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Flexibilité des taux de change - Le FMI appuie le message du G7

24 septembre 2003  Actualités économiques
Protestation solitaire hier, devant l’édifice de Dubaï où avait lieu l’assemblée conjointe du FMI et de la Banque mondiale. Le FMI a appelé à une coopération entre les puissances économiques incluant «le renforcement des fondations de la cro
Photo : Agence Reuters
Protestation solitaire hier, devant l’édifice de Dubaï où avait lieu l’assemblée conjointe du FMI et de la Banque mondiale. Le FMI a appelé à une coopération entre les puissances économiques incluant «le renforcement des fondations de la cro
Dubaï — Le Fonds monétaire international (FMI) a appuyé, hier à Dubaï, le message du Groupe des sept pays les plus industrialisés (G7) sur la flexibilité des taux de change, en dépit de la vive réaction des marchés financiers.

Horst Koehler, le directeur général du Fonds, a appelé à une coopération entre les puissances économiques incluant «le renforcement des fondations de la croissance interne là où cela est nécessaire et la possibilité d'avoir plus de flexibilité des taux de change, là où cela est approprié».

Le patron du FMI s'exprimait lors de l'assemblée conjointe de son institution et de la Banque mondiale, qui se tient jusqu'à aujourd'hui dans la ville des Émirats arabes unis.

L'appel lancé samedi par le G7 en faveur d'une plus grande flexibilité des taux de change a provoqué une dégringolade du dollar face à l'euro, les marchés l'interprétant comme un nouveau signe de l'abandon de la politique du dollar fort. La glissade s'est poursuivie hier, à un rythme plus modéré, sauf face au dollar canadien. Le dollar canadien a reculé de 56 centièmes, à 73,68 ¢US, en réaction à une donnée sur l'inflation permetant d'anticiper un nouveau recul des taux d'intérêt de la Banque du Canada.

Les pays d'Asie

La demande du G7 et du FMI sur les taux de change vise en particulier les économies émergentes d'Asie, où «l'accumulation de réserves [de change] a été rapide et où les excédents courants sont élevés», selon M. Koehler. Les Américains surtout sont inquiets du niveau, qu'ils jugent trop faible, du yuan chinois et qui, selon eux, donne un avantage injuste aux exportations chinoises. Le yuan est maintenu depuis 1994 dans un lien quasiment fixe avec le dollar par des interventions de la Banque de Chine.

À Dubaï, le ministre des Finances chinois Jin Renqing a assuré que son pays «prend note de l'inquiétude» du G7, qui comprend les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l'Italie et le Canada. Mais il a répété la position chinoise: d'accord pour faire bouger le renminbi (autre nom du yuan), mais pas d'engagement sur un calendrier.

Depuis jeudi dernier, les réunions du G7, du FMI et de la Banque mondiale à Dubaï ont confirmé le diagnostic de retour de la croissance dans l'économie mondiale.

Optimisme croissant

Horst Koehler a fait part d'«un optimisme croissant concernant l'économie mondiale», en soulignant «les signes de plus en plus nombreux de reprise dans un certain nombre de régions».

Le secrétaire américain au Trésor John Snow a assuré que l'économie des États-Unis était désormais solidement engagée sur un sentier de croissance. «Je suis satisfait de dire que nous sommes finalement sur un chemin de croissance, qui devrait voir l'économie américaine réaliser des taux de croissance bien meilleurs, de 3,5 à 4 %, dans les trimestres à venir et sur une base durable», a-t-il déclaré.

Parmi les fragilités et les incertitudes sur la reprise mondiale, le FMI a mentionné l'échec de la réunion de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancún. «Le revers dans les discussions commerciales mondiales n'a certainement pas renforcé la confiance», a estimé Horst Koehler.

James Wolfensohn a estimé, pour sa part, que les pays pauvres, qui ont provoqué l'échec de la réunion de Cancún, étaient fondés à réclamer des pays riches une forte réduction des subventions agricoles. «Les deux tiers des pauvres du monde dépendent de l'agriculture pour leur subsistance. Ce que voient les pays en développement, c'est que les nations riches ont mis sur la table des propositions qui ne répondent pas à leurs demandes dans ce domaine crucial», a-t-il déclaré.

Le FMI et la Banque mondiale ont fait savoir que leurs prochaines réunions hors de leur siège de Washington se tiendraient dans trois ans à Singapour. Les deux institutions tiennent leurs réunions annuelles en septembre et leurs réunions de printemps en avril.
 
 
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