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    Hydro-Québec est plus gourmande pour satisfaire l’appétit de Québec

    La société d’État réclamera une hausse tarifaire de 3,3%

    Le numéro 1 d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, doit répondre à la commande du gouvernement Marois, qui veut obtenir un dividende plus élevé. Conséquence: la société d’État a relevé l’augmentation tarifaire qu’elle souhaite imposer à ses clients.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le numéro 1 d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, doit répondre à la commande du gouvernement Marois, qui veut obtenir un dividende plus élevé. Conséquence: la société d’État a relevé l’augmentation tarifaire qu’elle souhaite imposer à ses clients.
    Les clients d’Hydro-Québec devront assumer une partie de la commande financière que le gouvernement a imposée à la société d’État dans son budget du mois dernier. Hydro-Québec a déposé mercredi auprès de la Régie de l’énergie une demande pour hausser ses tarifs de 3,3 % à partir du 1er avril. Cet été, elle réclamait plutôt une augmentation de 2,9 %.

    Afin de faciliter le retour à l’équilibre budgétaire, le gouvernement de Pauline Marois veut accroître le dividende annuel d’Hydro. Pour y parvenir, le premier budget du ministre des Finances Nicolas Marceau a ordonné à la société d’État de supprimer 2000 postes. Recourant à un décret, Québec a aussi fixé à 1,46 milliard les coûts annuels d’exploitation d’Hydro pour 2013-2014, soit 30 millions de plus que ce que prévoyait l’entreprise. C’est pour éponger ce bond artificiel de ses dépenses qu’Hydro-Québec demande désormais une hausse plus élevée de ses tarifs.


    Il y a de très bonnes chances que la Régie entérine l’augmentation de 3,3 % puisque le gouvernement a obligé l’organisme réglementaire, dans son décret, à respecter sa volonté sans effectuer son analyse habituelle. Il faudra voir si des clients mécontents envisageront de poursuivre le gouvernement pour avoir dépouillé la Régie de ses pouvoirs.


    Budget Marceau


    Rappelons que le régime minceur imposé en novembre par le ministre des Finances frappe non seulement les ministères, mais les sociétés d’État aussi. Pour une Hydro-Québec, qui compte 22 500 employés, doit abolir 2000 postes par attrition, pour une économie annuelle de 225 millions. Mais pour que cette économie reste dans les coffres d’Hydro-Québec et ne soit pas refilée aux consommateurs sous forme d’une baisse des tarifs d’électricité, la Loi sur la Régie de l’énergie a été modifiée.


    Lançant un message aux marchés financiers, le gouvernement Marois voulait également diminuer le poids de la dette du Québec par rapport à son PIB plus rapidement que ne l’avait planifié le gouvernement libéral. Au lieu de liquider le Fonds des générations, comme Pauline Marois s’y était engagée lors de la campagne électorale, le budget lui assure de nouveaux apports. Le gouvernement Marois annulait bel et bien la hausse de 1 ¢ le kilowattheure du tarif patrimonial d’électricité, qui devait générer 1,9 milliard en cinq ans. Mais, en revanche, il indexe ce tarif, récupérant ainsi 575 millions pendant la même période. Certes, pour la forme, Nicolas Marceau applique directement à la dette 1 milliard des 4,3 milliards contenus dans le Fonds des générations, mais on l’alimente de nouvelles sommes : l’indexation du tarif patrimonial, les économies de 215 millions que réalisera Hydro-Québec en n’exploitant pas Gentilly-2, la totalité des redevances minières de 325 millions et l’augmentation de la taxe sur l’alcool de 100 millions décrétée dans le budget de novembre.


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