Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Mur fiscal - Le calvaire perdure

    Le mélodrame politique et budgétaire qui a retenu l’attention des Américains pendant tout le temps des fêtes s’est finalement conclu dans la nuit du Jour de l’An par l’adoption d’un compromis qui reporte à plus tard l’essentiel des efforts à faire pour ralentir la croissance de la dette publique. Mercredi, les marchés ont applaudi, mais tout le monde sait que le plaisir sera de courte durée.

    Les élus américains sont plus divisés que jamais sur la ligne à suivre pour sortir le pays du marasme budgétaire dans lequel il s’enfonce depuis la crise de 2008. Au rythme actuel, la dette du gouvernement américain atteindrait 100 % du PIB d’ici quelques années, et 300 % d’ici 2050. Si la loi adoptée cette semaine épargne la classe moyenne de hausses d’impôts généralisées et de compressions aveugles et automatiques dans les dépenses, elle n’est surtout pas la feuille de route dont ce pays a besoin pour retrouver la voie de l’équilibre.


    Sans cette entente, les Américains auraient frappé le « mur budgétaire », aussi appelé falaise ou précipice, expressions imagées destinées à illustrer la fin des baisses d’impôt qui avaient été accordées par l’administration Bush pour une durée limitée, et assisté à l’entrée en vigueur simultanée d’une série de compressions dans les dépenses cernées lors des négociations pour le relèvement du plafond de la dette, il y a 17 mois.


    Au total, ce sont quelque 600 milliards de compressions et de hausses d’impôt qui auraient frappé le pays, une ponction aussi subite qu’excessive compte tenu de la fragilité persistante de l’économie américaine.


    Suite au compromis intervenu, seuls les couples qui gagnent plus de 450 000 $ et les individus qui gagnent plus de 400 000 $ perdront une partie des avantages obtenus sous l’administration de George W. Bush, les autres continuant d’en profiter. Chez les démocrates, certains ont quand même exprimé leur déception, puisque le projet original du président Obama fixait ce seuil à 250 000 $, un niveau jugé beaucoup trop bas par les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants.


    Cela dit, les élus ne sont pas parvenus à s’entendre au chapitre des dépenses, de sorte qu’il faudra attendre fin février pour savoir si les deux partis seront capables de franchir l’épaisse ligne idéologique qui les sépare pour tracer la voie du retour à l’équilibre budgétaire.


    Malheureusement, à cause du radicalisme dans lequel s’enferme de plus en plus le Parti républicain sous l’influence du Tea Party, le Congrès américain, qui a été longtemps reconnu pour son pragmatisme, ne parvient plus à adopter des lois cohérentes à long terme. Et c’est encore le cas cette fois, puisque la loi ne corrige que partiellement le régime fiscal et reporte les autres problèmes à plus tard.


    Aux États-Unis, une majorité de citoyens et d’élus reconnaît l’importance de s’attaquer à la dette. Or, si l’entente du 1er janvier permet d’éviter que le pays retombe en récession, elle aura tout de même pour conséquence d’alourdir le fardeau d’au moins 4 billions $ d’ici dix ans en l’absence de mesures énergiques du côté des dépenses.


    La question est donc de savoir ce que doit contenir un plan crédible de réductions des dépenses à long terme, les démocrates tenant mordicus à protéger les programmes sociaux, alors que les républicains veulent y jouer de la hache tout en introduisant de nouvelles baisses d’impôts qui ne feraient pourtant qu’accroître le déficit.


    Parce que l’économie américaine est encore trop fragile pour subir le choc d’une collision frontale avec le désormais fameux mur budgétaire du 1er janvier 2013, le monde entier peut se réjouir de la victoire partielle de la Maison-Blanche cette semaine. Mais comme le mélodrame se poursuivra au cours des prochains mois alors que les républicains refuseront, comme en 2011, de relever le plafond de la dette sans arracher d’importantes concessions, il n’est pas exagéré de dire que ce n’est que partie remise.

     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel