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    Un petit encouragement pour la Grèce

    Standard & Poor’s relève la note du pays

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	Une jeune femme de 35 ans, découragée par la situation économique désastreuse, a menacé de se jeter au bas d’une immense sculpture à la place Omonia, dans le centre d’Athènes. Des sauveteurs l’ont finalement convaincue de redescendre. Sur la photo, un collègue tente de la réconforter.</div>
    Photo : Agence France-Presse (photo) Louisa Gouliamaki
    Une jeune femme de 35 ans, découragée par la situation économique désastreuse, a menacé de se jeter au bas d’une immense sculpture à la place Omonia, dans le centre d’Athènes. Des sauveteurs l’ont finalement convaincue de redescendre. Sur la photo, un collègue tente de la réconforter.
    L’agence de notation financière Standard & Poor’s a pour la première fois depuis le début de la crise de la dette inversé la tendance pour la Grèce, en relevant mardi sa note de six crans à B- au vu du soutien réaffirmé de la zone euro au pays.


    Sortant d’une réunion gouvernementale, le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, a salué «une décision très importante, qui crée un climat d’optimisme». «Mais nous savons que le route est encore longue et ardue, l’heure n’est pas au relâchement», a-t-il tempéré.
     
    L’agence a fait passer la note du pays de «défaut sélectif» (SD) à B- (spéculatif), en qualifiant de «stable» sa perspective à long terme. Cette décision fait suite à la conclusion de l’opération de rachat par la Grèce d’une partie de sa dette au tiers de son prix, a expliqué S&P dans un communiqué. En plaçant le 5 décembre le pays en situation de «défaillance partielle», à un cran seulement du défaut de paiement, l’agence avait précisé qu’il s’agissait d’une mesure provisoire, le temps que le pays opère le rachat de dette convenu avec ses bailleurs de fonds pour qu’ils le remettent sous perfusion financière. Athènes a mené à bien cette opération, en recevant la semaine dernière des offres de rachat pour un montant de 31,9 milliards d’euros de la part de ses prêteurs privés, ce qui a conduit l’UE à donner son feu vert au déblocage d’une tranche de 34,3 milliards d’euros de prêt gelée depuis juin.

    En procédant au réajustement prévu, S&P opère sa première révision à la hausse de la note du pays depuis le déclenchement de la crise de la dette en 2010, qui a plongé le pays dans une spirale de récession et de rigueur. Depuis cette date, la Grèce n’avait cessé de voir sa note chuter. En étant notée B, la Grèce retrouve la catégorie dite «spéculative», celle qui rassemble les émetteurs de dette qui risquent de ne pas honorer leurs échéances (notés de BB+ à C).

    Outre la «forte détermination» européenne à garder le pays dans la zone euro, S&P invoque aussi à l’appui de sa décision «l’engagement du gouvernement à mener l’ajustement budgétaire et structurel» requis par les bailleurs de fonds du pays.
     
    Des doutes

    De Washington, le groupement des plus grandes banques mondiales a toutefois mis en garde contre tout optimisme excessif sur une sortie du pays de la crise. Des risques «importants» continuent de peser sur la situation économique en Grèce, a estimé dans un rapport l’Institut de la finance internationale (IIF), invoquant la poursuite de la récession attendue en 2013 pour la sixième année consécutive et les risques d’instabilité politique au vu de la sévérité de la cure de redressement. «Avec un PIB qui devrait décliner d’environ 4 à 5 % l’année prochaine [...] et une cohésion sociale mise à l’épeuvre par des nouvelles mesures d’austérité, les risques sur le plan d’aide de l’UE et du FMI resteront importants», souligne le rapport.

    L’IIF émet aussi des réserves sur la capacité du pays à retrouver sa solvabilité, en dépit de l’effacement prévu de 20 milliards d’euros de créances grâce à l’opération de rachat de dette et d’une série de mesures de soutien décidées par la zone euro. «Les doutes sur la viabilité de la dette persisteront tant que la croissance ne sera pas de retour», mentionne le rapport.

    La Grèce est engluée dans sa cinquième année consécutive de récession, avec un recul du PIB qui devrait atteindre 6,5 % en 2012. Selon l’accord conclu avec ses créanciers, Athènes doit ramener sa dette à 124% de son PIB en 2020 et 110 % deux ans plus tard, contre près de 170 % cette année.

    «Le niveau de dette soutenable en Grèce n’est ni à 120 ni à 110%. C’est bien plus bas», a estimé le chef économiste de l’IIF, Philip Suttle, estimant que le pays aura du mal à séduire à nouveau les investisseurs privés, mis à contribution lors des opérations de restructuration de la dette du pays. «Il nous semble qu’il n’y aura pas, dans les temps qui viennent, d’argent du secteur privé pour venir financer la dette (grecque) à côté des créanciers publics» qui bénéficient, eux, d’un statut privilégié», a estimé M. Suttle lors d’une conférence de presse.

    Dans son rapport, l’IIF fait également part de ses inquiétudes au sujet d’un autre pays de la zone euro, l’Italie, où la récente démission du Premier ministre Mario Monti et le possible retour de Silvio Berlusconui au pouvoir ont ouvert une période de flou. «Il y a une [...] incertitude sur le point de savoir si l’agenda des réformes structurelles lancées par M. Monti sera poursuivi», souligne l’IIF. «L’incertitude politique en Italie pourrait conduire à une montée des tensions dans la zone euro, notamment à une contagion à l’Espagne», estime l’Institut, ajoutant que, dans un tel scénario, le recours d’un de ces deux pays à l’aide européenne serait «hautement probable».
     
     
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