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    Accord de libre-échange Canada-UE - Virage vert obligé pour les entreprises québécoises

    L’Europe a déjà bien entamé le virage vert, et les entreprises qui profiteront de l’accord de libre-échange seront celles qui seront conformes à des normes environnementales plus élevées qu’au Canada. Ci-dessus, une éolienne conçue par Alstom pour les champs prévus au large de la France.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Maxime Ferrebœuf L’Europe a déjà bien entamé le virage vert, et les entreprises qui profiteront de l’accord de libre-échange seront celles qui seront conformes à des normes environnementales plus élevées qu’au Canada. Ci-dessus, une éolienne conçue par Alstom pour les champs prévus au large de la France.
    La conclusion d’une éventuelle entente de libre-échange entre le Canada et l’Europe pourrait être prometteuse pour les exportateurs québécois, mais à condition qu’ils soient prêts à répondre à des normes environnementales plus élevées.

    « C’est clair que l’Europe s’est inscrite dans un processus réglementaire plus strict que ceux que l’on voit généralement en Amérique du Nord », a observé mercredi, en entrevue au Devoir, Denis Leclerc, le président et chef de la direction de la grappe des technologies propres, Écotech, en marge du Salon international des technologies environnementales Americana, qui se tient cette semaine à Montréal. Ces exigences plus élevées pourraient amener plus vite qu’on ne le croit l’obligation d’accompagner chacun des biens ou services qu’on veut vendre d’indicateurs de performances environnementales et sociales. « Imaginez le tableau de la valeur nutritive sur les boîtes de céréales, sauf qu’on y verrait, à la place, les émissions de GES, la quantité d’eau utilisée, le taux de recyclabilité, mais aussi des indicateurs sociaux comme le nombre de conflits syndicaux. »


    Ces niveaux d’exigence et de transparence plus élevés ne seraient pas nécessairement des handicaps pour les entreprises québécoises, observe Denis Leclerc, au contraire. « On ne se cachera pas que le fait, par exemple, que notre économie repose autant sur une source d’énergie verte et renouvelable comme l’hydroélectricité rend nos produits très intéressants pour toutes les entreprises qui cherchent à réduire leur empreinte carbone et celle de leurs sous-traitants. »


    Les politiques environnementales européennes ne sont toutefois pas seulement faites de règles plus sévères, elles s’accompagnent aussi de politiques fiscales et de subventions dont seraient bien contentes de pouvoir profiter les entreprises québécoises, observe-t-il. Les contacts pris jusqu’à présent avec les représentants des industries vertes européennes ont montré un grand intérêt, de part et d’autre, d’établir des partenariats qui permettraient aux Québécois de trouver plus rapidement une place dans le riche marché européen, mais aussi aux Européens de se servir du Québec comme premier point de chute en Amérique du Nord.

     

    La « 3e révolution industrielle »


    L’Union européenne a organisé mercredi, en parallèle du Salon Americana, une conférence intitulée « Passer au vert » et à laquelle avaient été invités des centaines d’experts d’Amérique du Nord et d’Europe. L’un des conférenciers vedettes y était, l’économiste et prospectiviste américain Jeremy Rifkin, l’un des inspirateurs de la politique européenne en la matière. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages en 40 ans sur une multitude de sujets, dont l’environnement, la « fin du travail », le modèle européen, les limites de la croissance, les biotechnologies et l’empathie, il a expliqué, par vidéoconférence, sa nouvelle grande idée sur l’avènement prochain d’une « 3e révolution industrielle ».


    Rendue inévitable par la crise des changements climatiques et l’atteinte prochaine des limites des réserves d’énergie fossile, cette nouvelle révolution industrielle doit s’appuyer, comme les deux autres qui l’ont précédée, sur un grand tournant en matière de communication (les nouvelles technologies de l’information) et un autre en matière d’énergie (les énergies renouvelables).


    Comme l’Internet, les nouvelles méthodes de production d’énergie tourneront le dos au modèle d’organisation lourd, centralisé et déterminé du sommet vers la base pour un modèle transparent, collaboratif et diversifié. Tirant principalement son énergie des sources abondantes et gratuites, ce système du futur reposera sur des millions de maisons, de bureaux et d’usines équipés de panneaux solaires, d’éoliennes ou de systèmes géothermiques. Toute l’énergie que ces « microproducteurs » n’utiliseront pas - soit tout de suite, soit plus tard - pourra être mise à la disposition des autres par l’entremise de réseaux de transports électriques ressemblant au Web et reliés, notamment, à des bornes de recharge destinées aux véhicules routiers.


    Perdus dans le passé


    Cette nouvelle révolution industrielle est déjà en marche en Europe, assure Jeremy Rifkin. On commence à la voir notamment en Allemagne, où la part des énergies renouvelables devrait passer de 20 % à 35 % d’ici 2020 et où plus d’un million de bâtiments font déjà partiellement office de microproducteurs d’énergie verte.


    Pendant que le gouvernement met en place des systèmes d’accumulation et de distribution d’énergie basés sur l’hydrogène et teste une organisation de nouvelles formes d’organisation des réseaux électriques, Daimler s’apprête à produire en masse des voitures à l’hydrogène.


    « Pendant ce temps, déplore Rifkin, le Canada et les États-Unis parlent d’autosuffisance en matière d’énergie fossile et semblent en voie de s’enfermer dans une logique qui appartient à une révolution industrielle du siècle dernier et qui n’est plus viable. »













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