Budget: Obama quitte Hawaï pour trouver un compromis à Washington
Le chef de l’exécutif a ainsi écourté ses traditionnelles vacances du temps des Fêtes à Hawaï pour tenter de relancer les négociations avec ses adversaires politiques, au point mort.
Les membres du Sénat doivent également regagner la capitale jeudi.
Des allégements d’impôt pour tous les contribuables doivent expirer le 1er janvier si le législatif et l’exécutif n’arrivent pas à conclure une entente, faisant craindre le pire, notamment du côté de la Fédération nationale du commerce de détail (National Retail Federation) qui s’inquiète d’une chute brutale du pouvoir d’achat des Américains.
Certains économistes redoutent que la chute des États-Unis dans le « précipice fiscal » ne fasse entrer la première économie mondiale dans une nouvelle récession.
Avant de mettre le cap sur Hawaï, Barack Obama avait appelé le Congrès à adopter un compromis budgétaire de portée plus modeste que ceux évoqués précédemment.
« C’est quelque chose que nous pouvons résoudre, cela ne demandera pas tant d’efforts ; il nous faut juste faire le nécessaire », a-t-il déclaré vendredi, au lendemain de l’échec d’un plan de secours du président de la Chambre des représentants, John Boehner, censé empêcher le pays de s’écraser au fond du « précipice fiscal ».
M. Boehner avait indiqué qu’il était toujours prêt à négocier avec le président, tout en affirmant qu’il ne savait pas comment il serait possible d’éviter la combinaison de hausses d’impôt et de coupes budgétaires. « Seul Dieu sait comment nous allons y arriver », avait-il dit.
D’autres élus se sont montrés pessimistes quant à la possibilité de parvenir à un compromis en moins d’une semaine. Parmi eux, la sénatrice républicaine Kay Bailey Hutchison a estimé que tout accord conclu dans les jours à venir ne pourrait être qu’une solution temporaire, « parce qu’on ne peut tout résoudre en quatre jours ».
Depuis la mi-novembre, républicains et démocrates se sont enfoncés dans une guerre d’usure, le GOP réclamant que le dispositif d’allégements d’impôt soit prolongé pour tous, y compris les plus aisés, le gouvernement Obama voulant le laisser expirer pour les foyers aux revenus supérieurs à 400 000 $ par année.
« Tout le monde doit faire des concessions de façon raisonnable [pour empêcher l’économie de sombrer dans le précipice fiscal] », a dit M. Obama.
Autre front
Autre préoccupation ajoutant à l’urgence dans les négociations budgétaires, le plafond légal de la dette des États-Unis sera, selon toute vraisemblance, atteint lundi, a indiqué le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, dans une lettre adressée aux élus du Congrès.
Le pays ne sera alors, théoriquement, plus en droit d’emprunter sur les marchés pour se financer ou pour rembourser ses créanciers.
Des « mesures exceptionnelles » seraient « bientôt » prises pour éviter un défaut de paiement, en pleine période d’incertitude, a-t-il souligné. « Le département du Trésor prendra bientôt des mesures exceptionnelles autorisées par la loi […] sans lesquelles les États-Unis seraient contraints de faire défaut sur ses obligations légales. »
Aux termes d’un accord entre démocrates et républicains arraché début août 2011, le plafond de la dette américaine est fixé à 16 394 milliards de dollars.
Wall Street
Wall Street a terminé en baisse mercredi, minée notamment par l’absence de progrès sur le budget américain : le Dow Jones a lâché 0,19 % et le Nasdaq, 0,74 %.
Selon des résultats définitifs, le Dow Jones Industrial Average a perdu 24,49 points à 13 114,59 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 22,44 points à 2990,16 points.
L’indice élargi Standard and Poor’s 500 a pour sa part reculé de 0,48 % ( -6,83 points) à 1419,83 points.
« Le débat budgétaire continue de peser sur le marché », a fait remarquer Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital. Les investisseurs « font preuve de nervosité alors qu’il ne reste plus que trois séances avant la fin de l’année » et un éventuel plongeon dans le « précipice fiscal », a-t-il ajouté.
Aucune nouvelle information concrète ne permettait de deviner l’issue des discussions mercredi, mais « le simple fait de se rapprocher de la fin de l’année et, donc, en l’absence d’accord, du précipice fiscal » pesait sur les indices, a relevé Michael James, de Wedbush Morgan Securities.
De premières estimations « assez faibles » sur les ventes de détail pendant la période des Fêtes « contribuent aussi à la faiblesse du marché », a ajouté M. James.
Ces résultats occultaient la publication de chiffres positifs sur l’immobilier.
Pétrole
Le pétrole a bondi mercredi à New York, alors que Barack Obama s’apprêtait à reprendre les négociations budgétaires aux États-Unis, premier consommateur d’or noir.
Le baril de référence pour livraison en février a gagné 2,37 $, pour s’établir à 90,98 $ sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), soit son plus haut niveau depuis près de dix semaines.
La perspective de la reprise des discussions sur le « précipice fiscal » après la pause de Noël soutient les cours du pétrole, souligne Bill Baruch, d’iiTrader.com.
Les mesures de rigueur pourraient entraîner un ralentissement de l’activité économique de mauvais augure pour la demande de brut aux États-Unis.
Si les démocrates et les républicains parviennent à trouver un terrain d’entente, « cela jouera en faveur des prix du baril, car le risque de récession s’éloignera », a souligné James Williams, de WTRG Economics.
D’après l’Associated Press et l’Agence France-Presse










