Libre opinion - Pétrolia à Gaspé: le vrai débat encore évacué!
Déjà en 2010, lors des premières agitations concernant l’exploitation des gaz de schiste, nous avons tenté de recentrer le débat autour des vrais enjeux, c’est-à-dire le développement en lien avec le territoire, les considérations environnementales et la propriété de la ressource. En ce début d’année 2013, nous ne pouvons plus nous permettre l’économie de ce débat sur une réelle stratégie énergétique qui, sans nuire aux investissements, permettra de planifier le développement et gérer la cohabitation des différents usages du territoire. Cela passe par un dialogue soutenu entre le gouvernement, les communautés et l’industrie, plutôt que d’aller de l’avant avec une exploitation expéditive qui risque de faire perdre toute légitimité à des consultations arrivées trop tardivement.
Pour parvenir à cet échange, il faut accepter de poser un regard lucide sur l’historique du développement territorial au Québec. Depuis trop longtemps, on considère les territoires strictement sur la base des ressources qu’ils recèlent plutôt que comme un milieu de vie habité par des communautés. Des familles, des travailleurs qui continueront de les habiter, même lorsque leur sous-sol sera vidé de ses richesses et que les entreprises auront plié bagage. Car c’est la dure réalité : le premier jour de l’exploitation d’une richesse non renouvelable est le début du compte à rebours menant à sa fin.
Il y a au Québec un consensus sur l’importance économique que l’exploitation des énergies peut rapporter. L’utilisation adéquate et responsable de nos richesses énergétiques constitue un formidable moyen pour revitaliser et diversifier le développement économique des régions et de tout le Québec. À présent, il faut se doter d’un consensus social sur le choix des énergies à exploiter, sur la façon de le faire et sur les impacts environnementaux et territoriaux. Les intérêts des consortiums privés doivent coïncider avec les besoins des communautés et le bien commun. Pour arriver à ce consensus, il n’y a qu’une voie possible : celle du dialogue. Se parler sans le filtre des préjugés qui nourrissent trop souvent les positions des uns et des autres.








