Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous

    Mobilisation pour développer une économie verte au Québec

    Écologistes et gens d’affaires réclament une politique claire

    Un groupe d’écologistes, de financiers et de gens d’affaires a annoncé, jeudi, la formation d’une Alliance pour une économie verte au Québec, aussi appelée SWITCH. Parmi eux se trouvaient : Steven Guilbeault d’Équiterre, Denis Leclerc d’Écotech, Karel Mayrand de la Fondation David Suzuki, Andrée-Lise Méthot de Cycle Capital Management, Jean Simard de l’Association de l’aluminium du Canada et Étienne Couture, président du Réseau des ingénieurs du Québec.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Un groupe d’écologistes, de financiers et de gens d’affaires a annoncé, jeudi, la formation d’une Alliance pour une économie verte au Québec, aussi appelée SWITCH. Parmi eux se trouvaient : Steven Guilbeault d’Équiterre, Denis Leclerc d’Écotech, Karel Mayrand de la Fondation David Suzuki, Andrée-Lise Méthot de Cycle Capital Management, Jean Simard de l’Association de l’aluminium du Canada et Étienne Couture, président du Réseau des ingénieurs du Québec.

    Le Québec ne doit pas rater l’occasion qui lui est offerte de se doter enfin d’une « stratégie claire et cohérente » pour « son passage nécessaire » à une économie verte, estime un nouveau regroupement composé à la fois d’écologistes, de financiers et de gens d’affaires.


    « Devant la triple pression d’une crise économique mondiale, d’une concurrence internationale accrue et d’enjeux écologiques sans précédent, nous devons jeter les bases d’une économie productive, innovatrice et résiliente », conclut dans un document de réflexion de 43 pages dévoilé jeudi à Montréal par SWITCH, l’Alliance pour une économie verte au Québec. Or, déplore-t-on, l’essor de cette économie nouvelle et nécessaire est freiné par l’absence « d’une vision d’ensemble cohérente et des efforts convergents » de la part de l’ensemble des acteurs, à commencer par le gouvernement.


    Pendant ce temps, le reste du monde n’attend pas, prévient-on. Près de 522 milliards ont été investis en 2011 dans le développement de l’économie verte en Chine, aux États-Unis, en Europe et ailleurs. Utilisés, entre autres, comme un outil de relance économique pour se sortir de la morosité économique ambiante, ces efforts s’inscrivent généralement dans des stratégies plus larges qui s’accompagnent aussi de politiques réglementaires, fiscales et autres. « Quand on voit ce qui se passe actuellement en Californie, on ne peut pas ne pas penser à ce qui se passait aux premières heures de l’explosion d’Internet et de tout le secteur des nouvelles technologies de l’information », a observé en conférence de presse Andrée-Lise Méthot, fondatrice du fonds d’investissement dans les technologies propres, Cycle Capital Management.

     

    Un secteur d’avenir


    L’économie verte s’élèverait aujourd’hui à environ 1000 milliards par année dans le monde. Ce poids devrait doubler, voire tripler d’ici 2020. Près de 700 000 personnes travailleraient déjà directement dans le secteur de l’environnement au Canada, dont 169 000 au Québec.


    Ce nouveau secteur de développement est loin de se limiter à la production de panneaux solaires ou de méthodes de réutilisation des déchets, a expliqué Steven Guilbeault, cofondateur et directeur principal de l’organisation écologiste Équiterre. « Une économie verte, c’est une économie à faibles émissions de carbone et à moindres impacts, qui renforce nos entreprises en les rendant plus productives et plus compétitives et qui améliore la qualité de vie des citoyens tout en assurant une grande équité sociale. » Son développement serait, de plus, une bonne façon pour l’économie québécoise de ne pas mettre tous ses oeufs dans le panier des ressources naturelles, a ajouté Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki.

     

    Le moment d’agir


    Le moment apparaît particulièrement propice aux membres de SWITCH pour interpeller les pouvoirs publics, les gens d’affaires et la population en général sur cet enjeu. Le gouvernement a mis en branle toute une série de réflexions en matière notamment de politique industrielle, de redevances minières, d’énergie, de recherche et d’innovation, de changements climatiques et sur une la création d’une éventuelle Banque de développement économique du Québec. L’occasion serait belle de donner une solide ligne directrice à tout cela.


    Les grands contrats d’infrastructures et de renouvellement des transports en commun offrent aussi une chance unique de développer au Québec une expertise dans des créneaux d’avenir, a observé Jean Simard, président de l’Association de l’aluminium du Canada.


    Une politique d’encouragement de l’économie verte passerait par un ensemble de leviers allant des chaînes de financement au soutien à la recherche et au développement, en passant par la formation et la transition de la main-d’oeuvre, les cadres fiscaux, les marchés publics et l’appui à la commercialisation de l’innovation. SWITCH entend faire passer son message au cours des prochains mois par l’entremise d’autres documents de réflexion et sorties publiques sur quelques-uns de ces enjeux.


    L’apparente résistance des milieux d’affaires à ce genre d’enjeu ne doit tromper personne, dit le président et chef de la direction de la grappe des technologies propres Écotech, Denis Leclerc. « Les entreprises se montrent toujours réticentes lorsqu’elles entendent parler de nouveaux impôts ou de nouveaux règlements. Mais ce qu’elles détestent le plus, c’est le manque de clarté et de cohérence des politiques publiques, et elles comprennent bien, pour la plupart, le danger de prendre trop de retard dans le virage vers une économie verte. »













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.