Un soupir de soulagement
L'échec de la conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à Cancún, au Mexique, la semaine dernière, n'a pas fait que des malheureux. Les producteurs agricoles canadiens de lait, d'oeufs et de volaille ont bien cru un instant, en effet, que leur propre gouvernement les ferait passer par profits et pertes.
«C'est avec un certain soulagement que les producteurs agricoles canadiens et québécois ont appris l'arrêt des négociations», a reconnu hier de Cancún, en conférence de presse, Laurent Pellerin, président de l'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA). Disant avoir eu très peur de la tournure que prenaient les discussions à la rencontre au sommet censée donner au cycle de négociations de Doha l'élan nécessaire pour se rendre jusqu'à sa conclusion prévue pour le 1er janvier 2005, les représentants agricoles canadiens comptent, désormais, profiter du délai qui leur est offert par l'échec de la réunion pour reprendre le bâton du pèlerin et défendre le bon droit des systèmes de gestion de l'offre dans les secteurs du lait, des oeufs et de la volaille.
Ce travail devra être fait auprès des petits pays en voie de développement, afin de leur démontrer qu'ils pourraient même être de leur intérêt d'appliquer chez eux ce type de système pour faire face au dumping des grands pays producteurs. Il devra aussi être répété auprès du gouvernement canadien lui-même afin qu'il n'oublie pas ses promesses de défendre coûte que coûte ses producteurs agricoles.
«Quand on nous répète [du côté des négociateurs canadiens] presque ad nauseam qu'il ne faut pas être naïf, que l'on va finir par perdre quelque chose, ce n'est pas le genre de réponse que l'on aime entendre», a expliqué Laurent Pellerin. «On a compris, samedi, que si le Canada avait eu à choisir entre faire des concessions [défavorables aux producteurs sous gestion de l'offre] ou ne pas signer l'entente sur la table, il aurait choisi de faire des concessions.»
Contrairement aux producteurs, le ministre canadien de l'Agriculture, Lyle Vanclief, a exprimé hier, dans un communiqué, sa «déception» de voir, ainsi, la conférence de Cancún se terminer en queue de poisson. «À notre avis, le projet de texte déposé contenait des éléments positifs, mais plusieurs points importants suscitaient encore pour nous de vives préoccupations», a-t-il précisé.
Savoir choisir ses amis
Bien que finalement rejeté, le cadre de travail proposé à Cancún risque fort de constituer le point de départ des discussions à l'OMC lorsqu'elles reprendront dans les prochains mois à Genève, note Laurent Pellerin. Il sera important, alors, de prendre rapidement en chasse les propositions qui y sont faites en faveur d'une réduction trop marquée des tarifs douaniers, ou d'une augmentation du niveau minimal d'importations étrangères libres de toutes taxes spéciales, deux projets qui compromettraient, selon lui, le maintien au Canada de systèmes de quotas dans le lait, les oeufs et la volaille.
Si le président de l'UPA dit croire aux chances des producteurs canadiens de finalement faire prévaloir leur point de vue, il a reconnu que l'échec de Cancún ne leur donnait qu'un «sursis». «Il ne faut pas se faire de cachette, il faudra être extrêmement vigilant.»
On compte sur le fait que chaque pays a son secteur agricole qu'il cherche à préserver de la libéralisation pure et dure des marchés. On se dit également qu'en continuant de faire parti du Groupe de Cairns, aux côtés de pays ultralibéraux comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, on réussira peut-être à en modérer les ardeurs. On se demande, aussi, si l'on n'aurait pas intérêt à se joindre à d'autres alliances, comme celle de ce Groupe des 9, composé du Japon, de la Norvège, de l'Islande, d'Israël, de la Corée du Sud, de Taïwan, du Liechtenstein, de la Bulgarie et de la Suisse.
«C'est avec un certain soulagement que les producteurs agricoles canadiens et québécois ont appris l'arrêt des négociations», a reconnu hier de Cancún, en conférence de presse, Laurent Pellerin, président de l'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA). Disant avoir eu très peur de la tournure que prenaient les discussions à la rencontre au sommet censée donner au cycle de négociations de Doha l'élan nécessaire pour se rendre jusqu'à sa conclusion prévue pour le 1er janvier 2005, les représentants agricoles canadiens comptent, désormais, profiter du délai qui leur est offert par l'échec de la réunion pour reprendre le bâton du pèlerin et défendre le bon droit des systèmes de gestion de l'offre dans les secteurs du lait, des oeufs et de la volaille.
Ce travail devra être fait auprès des petits pays en voie de développement, afin de leur démontrer qu'ils pourraient même être de leur intérêt d'appliquer chez eux ce type de système pour faire face au dumping des grands pays producteurs. Il devra aussi être répété auprès du gouvernement canadien lui-même afin qu'il n'oublie pas ses promesses de défendre coûte que coûte ses producteurs agricoles.
«Quand on nous répète [du côté des négociateurs canadiens] presque ad nauseam qu'il ne faut pas être naïf, que l'on va finir par perdre quelque chose, ce n'est pas le genre de réponse que l'on aime entendre», a expliqué Laurent Pellerin. «On a compris, samedi, que si le Canada avait eu à choisir entre faire des concessions [défavorables aux producteurs sous gestion de l'offre] ou ne pas signer l'entente sur la table, il aurait choisi de faire des concessions.»
Contrairement aux producteurs, le ministre canadien de l'Agriculture, Lyle Vanclief, a exprimé hier, dans un communiqué, sa «déception» de voir, ainsi, la conférence de Cancún se terminer en queue de poisson. «À notre avis, le projet de texte déposé contenait des éléments positifs, mais plusieurs points importants suscitaient encore pour nous de vives préoccupations», a-t-il précisé.
Savoir choisir ses amis
Bien que finalement rejeté, le cadre de travail proposé à Cancún risque fort de constituer le point de départ des discussions à l'OMC lorsqu'elles reprendront dans les prochains mois à Genève, note Laurent Pellerin. Il sera important, alors, de prendre rapidement en chasse les propositions qui y sont faites en faveur d'une réduction trop marquée des tarifs douaniers, ou d'une augmentation du niveau minimal d'importations étrangères libres de toutes taxes spéciales, deux projets qui compromettraient, selon lui, le maintien au Canada de systèmes de quotas dans le lait, les oeufs et la volaille.
Si le président de l'UPA dit croire aux chances des producteurs canadiens de finalement faire prévaloir leur point de vue, il a reconnu que l'échec de Cancún ne leur donnait qu'un «sursis». «Il ne faut pas se faire de cachette, il faudra être extrêmement vigilant.»
On compte sur le fait que chaque pays a son secteur agricole qu'il cherche à préserver de la libéralisation pure et dure des marchés. On se dit également qu'en continuant de faire parti du Groupe de Cairns, aux côtés de pays ultralibéraux comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, on réussira peut-être à en modérer les ardeurs. On se demande, aussi, si l'on n'aurait pas intérêt à se joindre à d'autres alliances, comme celle de ce Groupe des 9, composé du Japon, de la Norvège, de l'Islande, d'Israël, de la Corée du Sud, de Taïwan, du Liechtenstein, de la Bulgarie et de la Suisse.
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