Rendement de l'investissement - Un REER souscrit au Fonds serait plus avantageux que le REER conventionnel
«Quatre années de rendement négatif en 30 ans sont un gage de solidité»
Qu’en est-il du rendement du Fonds de solidarité ? Se compare-t-il au rendement des autres fonds de placement ? Et de quelle façon doit-on tenir compte du 30 % de crédit d’impôt supplémentaire qu’offre un REER du Fonds de solidarité en comparaison à un REER traditionnel ?
Si, en 2012, le rendement du Fonds de solidarité était de 2,6 %, l’année auparavant, il n’était que de 8,8 %. Mais attention, en 2009, le rendement était négatif, soit de -12,6 %. Son plus haut point a été atteint en 1991 avec 13 % de rendement.
Comme on peut le constater, à l’instar de tous les autres fonds de placement, le Fonds de solidarité voit varier son rendement selon les années et les circonstances. Il faut donc mesurer le rendement sur une longue période pour se faire une idée plus précise. Ainsi, le rendement composé annuel à l’actionnaire depuis le début des activités du Fonds de solidarité FTQ jusqu’au 31 mai 2012 est de 3,6 %. Est-ce suffisant et en quoi cela se compare-t-il au rendement d’autres fonds de placement ?
En comparaison
« Si je compare le rendement du Fonds de solidarité, explique Dany Provost, directeur de la planification financière et fiscale chez SFL-Cité Montcalm, au rendement médian, par exemple, de fonds équilibrés, sur une même période de temps, disons les dix dernières années, on doit avouer que le rendement des fonds équilibrés est d’environ 2,5 % supérieur à celui du Fonds de solidarité. Cela dit, le rendement du Fonds demeure honnête. »
Y a-t-il là matière à inquiétude ? « Pas du tout. Quand on regarde le rendement du Fonds depuis son début, on remarque qu’il n’a connu que quatre années de rendement négatif. D’une part, au début des années 2000, lors de l’éclatement de la bulle technologique, et d’autre part, en 2008 et 2009, après la crise financière et la récession qu’elle a entraînée. Mais les autres fonds ont tous connu de mauvais résultats pendant ces deux périodes et les gestionnaires du Fonds n’ont pas fait pire ni mieux que les autres gestionnaires. Et seulement quatre années de rendement négatif en 30 ans m’apparaissent comme un gage de solidité du Fonds de solidarité. »
Du point de vue de l’investisseur, selon Dany Provost, le rendement du Fonds de solidarité n’est pas le seul point qu’il faut considérer lorsqu’on évalue la performance d’un REER du Fonds de solidarité. Il faut tenir compte du crédit d’impôt supplémentaire qu’accorde à l’investisseur le Fonds de solidarité et qui constitue un net avantage en comparaison d’un REER traditionnel.
« Par exemple, un REER traditionnel accorde un crédit d’impôt de 40 %. Cela veut dire qu’un placement de 1000 $, une fois le remboursement d’impôt de 400 $ pris en compte, exigera de l’investisseur qu’il débourse la somme de 600 $. Dans le cas d’un REER du Fonds de solidarité, comme le crédit d’impôt est de 70 %, la somme réelle que l’investisseur déboursera sera de 300 $. » Dans les deux cas, la somme totale placée dans le REER est de 1000 $, mais il en aura coûté 50 % de moins à celui qui l’investit dans un REER du Fonds de solidarité.
En comparaison d’un REER traditionnel
Et la chose s’améliore même si l’on choisit une autre approche. « Par exemple, si l’investisseur qui est prêt à débourser 600 $ pour placer 1000 $ dans un REER traditionnel choisissait de faire le même sacrifice et d’accepter de débourser 600 $ dans un REER du Fonds, c’est 2000 $ qu’il placerait alors dans son REER. »
Donc, pour la même somme de 600 $ qu’il débourse, l’investisseur double son placement, et s’il choisit d’investir la même somme chaque année, le solde de son REER s’appréciera deux fois plus rapidement. « C’est un net avantage pour quelqu’un qui veut rapidement accumuler la somme nécessaire à la mise de fonds pour l’achat d’une première résidence avec le RAP. »
Et même si l’usage du RAP n’est pas envisagé, l’investissement dans un REER du Fonds de solidarité demeure très attrayant et même plus avantageux qu’un REER traditionnel, selon Dany Provost. « Mettons maintenant dans l’équation la question du rendement des fonds de placement. On sait que le rendement du Fonds de solidarité est inférieur d’environ 2,5 % à un fonds équilibré. Prenons ensuite un REER traditionnel en fonds équilibré dont le rendement est de 6 % en moyenne et comparons-le avec un REER du Fonds de solidarité, dont le rendement n’est que de 3,6 % en moyenne, mais qui offre un crédit de 30 % de plus. En plaçant la même somme chaque année dans les deux types de placement, il faudrait au moins vingt ans au REER traditionnel pour atteindre la même appréciation que celle réalisée par le REER du Fonds de solidarité. Donc, malgré un rendement inférieur, un REER du Fonds de solidarité est plus avantageux qu’un REER traditionnel. »
Quand investir?
Le plus tôt possible évidemment. « Si vous n’avez jamais investi dans un REER et que vous êtes à 15 ans de la retraite, donc si vous avez environ 50 ans, ma recommandation sans hésitation est de choisir un REER du Fonds de solidarité. De plus, selon moi, l’on devrait sérieusement envisager d’investir dans un REER du Fonds de solidarité dès que l’on atteint l’âge de 40 ans. Pour un épargnant de 25 ans, comme la retraite est loin et qu’un REER traditionnel finira au fil du temps par rejoindre un REER du Fonds, le choix est moins impératif. Par contre, il ne faut pas oublier de tenir compte du fait qu’un REER du Fonds de solidarité vous permettra d’accumuler plus rapidement une somme que vous pourrez ensuite consacrer à l’achat d’une résidence grâce au RAP.»
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