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    Mises en garde du FMI - Le Canada doit éviter tout excès de zèle en matière de finances publiques

    Les États-Unis et l’Europe doivent tempérer l’austérité

    Christine Lagarde, la grande patronne du Fonds monétaire international
    Photo: Agence France-Presse (photo) Martin Bureau Christine Lagarde, la grande patronne du Fonds monétaire international
    Le Canada n’a pas besoin de faire de zèle en matière d’assainissement des finances publiques. Le principal défi à court terme de ses gouvernements serait plutôt de soutenir sa faible croissance et de réduire ses autres vulnérabilités économiques, lui conseille le Fonds monétaire international.

    Le FMI a légèrement révisé à la baisse ses prévisions de croissance économique pour le Canada de l’automne dernier en les fixant à 1,5 % plutôt que 1,8 % cette année, tout en les relevant d’un poil (de 2,3 % à 2,4 %) pour 2014.


    L’année 2012 s’était plutôt mal terminée, avec un rythme d’expansion d’à peine 0,75 % au deuxième semestre pour une croissance annuelle totale de 1,8 %, a rappelé l’institution internationale basée à Washington, qui dévoilait mardi ses prévisions semestrielles pour l’économie mondiale. Le Canada a notamment accusé le coup de la lutte des gouvernements contre les déficits, d’un resserrement du crédit à la consommation, d’une accalmie du marché du logement, de perturbations passagères dans le secteur de l’énergie et d’incertitudes économiques extérieures.


    L’économie canadienne devrait pouvoir compter cette année sur l’effet positif de la reprise américaine sur les investissements des entreprises et les exportations, mais devrait composer aussi avec une demande intérieure freinée par le « fort endettement des ménages et la modération persistante du secteur du logement ». De nombreuses menaces continueront aussi de planer sur elle, comme l’impasse budgétaire aux États-Unis, la crise budgétaire et financière européenne, une baisse des cours mondiaux de ses matières premières ou une accélération brutale des processus en cours au pays de désendettement des ménages et de recul immobilier.


    Dans un tel contexte, le « principal défi » que doivent relever les dirigeants politiques canadiens « est de soutenir la croissance à court terme tout en réduisant les vulnérabilités » évoquées plus haut, estime le FMI. « Bien qu’il faille assainir les finances publiques pour reconstituer l’espace budgétaire permettant de faire face aux chocs à l’avenir, une marge existe [déjà] pour permettre aux stabilisateurs automatiques de jouer pleinement leur rôle en cas de nouvel affaiblissement de la croissance. »


    Le FMI appuie, pour les mêmes raisons, la politique monétaire accommodante de la Banque du Canada. Il ajoute que, là non plus, « il ne faudra pas lui donner un tour plus restrictif tant que la croissance n’aura pas repris de la vigueur ». Le FMI ne dit rien, notamment, sur le dernier budget du ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, ni sur son objectif d’atteindre le déficit zéro d’ici 2015.


    La Banque du Canada doit aussi mettre à jour, ce mercredi, ses propres prévisions économiques pour le pays, en même temps qu’elle fera le point sur sa politique monétaire.

     

    Prudence et pragmatisme


    Le FMI a porté le même message de prudence et de pragmatisme, en matière de rigueur budgétaire, à d’autres pays.


    Son économiste en chef, Olivier Blanchard, s’est de nouveau montré très inquiet par la façon dont toute cette affaire est actuellement menée aux États-Unis et risque d’y faire capoter la reprise. « L’assainissement budgétaire devrait être de moindre ampleur et de meilleure qualité aujourd’hui, et les autorités devraient s’engager à entreprendre un assainissement de plus grande envergure à l’avenir. »


    L’activité économique est tellement faible en Europe, a-t-il aussi dit, que tous les gouvernements qui le peuvent encore ne devraient rien faire qui risque de rétrécir leur filet social « et que les pays disposant de l’espace budgétaire nécessaire devraient même aller plus loin ».


    Une reprise à trois vitesses


    De manière générale, le FMI constate une poursuite du rétablissement de l’économie mondiale, mais à un rythme plus lent qu’il ne le prévoyait encore cet automne. De 3,2 % en 2012, la croissance économique mondiale devrait s’élever, non pas à 3,5 %, mais à 3,3 % cette année, avant de s’accélérer à 4 % en 2014.


    On prévoit toujours de grands écarts entre les pays développés (1,2 % en 2013 et 2,2 % en 2014) et les pays émergents ou en développement (respectivement 5,3 % et 5,7 %), mais aussi entre les pays riches eux-mêmes, comme les États-Unis (1,9 % et 3 %), le Royaume-Uni (0,7 % et 1,5 %) l’Allemagne (0,6 % et 1,5 %), la France ( -0,1 % et 0,9 %), l’Italie ( -1,5 % et 0,5 %) et le Japon (1,6 % et 1,4 %).


    « Nous sommes passés d’une reprise à deux vitesses à une reprise à trois vitesses, a résumé Olivier Blanchard. Les pays émergents et les pays en développement continuent d’enregistrer une croissance vigoureuse, mais dans les pays avancés, il semble y avoir une divergence croissante entre les États-Unis d’une part et la zone euro d’autre part. »













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