Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    La crise de l’énergie solaire rattrape la Chine

    Le géant du panneau solaire s’est placé en dépôt de bilan partiel

    <div>
	Une usine de fabrication de panneaux solaires de l’entreprise Suntech, à Wuxi, en Chine</div>
    Photo : Agence France-Presse (photo) Peter Parks
    Une usine de fabrication de panneaux solaires de l’entreprise Suntech, à Wuxi, en Chine
    Paris — Après avoir décimé la concurrence occidentale, l’industrie chinoise des panneaux solaires va-t-elle perdre son champion ? Suntech, numéro un mondial en défaut de paiement, s’est partiellement placé en dépôt de bilan mercredi, signe que la crise du secteur frappe aussi en Chine.

    Le géant solaire a précisé dans un communiqué que huit banques chinoises avaient demandé le placement en dépôt de bilan de Wuxi Suntech, sa principale filiale de production en Chine, mais que la maison mère et les autres filiales n’étaient pas concernées.
     
    Un tribunal doit se prononcer « dans les jours qui viennent », selon le groupe basé à Wuxi, au nord de Shanghai.
     
    L’activité va se poursuivre, a confirmé le p.-d.g. de l’entreprise, David King : « Pendant que nous évaluons les mesures de restructuration et les possibilités stratégiques, nous nous engageons à continuer d’offrir des produits solaires de haute qualité à nos clients », a-t-il dit.
     
    La dégringolade est brutale pour Suntech, qui était premier producteur mondial de panneaux solaires jusqu’au premier semestre 2012, avant qu’il ne réduise drastiquement sa production à cause de ses difficultés. L’entreprise privée avait confirmé lundi n’avoir pas été en mesure de régler un paiement de 541 millions de dollars.
     
    « C’est le premier grand nom du secteur chinois à être en grave difficulté, avec peut-être LDK Solar », relève Stefan de Haan, analyste en chef du secteur solaire pour le cabinet IHS.
     
    « Les entreprises chinoises ont déjà été frappées, comme en Europe. Les petites ont été les premières touchées, et nombre d’entre elles ont mis la clé sous la porte. La différence, c’est qu’en Chine, il en reste encore beaucoup », souligne-t-il.
     
    Cause de la crise mondiale : l’effondrement des prix des panneaux solaires : moins 45 % en 2011, puis de nouveau moins 25 % en 2012, selon les calculs d’IHS.
     
    Une conséquence entre autres d’un nombre trop élevé d’usines par rapport à la demande et des bas prix pratiqués par les industriels chinois (Suntech, Yingli, Trina, Jinko Solar, Canadian Solar…), que les États-Unis et l’Union européenne ont accusé de dumping.
     
    À cela viennent s’ajouter des difficultés propres à Suntech, soulignent les analystes, notamment une fraude révélée en juillet 2012 avec une garantie de 680 millions de dollars qui s’est avérée fantôme. L’entreprise a également souffert d’inventaires trop importants, selon M. de Haan.
     
    Quant à son emblématique fondateur, Shi Zhengrong, un temps surnommé « le roi du soleil », il a été écarté du conseil d’administration il y a quelques jours, après avoir déjà perdu le poste de p.-d.g. en août.
     
    « Il n’avait pas l’expérience pour gérer une si grande entreprise avec des dizaines de milliers d’employés », juge Liu Wenping, du cabinet de conseil spécialisé Sapphire Capital.
     
    Où va le solaire en Chine ? Le dépôt de bilan de Suntech « pourrait être interprété comme un changement de stratégie du gouvernement chinois, qui ne souhaite plus soutenir tous les fabricants à n’importe quelles conditions », remarque M. de Haan.
     
    « Il n’en est rien, bien au contraire », rétorque Jean-François Dufour, expert du cabinet DCA Chine-Analyse. « C’est la manifestation logique d’une restructuration dictée par les autorités chinoises. Suntech apparaissait comme la première cible désignée d’une restructuration à venir du secteur », selon lui.
     
    En effet, « la crise n’a pas empêché, dans le même temps, d’autres fabricants de continuer à bénéficier de financements importants ces derniers mois », fait-il avoir. « Le gouvernement est clairement intervenu et veut réorganiser l’entreprise », conforte Liu Wenping.
     
    Pour contourner les nouvelles barrières douanières instaurées par les États-Unis et dans une moindre mesure l’Europe, la Chine mise en effet de plus en plus sur son marché domestique avec d’importants projets de centrales solaires.
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel