement ne doit pas repousser la date de l’atteinte du déficit zéro, selon lui. « Tant qu’on n’est pas en crise - et on ne l’est pas -, on ne devrait pas [viser une autre cible] », a-t-il fait valoir.


    La première ministre partage ce point de vue, bien que les « efforts budgétaires » déployés par son gouvernement soient « nécessairement douloureux ». « Il n’y a pas d’échappatoire, sauf si on continue à utiliser la carte de crédit », a indiqué Mme Marois. « Payer nos dépenses avec la carte de crédit, c’est repousser les problèmes à plus tard et les amplifier », a-t-elle poursuivi.


    Mme Marois n’a pas levé le voile lundi sur les nouveaux efforts de compression nécessaires pour atteindre l’équilibre budgétaire comme prévu en 2013-2014.


    Le Conseil du patronat invite le gouvernement à s’échapper du mode de raisonnement traditionnel consistant à faire tomber le couperet sur tous les ministères, ou presque.


    Il appelle plutôt à un remodelage de l’État-providence québécois. « Est-ce qu’il y a des domaines d’intervention qui devraient peut-être être moins prioritaires et que l’État, pour des raisons d’équilibre, de mission effective, devrait peut-être laisser tomber telle ou telle mission ? », s’est interrogé à haute voix M. Dorval. Il s’est toutefois gardé d’esquisser des pistes de solution, jugeant que « ce n’est pas au Conseil du patronat de dire au gouvernement : “voici la mission à abandonner”. C’est à la société », a affirmé M. Dorval.


    «Rapidité d’action»


    Le Conseil du patronat s’inquiète de la « rapidité d’action » du gouvernement péquiste.


    À lui seul, le CPQ prend part à 17 consultations gouvernementales, a-t-il spécifié.


    Yves-Thomas Dorval voit d’un bon oeil la capacité d’écoute du « nouveau gouvernement [de surcroît] minoritaire », du Parti québécois. Il « accepte d’écouter…, pas juste nous autres, mais aussi les étudiants ». « Mais, en même temps, c’est l’action qui est le plus important. Il faut que demain les entreprises d’ici et d’ailleurs voient le Québec comme l’endroit si elles on un investissement à faire de le faire au Québec. »


    La première ministre s’est montrée agacée lundi par l’attitude de certains acteurs du milieu, qui ont dénoncé au fil des derniers mois l’assombrissement du climat des affaires au Québec. « On ne convaincra personne de venir nous visiter ou d’investir chez nous si nous ne sommes pas fiers de ce que nous faisons et de ce que nous sommes », a déclaré Mme Marois, durant son allocution devant les membres du CPQ.

     

    «Ça peut aller loin»


    Le gouvernement péquiste doit s’employer à rassurer le milieu des affaires, notamment en faisant connaître son projet de modification du régime d’impôt minier. « La perception actuellement, c’est que ça peut aller loin », a fait remarquer M. Dorval, lors d’une période d’échanges avec des journalistes.


    Le gouvernement dévoilera « très, très prochainement » la nouvelle loi sur les mines ainsi qu’un nouveau régime de redevances, a promis Mme Marois. Elle a donné l’assurance lundi que la nouvelle législation serait à la fois « claire » et « équitable » pour les investisseurs et la population québécoise. Nicolas Marceau, ministre des Finances et de l’Économie, et Martine Ouellet, ministre des Ressources naturelles, ont « pris le temps de bien faire les choses », c’est-à-dire d’élaborer une nouvelle loi sur les mines qui « sera là pour longtemps, au bénéfice de tous ».


    Le CDP s’oppose fermement à toute augmentation des redevances versées par les sociétés minières à l’État québécois, afin que le Québec conserve son attrait. « Imaginez qu’on ait 20 000 personnes de plus au Québec qui travaillent dans le secteur minier ou des hydrocarbures avec un salaire annuel de 100 000 $, ça fait… des revenus supplémentaires pour l’État », a fait valoir M. Dorval.













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