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Habitation - Des rénovations vertes pièce par pièce

L’organisme Écohabitation propose sur Internet une évaluation du projet déposé

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	Avec la modernisation de sa salle de bain dans sa maison de Rosemère, Sébastien Jacquet est devenu le premier récipiendaire d’une certification, soit celle d’argent.</div>
Photo : Camille Ouellette Écohabitation
Avec la modernisation de sa salle de bain dans sa maison de Rosemère, Sébastien Jacquet est devenu le premier récipiendaire d’une certification, soit celle d’argent.

La rénovation écologique possède désormais sa certification. Une initiative d’Écohabitation guide et récompense les propriétaires qui entreprennent des travaux pour rafraîchir une pièce de leur maison ou de leur logement dans le respect de l’environnement.


La certification LEED enthousiasme déjà, depuis plusieurs années, le monde de l’habitation écologique. Mais l’organisme sans but lucratif Écohabitation, sensibilisant, formant et accompagnant différents intervenants sous le signe de la construction verte, demeurait insatisfait de ne voir que le marché des maisons neuves, faible portion de l’immobilier, s’engager dans ce virage. Avec le programme Rénovation Écohabitation, l’OSBL oriente les personnes qui souhaitent rénover certaines pièces de leur maison ou de leur logement en vertu de principes environnementaux. Une certification est décernée à ceux qui respectent l’essentiel des critères.


« On veut créer un engouement autour de la rénovation écologique. C’est bien moins sexy que la super maison neuve qu’on voit dans les salons, mais ça touche tout le monde », a expliqué Emmanuel Cosgrove, directeur d’Écohabitation, lors du lancement officiel de ce programme au Stade olympique de Montréal, le 31 janvier dernier, alors que s’ouvrait le salon Habitat, ville et banlieue.

 

Pour toute rénovation


Après un projet pilote concluant, mené pendant près d’un an avec dix personnes d’horizons divers, la démarche est maintenant mûre pour être ouverte au grand public. Le programme Réno-Climat, piloté par le gouvernement du Québec, aiguille déjà les particuliers dans leur rénovation, mais son objectif se limite à des gains d’efficacité énergétique. Aucun programme ne venait, jusqu’ici, donner des repères en ce qui concerne, par exemple, la source et la composition des matériaux, l’impact des eaux usées ou les aménagements réduisant les émissions de toxines.


Le programme Rénovation Écohabitation vient pallier ce manque. Il se veut accessible à tous les propriétaires soucieux de l’environnement, qui devaient auparavant consacrer un temps incommensurable à trouver les informations leur permettant de rénover dans les règles de l’art vert. Il s’articule autour des travaux nécessaires dans les trois pièces les plus fréquemment rénovées : la cuisine, la salle de bain et le sous-sol. « C’est une énorme industrie et il y a beaucoup d’impacts écologiques », explique M. Cosgrove. La salle de séjour et le revêtement extérieur sont aussi intégrés à ce programme.

 

Évaluation par Internet


Dans le site www.ecohabitation.com/certification/renovation, chacun de ces cinq types de rénovation est associé à dix gestes clés. Sur une note totale de 100, les dix gestes se voient attribuer une valeur proportionnelle à leur impact écologique. Par exemple, la gestion des déchets de rénovation, souvent une étape dont se préoccupent peu les propriétaires, représente une importante portion de l’évaluation. Ensuite, selon le nombre de points accumulés et de critères respectés, une certification bronze est accordée à partir de 70 %. Ceux qui atteignent la note de 100 % décrochent le platine.


Au bout du processus, Écohabitation calcule les gaz à effet de serre évités, l’eau économisée, l’énergie épargnée, l’impact estimé sur les milieux naturels et les bénéfices engendrés sur la santé grâce aux travaux. Ces mesures tangibles visent à vulgariser aux yeux des propriétaires les conséquences directes de leurs choix. La quête convoitant une certification n’est toutefois pas obligatoire pour participer au programme.

 

Première certification


Sébastien Jacquet, qui a pris part au projet-pilote, croit que l’attestation l’a poussé à se surpasser. Avec la modernisation de sa salle de bain dans sa maison de Rosemère, il est devenu le premier récipiendaire d’une certification, soit celle d’argent. « Je trouvais ça important d’avoir ce but-là. C’est un incitatif pour réaliser le projet complètement, a-t-il admis. Sinon, je serais allé moins en profondeur. J’avais une certaine connaissance des produits. Les robinets à débit réduit, je connaissais ça, mais pas la gestion des déchets, qui valait 37 % de ma certification. Peut-être que j’aurais fait une gestion moins efficace, moins automatique. J’ai réutilisé tout le bois que j’ai démonté. J’allais à l’écocentre le plus souvent possible pour que dans la benne que j’ai louée, il se retrouve le moins de déchets à enfouir possibles. »


Une fois son chantier achevé, M. Jacquet assure que la facture n’a pas subi les contrecoups de ses solutions de rechange vertes. « Les produits écolos ne sont pas vraiment plus chers que les produits normaux. Il suffit de les trouver. Mais chez moi, c’était mes propres rénovations. Je ne comptais pas mes heures. Si j’avais payé quelqu’un pour faire ces recherches, trouver le bon produit pour le bon geste, peut-être que j’aurais eu un surcoût. »

 

Accessible à tous


La simplicité de la formule rend le programme accessible à tous, mais cherche aussi à donner des barèmes à toute personne extérieure au projet. Le calcul en pourcentage établit des critères faciles à comprendre sur lesquels les institutions financières ou les municipalités seraient en mesure de s’appuyer pour octroyer du financement. De plus, la certification pourrait devenir un avantage lors de la revente. « On espère créer une bannière autour de laquelle les courtiers immobiliers vont pouvoir dire qu’une cuisine écologique, par exemple, c’est un avantage dans la valeur attribuée à une maison », a indiqué M. Cosgrove.


Bien que le programme soit taillé sur mesure pour les particuliers, il est « aussi pensé pour un entrepreneur qui veut démontrer qu’il a bien compris ce que c’est que rénover vert, a précisé M. Cosgrove. Ça génère une liste conçue pour figurer en annexe à un contrat avec un entrepreneur. Ce que tout le monde nous dit, c’est que dans le feu de l’action d’une rénovation ou d’une négociation avec son entrepreneur, on oublie les détails, comme la marque de gypse qu’on voulait vraiment. Mais avec les engagements, quand on s’entend sur papier avec l’entrepreneur sur le produit précis qu’on veut, il y a de meilleures chances que ça se retrouve dans la maison. »


Écohabitation peaufine d’ailleurs, en ce moment, un programme destiné aux écoentrepreneurs. Ainsi, les deux programmes parallèles promettent d’accélérer et faciliter un jour les démarches entre des particuliers et des entrepreneurs qui « parlent le même langage », celui de la rénovation écologique.



Collaborateur

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	Avec la modernisation de sa salle de bain dans sa maison de Rosemère, Sébastien Jacquet est devenu le premier récipiendaire d’une certification, soit celle d’argent.</div>
Avec la modernisation de sa salle de bain dans sa maison de Rosemère, Sébastien Jacquet est devenu le premier récipiendaire d’une certification, soit celle d’argent.
 
 
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