Des miettes pour les créanciers d’Aveos
Les avocats de la défunte compagnie prévoient un premier versement de 12,5 millions
Selon un document déposé mercredi par les avocats qui s’occupent de ce qu’il reste d’Aveos, ceux-ci croient détenir suffisamment d’argent pour « régler toutes les réclamations prioritaires ». Jusqu’ici, le processus de vente des morceaux de la compagnie a permis d’amasser 46,6 millions.
Ancienne filiale d’Air Canada devenue sous-traitante, Aveos a soudainement fermé ses portes le 19 mars. Enregistrée au Luxembourg et aux îles Caïmans, ce qui complique l’identification des ex-actionnaires et créanciers, la compagnie comptait 2600 employés au Canada, dont 1800 à Montréal.
Seule la division d’entretien de composants a été revendue pour une poignée de millions, les deux autres (entretien de moteurs et de carlingues) n’ayant pas trouvé preneur. Des ventes aux enchères pour liquider l’équipement ont également eu lieu, tandis qu’un contrat liant Aveos et Air Canada pour l’entretien de moteurs a été vendu à Lufthansa Technik.
Le versement de 12,5 millions sera soumis à l’approbation d’un juge de la Cour supérieure d’ici deux semaines.
Le régime de retraite
Le document déposé mercredi indique toutefois qu’il pourrait y avoir d’autres réclamations au cours des prochaines semaines.
« [Les avocats d’Aveos] ont été informés par l’administrateur des régimes de retraite d’Aveos d’un souhait visant à surclasser la priorité [des créanciers représentés par Crédit Suisse] », peut-on lire. En gros, il serait question d’une somme de 2,8 millions qu’il faudrait verser au régime des employés non syndiqués pour combler son déficit. Les créanciers s’opposent à ce que cela reçoive une priorité supérieure à la leur.
Il a été impossible d’obtenir les commentaires du responsable qui s’occupe des régimes de retraite au Syndicat canadien des machinistes.
Le prochain chapitre dans la saga d’Aveos aura lieu le 19 novembre au palais de justice de Montréal. Québec accuse Air Canada de ne pas avoir respecté une loi fédérale de 1988 qui prévoyait le maintien de centres d’entretien et de révision d’avions à Montréal, Toronto et Winnipeg.
Air Canada, qui s’est départi d’Aveos pour 700 millions en 2007, affirme avoir respecté toutes ses obligations. Dans sa défense, le transporteur affirme notamment qu’il « maintient un nombre important d’activités et de révision dans son propre centre opérationnel à Dorval et auprès de certains autres sous-traitants ». Air Canada dit avoir plus de 1700 employés qui font de l’entretien à Montréal, Toronto et Winnipeg.
Lors de la fermeture, le transporteur était toujours le principal client d’Aveos, celui-ci ayant été incapable, au fil des ans, de diversifier son bassin de clients. Lorsque la compagnie a cessé ses activités, au mois de mars, la direction d’Aveos a dit que le transporteur donnait des volumes de travail de plus en plus incertains.








