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    Tuerie de Newtown - Le temps s’assombrit pour l’industrie florissante des armes

    Quelques-unes des armes offertes aux clients d’un magasin de l’Illinois mardi
    Photo: Agence France-Presse (photo) Scott Olson Getty Images/ Quelques-unes des armes offertes aux clients d’un magasin de l’Illinois mardi
    Il y a tout juste un mois, le site AmmoLand.com prédisait pour le magasinage du Black Friday rien de moins qu’un record de ventes d’armes à feu. La raison : après avoir parlé de restrictions sur les armes semi-automatiques lors du troisième débat présidentiel, Barack Obama venait d’être réélu. Les amateurs de tir achèteraient maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.

    Depuis l’horreur de Newtown, où Adam Lanza a déchargé sa folie sur vingt enfants et six adultes à l’aide d’un XM-15 de Bushmaster, l’industrie, ses groupes de pression et ses sympathisants traversent une zone de turbulence. Non seulement le président américain est-il revenu à la charge, mais les actions de Smith Wesson et Sturm Ruger Co. ont plongé de plus de 20 % en seulement cinq jours.


    Mardi, Cerberus Capital Management en a rajouté une couche. Ce fonds d’investissement new-yorkais, dont le père du fondateur, Stephen Feinberg, vit à Newtown, a subitement décidé de vendre sa filiale Freedom Group, premier fabricant d’armes à feu aux États-Unis, dont les produits comprennent des noms comme Remington… et Bushmaster.


    « Notre rôle n’est pas de prendre position ou d’influencer le débat sur le contrôle des armes à feu. Cela relève des élus », a écrit Cerberus, dont les actifs sous gestion atteignent 20 milliards. « Mais il y a des gestes que nous pouvons poser. Cette décision nous permet de respecter les obligations que nous avons envers nos investisseurs, dont nous protégeons les intérêts, sans être entraînés dans le débat public. »


    Une vague de fond s’annonce. Alors que certains élus démocrates pourtant favorables aux armes à feu sont soudainement ouverts à un resserrement des contrôles, deux sondages diffusés à CBS et ABC suggèrent qu’une majorité d’Américains veulent de nouvelles mesures. De plus, la sénatrice démocrate Dianne Feinstein souhaite un projet de loi pour ressusciter l’interdiction de certains fusils d’assaut.


    La décision de Cerberus est survenue après que certaines grandes caisses de retraite, comme celle des enseignants du secteur public de la Californie (surnommée CalSTRS), eurent confirmé au Wall Street Journal lundi qu’elles étaient en train de réévaluer les sommes consenties à Cerberus. CalSTRS a 500 millions chez Cerberus.


    « Ça va plus loin que les implications financières », croit le directeur général de l’Association canadienne pour l’investissement responsable, Eugene Ellmen, au sujet de CalSTRS. « Aux États-Unis comme ailleurs, les gens sont sous le choc et se demandent ce qu’ils peuvent faire dans leur quotidien pour contribuer à un monde meilleur. »

     

    Vers le milliard


    Freedom Group n’est pas inscrit en Bourse - Cerberus y a songé en 2009 et a abandonné en 2010 -, mais publie fréquemment ses états financiers. Selon les documents déposés aux autorités réglementaires, son chiffre d’affaires a atteint 775 millions en 2011, dont un peu plus de la moitié venait des armes, et le reste, de la vente de munitions. Wal-Mart est un des gros clients, sinon le plus gros, avec 15 % du total.


    S’il faut se fier aux états financiers du troisième trimestre de 2012, l’année en cours est nettement plus florissante. Pour les neuf premiers mois, le chiffre d’affaires est déjà à 677 millions. En raison d’une opération comptable ponctuelle, le bénéfice net, toutefois, n’est que de 300 000 $.


    Jusqu’au mois de mars 2012, le patron de Freedom Group était Robert Nardelli, ancien chef de la direction chez Home Depot, avant que Cerberus ne le recrute en 2007 pour diriger sa nouvelle acquisition : Chrysler.


    En 2009, lorsque Cerberus songeait à inscrire Freedom Group en Bourse, les ventes d’armes allaient très bien. La théorie voulait que les amateurs de tir aient devancé leurs achats, craignant que le président Obama, nouvellement élu, n’impose un contrôle plus serré sur les armes à feu. Ce ne fut pas le cas, et le marché s’est calmé l’année suivante.


    Le marché féminin


    Seuls deux fabricants sont cotés en Bourse : Smith Wesson et Sturm, Ruger Co. Dans les deux cas, le plus récent trimestre a vu les ventes augmenter de 47 % par rapport à l’année dernière. Sur un an, l’action de Smith Wesson a augmenté de 100 % alors que celle de Rugers s’est appréciée de 25 %.


    « Nous nous sommes consacrés à l’innovation de produits et au marketing pour soutenir et agrandir notre bassin d’utilisateurs », peut-on lire dans les résultats de Smith Wesson publiés le 6 décembre. « Nous avons également présenté la commandite du NRA Women’s Network, une référence de qualité pour le nombre grandissant de femmes de tous âges et de tous les niveaux d’habileté qui s’adonnent au tir. »


    En entrevue à l’agence financière Bloomberg, Martin Feinberg, le père du fondateur de Cerberus, n’a pas voulu commenter le fait que la société de son fils possède Bushmaster. Au sujet du drame, il a été à peine plus bavard. « C’est terrible, vraiment terrible. »

     
     
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