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    Le charbon gagne dangereusement du terrain

    À l’heure des changements climatiques, la consommation de charbon est sur le point d’égaler celle de pétrole

    Photo: Agence France-Presse (photo) Alexander Khudoteply
    Le charbon représente déjà près de 28 % de l’énergie consommée dans le monde et est la première source d’électricité, selon l’Agence internationale de l’énergie. « […] sans restriction à la consommation de charbon avec des politiques climatiques, la demande et le CO2 continueront à augmenter », s’inquiète l’organisation.
    Bête noire des scientifiques qui redoutent plus que jamais les impacts des changements climatiques, le charbon n’en représente pas moins une ressource énergétique en plein essor sur la planète, particulièrement dans les pays en développement. L’engouement est tel que la consommation mondiale devrait dépasser celle du pétrole d’ici 10 ans, selon ce que conclut un rapport de l’Agence internationale de l’énergie publié mardi.

    « Grâce à des ressources abondantes et une demande insatiable d’électricité des marchés émergents, le charbon a représenté près de la moitié de l’augmentation de la demande mondiale d’énergie lors de la première décennie du XXIe siècle, a expliqué la directrice générale de l’organisation, Maria van der Hoeven, par voie de communiqué. La part du charbon dans le bouquet énergétique mondial continue de progresser chaque année, et si aucun changement n’est fait aux politiques actuelles, le charbon rattrapera le pétrole d’ici une décennie. »


    Le charbon représente déjà 28 % de l’énergie consommée dans le monde et est la première source d’électricité. Et rien n’indique qu’un recul est à prévoir, bien au contraire. Même que plusieurs projets de centrales sont actuellement prévus un peu partout sur la planète. Le World Resources Institute en a recensé pas moins de 1231.


    L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime ainsi qu’en 2017, la consommation de charbon devrait représenter 4,32 milliards de tonnes équivalent pétrole, tout près des 4,4 milliards de l’or noir. Et si la tendance se maintient, on prévoit que le pétrole se fera ravir sa première place mondiale par le charbon, la source d’énergie fossile la plus polluante qui soit.


    Cette poussée est surtout due à l’explosion de la demande au cours des dernières années en Chine, où pas moins de 70 % de l’électricité est produite grâce au charbon. À lui seul, le géant asiatique a représenté l’an dernier 46,2 % de la consommation mondiale. Le cap des 50 % devrait être franchi dès 2014, ce qui signifie que la Chine consommera à ce moment plus de charbon que tous les autres pays réunis. Le pays compte déjà 1400 centrales fonctionnant au charbon et il prévoit en construire 355 supplémentaires au cours des prochaines années.


    L’Inde n’est pas en reste, puisque les projections font état de la construction de 455 centrales supplémentaires afin de soutenir la croissance économique. Le deuxième pays le plus peuplé de la planète devrait même devenir le deuxième consommateur mondial en 2017, devançant ainsi les Américains.


    L’AIE a également prévenu mardi que la demande de charbon « augmente dans toutes les régions du monde », ou presque. Même en Europe, où les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre sont ambitieux, certains pays se tournent davantage vers le charbon. Ainsi, lors du premier semestre 2011, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne ont tous les trois produit significativement moins d’électricité à partir de gaz, tout en en produisant notablement plus à partir du charbon.


    Cette progression soutenue à l’échelle planétaire risque de nuire encore davantage à la lutte aux changements climatiques. La combustion du charbon représente déjà 44 % des émissions mondiales de carbone produites par le secteur énergétique. Or, la construction prévue de 1200 centrales dans le monde devrait ajouter des émissions de CO2 qui équivaudront à toute la production actuelle de la Chine, le plus gros émetteur sur Terre.


    Un constat qui a de quoi inquiéter ceux qui souhaitent que les États posent des gestes plus significatifs pour s’attaquer aux changements climatiques. Or, les pays qui étaient présents récemment à la Conférence sur le climat de Doha ont à peine convenu de la nécessité de négocier un nouvel accord pour prendre le relais du protocole de Kyoto. Des géants comme la Chine ou l’Inde ont déjà signifié leur refus de se voir imposer des normes trop contraignantes, puisque cela pourrait affecter la croissance de leurs économies. « Le résultat, c’est que sans restriction à la consommation de charbon avec des politiques climatiques, la demande et le CO2 continueront à augmenter », a prévenu mardi la directrice générale de l’AIE.


    Seuls les États-Unis font exception dans le portrait dressé par l’organisme, essentiellement pour des raisons économiques. L’exploitation accrue du gaz de schiste américain a entraîné une réduction significative des coûts qui rend le charbon beaucoup moins compétitif. Mais cela ne constitue pas pour autant une bonne nouvelle d’un point de vue environnemental. Plusieurs études ont en effet souligné que l’exploitation de ce gaz non conventionnel pouvait émettre autant de gaz à effet de serre que le charbon. On ignore toujours les impacts à long terme de cette industrie.


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    Avec l’Agence France-Presse

     
     
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