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    La Caisse de dépôt lorgne les terres agricoles, au grand dam de l’UPA

    L’Union des producteurs agricoles insiste sur la nécessité du gouvernement de « bouger dans le dossier » de l’accaparement des terres par les spéculateurs.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’Union des producteurs agricoles insiste sur la nécessité du gouvernement de « bouger dans le dossier » de l’accaparement des terres par les spéculateurs.
    L’Union des producteurs agricoles (UPA) fronce les sourcils devant l’ouverture d’un poste d’analyste en investissements en terres agricoles et forestières à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

    La CDPQ diffuse une offre d’emploi pour un poste temporaire d’analyste en investissements en terres agricoles et forestières, a indiqué La Presse Affaires mardi.


    Le candidat retenu par le comité de sélection devra s’atteler à la tâche de « développer sa vision du secteur des terres agricoles et des terres forestières par son analyse approfondie de l’industrie et des entreprises qui y oeuvrent », après quoi il devra faire connaître ses « recommandations d’investissements à long terme ». Il aura 12 mois pour y arriver.


    « On en a, des tonnes d’analystes à la Caisse… dans tous les secteurs », a répliqué le porte-parole de la CDPQ, Maxime Chagnon, pressant Le Devoir de ne « pas présumer des stratégies d’investissement futur de la Caisse dans le secteur des terres agricoles à partir [de la création] d’un poste d’analyste ».


    La CDPQ se défend d’ouvrir la voie à des investissements dans les terres agricoles du Québec en dépit de la volonté du gouvernement péquiste de dissuader la conquête de celles-ci par les gestionnaires de fonds de placement.


    En mai dernier, la Caisse a plongé tête première dans la spéculation de terres agricoles aux États-Unis, au Brésil et en Australie en investissant 250 millions de dollars dans le fonds TIAA-CREF Global Agriculture, d’une valeur de 2 milliards.


    « Les terres arables présentent un profil rendement-risque qui répond aux objectifs de nos déposants et qui a un effet diversifiant au sein du portefeuille », avait expliqué le premier vice-président Placements privés de la CDPQ, Normand Provost, à l’occasion de l’« entrée [de la Caisse] au sein [de cette] nouvelle catégorie d’actifs ».


    « Il s’agit d’un investissement exploratoire », a précisé M. Chagnon mardi.

     

    Réaction de l’UPA


    « La Caisse contribue à la financiarisation des terres agricoles », a pour sa part déploré le président de l’UPA, Marcel Groleau, notant que l’institution s’est dotée d’une « stratégie politique pour ne pas mettre le gouvernement dans l’embarras ». « La Caisse ne va pas acheter elle-même des terres agricoles. Elle va plutôt prendre des participations dans des fonds dédiés à l’achat de terres agricoles à l’extérieur du Québec », a-t-il fait remarquer.


    L’UPA insiste sur la nécessité du gouvernement de « bouger dans le dossier » de l’accaparement des terres par les spéculateurs. « Sinon, les terres agricoles vont devenir la propriété de ces fonds-là », ce qui tirera vers le haut le prix des produits agricoles et alimentaires, a mis en garde M. Groleau.


    M. Groleau invite le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, François Gendron, à prendre de vitesse les gestionnaires de fonds de placement en donnant son feu vert dès ce printemps à l’établissement d’une Société d’aménagement et de développement agricole du Québec (SADAQ) afin d’encadrer la transmission des terres agricoles tout en donnant un coup de main à la relève.


    En marge du congrès de l’UPA, la première ministre, Pauline Marois, avait ouvert la porte toute grande début décembre à des « modifications législatives » pour « lutter contre la dilapidation de notre patrimoine agricole ». La chef du gouvernement avait promis le dévoilement d’une nouvelle politique agricole, consacrant le concept de souveraineté alimentaire, dès ce printemps.


    D’ici là, le gouvernement péquiste « ne peut dicter les actions » de la CDPQ, a pris soin d’affirmer l’attaché de presse du ministre François Gendron, Maxime Couture. « Cependant, il est évident que nous, au gouvernement du Québec, au ministère de l’Agriculture entre autres, on [affiche] une volonté de protéger les 2 % de terres propices à l’agriculture » et de « prévenir le phénomène d’accaparement des terres ».


    « On n’a pas encore fait le pas de dire que les terres agricoles sont aussi importantes que l’eau, mais c’est une question de temps, selon moi », a pour sa part conclu M. Groleau.













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