Chez Roche - Miser sur le développement durable
Les prix reçus consacrent l’orientation prise par l’entreprise de génie-conseil
Les grands principes du développement durable ne sont pas nouveaux chez Roche ltée, Groupe-conseil, qui célèbre cette année son 50e anniversaire. Toutefois, la firme a effectué un grand virage dans le domaine il y a quelques années, si bien qu’on fait maintenant appel à elle pour créer de la formation.
Roche ltée, Groupe-conseil aurait pu créer un grand département en développement durable avec plusieurs employés qu’on enverrait dans tous les secteurs d’affaires de la firme pour expliquer aux équipes comment intégrer les principes. On a plutôt décidé de créer une formation pour que les chargés de projets des différentes divisions puissent mieux traduire les notions de développement durable dans leur quotidien.
« La formation leur permettait de comprendre ce qu’est le développement durable, qu’on lie trop souvent uniquement à l’environnement », affirme Gaston Déry, vice-président au développement durable chez Roche.
Le développement durable s’appuie en effet sur trois piliers : les aspects environnementaux, sociaux et économiques. « Plusieurs chargés de projets se sont alors rendu compte qu’ils faisaient déjà du développement durable, mais qu’ils ne le savaient pas », indique M. Déry, précisant que le fondateur de Roche, Charles-Eugène Rochette, était lui-même très soucieux du bien-être de sa communauté, que ce soit auprès de l’hôpital de La Malbaie ou pour faire connaître des peintres de sa région.
Roche, qui compte maintenant 1850 employés, a créé un centre d’excellence en développement durable en ciblant dans ses principaux bureaux et secteurs d’affaires des personnes sensibles à cette question. « Ces gens sont chargés de voir quand on peut inclure les principes de développement durable dans un projet. Lorsqu’ils manquent d’information, ils consultent ma petite équipe », explique Gaston Déry.
Cet ingénieur forestier a été recruté par Roche après avoir obtenu en 2007 un Phénix de l’environnement du Québec dans la catégorie Mise en valeur des espaces naturels et de la biodiversité pour ses réalisations à l’île aux Pommes, première île de l’estuaire du Saint-Laurent à devenir une Réserve naturelle en milieu privé.
La stratégie a porté fruit, puisque Roche a obtenu en 2008 le prix Fidéides dans la catégorie Développement durable de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec et, en 2009, le prix Entrepreneur Desjardins Est du Québec, toujours dans la catégorie développement durable.
Un travail de collaboration
Une firme de génie-conseil a beau adopter de grands principes en matière de développement durable, pour arriver à des résultats concrets, les clients doivent partager la même vision.
Par exemple, la compagnie minière Stornoway a reçu un prix en novembre de l’Association de l’exploitation minière du Québec pour souligner le haut degré de responsabilité environnementale et sociale dans l’avancement du projet diamantifère Renard, dans le Nord-du-Québec. La firme Roche était consultante pour ce projet en matière de conception environnementale.
« Le défi principal dans ce projet était les relations avec la communauté, affirme Jacques Thivierge, vice-président marketing et communications chez Roche. Il y avait des contraintes liées aux échéanciers serrés, mais notre équipe dirigée par Jacqueline Roy et le client ont pris le temps de présenter le projet à la communauté et d’échanger. Des mesures d’atténuation ont été prises notamment en ce qui a trait à l’habitat de poissons et aux territoires de trappe. »
« Comme firme, nous répondons à des appels d’offres et la plupart intègrent maintenant des notions de développement durable, remarque Gaston Déry. Toutefois, certains appels d’offres n’en contiennent toujours pas. Dans ces cas-là, dans le secteur privé, nos chargés de projet rencontrent les clients pour leur suggérer d’intégrer des notions de développement durable. »
Immanquablement, on cherche toujours à savoir si l’intégration des principes de développement durable fera augmenter les coûts. « Je vois ça un peu comme lorsqu’on peinture une galerie. Si on achète un gallon de peinture à 20 $, c’est moins cher que si on achète un gallon à 60 $. Par contre, si on prend le gallon à 20 $, on risque d’être obligé de recommencer après un an et ça coûtera finalement 80 $. Avec le gallon à 60 $, on sera bon peut-être pour cinq ou six ans. Le développement durable peut coûter peut-être un peu plus cher à la réalisation, mais à moyen ou long terme, lorsqu’on regarde l’analyse du cycle de vie, ça revient moins cher », illustre le vice-président au développement durable de la firme active dans différents secteurs d’affaires, des routes au transport maritime en passant par le secteur industriel.
Ainsi, pour lui, le pire ennemi du développement durable est la règle du plus bas soumissionnaire.
Rôle social
Au coeur de la planification des projets, l’ingénieur a donc un véritable rôle social à jouer aux yeux de Gaston Déry. « L’ingénieur est bien placé pour qu’on arrête de seulement parler de développement durable, mais pour en faire. Il a en fait un double rôle : inclure les principes de développement durable dans ses projets et faire valoir des arguments pour convaincre les clients d’aller en ce sens. »
Les ingénieurs sont-ils suffisamment formés pour jouer ce rôle ?
« Non, et c’est l’une des raisons pour lesquelles le Réseau des ingénieurs du Québec a fait appel à nous pour que nous donnions une formation en développement durable,indique Gaston Déry. L’Université Laval vient aussi de nous demander de préparer une formation qui se donnera en ligne et nous donnerons un cours sur le développement durable en avril au congrès de l’Ordre des ingénieurs du Québec. On a toujours besoin de formation continue, mais en ce qui concerne les jeunes ingénieurs, on voit qu’ils arrivent sur le marché du travail avec de plus en plus de notions en développement durable et qu’ils ont le goût de changer les choses. »
Collaboratrice







